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Tome III. Services civils et carrières diverses.
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PONTS ET CHAUSSÉES.

pertes considérables, tant aux propriétés particulières qu’aux ou-vrages publics. Des souscriptions charitables et des subventions del’Etat avaient réparé une partie du mal quand, dix années après, eni 856 , les débordements de la Loire, du Rhône, de la Saône , de laGaronne et de la Seine causèrent dans tout le pays de véritablesdésastres. Les pertes individuelles furent évaluées à 178 millions etla réparation des avaries à ses ouvrages causa à l’Élat une dépensede 27 millions.

Le Gouvernement s’émut de cette succession de malheurs et con-fia, dans chacun des grands bassins, à des Services spéciaux d’ingé-nieurs des Ponts et Chaussées, la mission d’étudier les causes desinondations et de rechercher les moyens, non de les empêcher, cequi serait peut-être un mal, mais d’en atténuer la violence et leseffets nuisibles. On reconnut promptement que les endiguementsdes rivières avaient été exécutés d’une façon peu judicieuse au pointde vue de l’intérêt général; que les déboisements avaient été exces-sifs et que cette double cause avait eu pour effet de jeter de plus enplus, sur les parties inférieures de la vallée, les eaux tombées sur l’en-semble du bassin. Les crues ne pouvaient dès lors qu’aller en s’exa-gérant, et chaque cours d’eau reprenait violemment le lit nécessaireà son expansion. On résolut de rendre aux crues, partout où ce seraitpossible, l’espace dont elles avaient besoin; on étudia l’emmagasine-ment possible des eaux de pluie dans de vastes réservoirs à l’aidedesquels on pourrait diminuer l’intensité du Ilot en prolongeant sadurée, et l’endiguement complet ne dut désormais s’appliquer qu’auxcentres de population que l’on mettrait à l’abri aussi complètementque le permet la nature du phénomène puissant contre lequel on a àlutter. Ce fut l’objet de la loi du 28 mai i 858 et, jusqu’ici, parlessoins du Corps des Ponts et Chaussées, cinquante villes ont été misesen état de défense; les autres travaux en rase campagne se poursui-vent avec la lenteur que comportent des entreprises où l’intérêtgénéral se heurte à des intérêts particuliers et où l’on a à modifierdes habitudes séculaires.

Si donc, grâce à des travaux pour lesquels un accord complets’est réalisé, beaucoup de centres de population ont pu, dans unecertaine mesui’e, être mis à l’abri du fléau, il n’en reste pas moinsbien des submersions à prévoir dans les vallées soumises aux débor-