de Télémaque . Liv. X. 48rcherchez inutilement. Ithaque est en proie à vosennemis ; ils vous feront périr si vous y retour-nez : quelqu’un d’entr eux aura e'pousé votre mère.Demeurez ici; vous serez mon gendre et mon héri-tier; vous régnerez après moi : pendant ma vie mê-me , vous aurez ici un pouvoir absolu ; ma con-fiance en vous sera sans bornes. Que si vous êtesinsensible à tous ces avantages , du moins lais—sez-moi Mentor qui est toute ma ressource. Par-lez , répondez - moi ; n'endurcissez point votrecœur ; ayez pitié du plus malheureux de tous leshommes. Quoi ! vous ne dites rien ? Ah ! je com-prends combien les Dieux me sont cruels; je le sensencore plus rigoureusement qu'en Crète , lorsque jeperçai mon propre fils.
i Enfin , Télémaque lui répondit d'une voix trou-: blée et timide ; Je ne suis point à moi ; les desti-! nées me rappellent dans ma patrie. Mentor qui a! la sagesse des Dieux , m ordonne en leur nom departir. Que voulez-vous que je fasse ? Renonce-! rai-je h mon père, à ma mère , à ma patrie , quii me doit être encore plus chère qu'eux ? Etant né( pour être Roi , je ne suis pas destiné à une viedouce et tranquille , ni à suivre mes inclinations,i Votre Royaume est plus riche et plus puissant quej «lui de mon père : mais je dois préférer ce que; les Dieux me destinent , à ce que vous avez la, bonté de m'offrir. Je me croirois heureux, si j'avoisAntiope pour épouse , sans espérance de votre' Rovaume. Mais, pour m’en rendre digne, il faut queI j’aille où mes devoirs m’appellent , et que ce soitI mon père qui vous la demande pour moi. Ne| m’avez-vous pas promis de me renvoyer à Itha que ? N’est-ce pas sur cette promesse que j’ai com-battu pour vous contre Aaraste avec les alliés ?h est temps que je songe à réparer mes malheursdomestiques. Les Dieux, qui m'ont donné àMentor , ont aussi donné Mentor au fils d’Ulvssepour lui faire remplir ses destinées. Voulez-vousque je perde Mentor après avoir perdu tout le