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PONTS ET CHAUSSÉES.
jusques et y compris ceux qui se rapprochent des contrées désertes,en attendant qu’ils les traversent. Cette création de chemins de ferà la limite de nos possessions coloniales, dans des pays où l’influencefrançaise est plus nominale que réelle et où les populations sontmême parfois hostiles, entraîne de véritables campagnes d’explo-ration et rentre par là dans les services à l’étranger. C’est unemission civilisatrice, pleine de fatigues et de dangers dans laquellese sont déjà signalés des Ingénieurs aussi dévoués qu’habiles, dont lenom figurera avec honneur parmi ceux des promoteurs des œuvresqui pourront s’accomplir.
Nous ne pouvons nous dispenser de parler, à propos des travauxde nos Ingénieurs à l’étranger, des deux grandes entreprises interna-tionales du siècle, auxquelles ils ont pris part, Suez et Panama .
Dans la première qui, après des péripéties graves et multipliées,a été couronnée d’un éclatant succès, les collaborateurs se sont effacésdevant l’homme qui personnifiait alors l’œuvre accomplie. Son carac-tère hardi, sa volonté énergique, ses hautes relations lui avaientpermis de surmonter les embarras les plus menaçants, et l’opinionpublique, dans le monde entier, ne voyait que lui le jour où le canalde Suez fut triomphalement inauguré. Il nous sera permis, tout enrendant pleine justice aux qualités éminentes dont fit preuve à celleépoque M. de Lesseps, de rappeler, dans l’ordre technique, l’aidepuissante qu’il a trouvée chez les Ingénieurs, dont un grand nombre,surtout pendant l’exécution, étaient Français et comptaient parin 1eux des membres du Corps des Ponts et Chaussées.
L’idée de joindre la mer Rouge à la Méditerranée par un canal degrande navigation avait déjà apparu à Bonaparte lors de l’expéditioi*d’Égypte ; etLepère, par ses ordres, en avait fait une première étude-De nombreux projets furent étudiés de 1846 à x 854 par une Sociétéinternationale au sein de laquelle figuraient Robert Stephenso"pour l’Angleterre, Negrellipour l’Autriche , Paulin Talabot pour FFrance. Cette Société, avec le concours aussi actif qu’éclairé d<‘Linant-Bej et de Mougel- Bey, Ingénieurs français au service del’Égypte , sollicitait la concession du canal, dont le tracé et les dis'positions n’étaient pas encore fixés, et se heurtait à des difficultépolitiques qui tenaient tout en suspens. Elle crut arriver plus sûre'ment à son but en s’associant M. de Lesseps, ami personnel d Ll