d’Aristonoüs. £11
emploi de cultiver les Muses dans la maison sa-cre'e dApollon : la sagesse , qui accoutume les.hommes à se passer de peu, et à être tranquil-les , m’a tenu lieu jusqu’ici de tous les autres biens.
En achevant ces paroles , Sophronime se vo-yant arrivé au Temple , proposa à Aristonoiis d’yfaire sa prière et ses offrandes ; ils firent auDieu un sacrifice de deux brebis plus blanches,que la neige , et d’un taureau qui avoit un crois-sant sur le front entre les deux cornes , ensuiteils chantèrent des vers en 1 honneur du Dieu quiéclaire l’univers, qui règle les saisons , qui pré-side, aux Sciences , et qui anime le cœur desneuf Muses. Au sortir du Temple , Sophronimeet Aristonoiis passèrent le reste du jour à se ra-conter leurs aventures. Sophronime reçut chezlui le veillard avec la tendresse et le respect qu'ilatiroit témoigné à Alcine même , s’il eut été en-core vivant : le lendemain ils partirent ensem-ble , et firent voile vers la Lycie . Aristonoiismena Sophronime dans une fertile campagne ,sur le bord d’un autre fleuve , dans les ondesduquel Apollon , au retour de la citasse , cou-vert de poussière , a tant de fois plongé son corpset lavé ses beaux cheveux blonds. Us trouvèrentle long de ce fleuve des peupliers et des saules ,dont la verdure tendre et naissante cachoit lesnids d’un nombre infini d’oiseaux qui chantoientnuit et jour : le fleuve , tombant d’un rocheravec beaucoup de bruit et d’écunte , brisoit sesflots dans un canal plein de petits cailloux ; toutela plaine étoit couverte de moissons dorées ; lescollines qui s’élevoient en amphithéâtres , étoientchargées de corps de vigne et d’arbres fruitiers.Là , toute la nature étoit riante et gracieuse , leciel étoit doux et serein , et la terre toujoursprête à tirer de son sein de nouvelles richessespour payer les peines du Laboureur. En s’avan-çant le long du fleuve , Sophronime apperçut unemaison simple et médiocre , mais d'une archi-