Band 
Tome premier.
Seite
XXX
JPEG-Download
 

XXX

D I S.COURS SUR L’HISTOIRE NATURELLE

d’un grain fort fin & un peu rude au toucher, médio-crement dure, mêlée de parties micacées blanches très-petìtes ; ne fait point feu au briquet & peu d’effervescence;tl s’en trouve peu.

La descente de cette montagne est brusque & difficileparmi un cahos étonnant de pierres & de rocs détachés ;il.y. a eu un grand bouleversement de ce côté, & l’abon-dance des eaux de neiges fondues ont entraîné les terresdc les sables qui fervoient de liaison à ce cahos; il estinconcevable, comment des chevaux chargés peuvent fetirer de pareils endroits, qu’on ne peut nommer des che-mins. On voir par-tout de belles cascades d’eau. Quand onarrive un peu plus dans le fond des masses énormes derochers le couvrent, il semble que des montagnes s’y soientprécipitées anciennement ; du gazon, des pâturages lesrecouvrent',' en laissant appercevoir la forme des massesde rochers qui font dessous. Le premier fous-arbrisseauqu’on trouve, est le rosier des Alpes ( Rhododendron fer-rug 'tneum , Lin . ) , rien n’est si agréable que des touffeschargées de fleurs semblables a celles du laurier-rofe. Nousavions fait cinq heures de chemin. Les côtés du vallonfont de roches schisteuses micacées, quelques-unes sablon-neuses & mêlées de beaucoup de quartz ; plus loin desschistes où il y a beaucoup de mica bleuâtre./A une demi-lieue de l’endroit où a commencé à paraître le rosier desAlpes, on trouve des mélèzes. Des eaux abondantes par-tout , de belles & hautes cascades tombent de deux lacsqui font k droite. Après six bonnes heures de marche,pour passer cette montagne, on arrive à un hospice qu’ontrouve ordinairement aux débouchés de tous ces passages;beaucoup font entretenus par les cantons divers, pour lanécessité des Voyageurs , celui-ci est dépendant du Val-Le-vantine , pays sujet du canton d’Uri.

On apperçoit différens glaciers fur les hauteurs: celuiqui est du côté du Val lais, s’appelîe Avilla ( nom italienqui est la langue du pays) , il est fort élevé , entouré dehautes aiguilles de rochers, ô? il y a une marême ou en-ceinte considérable. A droite est celui de Vallecia , qui estcouvert des hautes pyramides de glaces, il présente sur soncôté un mur de glace fort élevé ; des granits ordinairesdescendent d’un torrent entretenu par un glacier qu’on nevolt pas de ce fond appellé Imhrune ; ce torrent a formédiverses petits monticules des débris quhl a amené, ilsfont couverts de pâturages actuellement : après avoir laisséle petit village à'Avilla à gauche, on rencontre un autretorrent qui ne charie que des pierres schisteuses micacées,mêlées de beaucoup de quartz. A une lieue environ deFHospice, on trouve le village de Fontana dont Régisse estbâtie en manière de contrefort, ce qui lui donne un coup-ddœil penché;: cette structure est contre les avalanches,

qui viennent de la montagne à côté. Après avoir passé le tor-rent, on trouve de beau gypse blanc mêlé de mica jaune;on ne voit que des torrens, des ravins & des montagnes. 4enouvelle formation qui font autant de débris du montSaint-Gothard. On passe un vallon fort étroit, où il n’yade place que pour le festin; le chemin est à mi-côte,parmi des rochers micacés remplis de quartz : le festin roulefes eaux dans un lit des roches calcaires qui s''élèvent àenvifon un tiers de la montagne; cette pierre calcairerègne des deux côtés à même hauteur , ôc rssest qiv’adofféecontre la roche schisteuse micacée qui forme le noyau &le centre de cette montagne. II feroit, par exemple, inté-ressant d’avoir la hauteur fur le niveau de la mer , de cetteroche de pierre calcaire & de celle que nous avons dit setrouver entre Obergestelen & Oberwald dans le hautVallais, à Rarticle de la route au glacier du Rhône, poursavoir si elles ne seroient pas à même hauteur : 1 identitédes productions végétales de ces deux endroits nous faitsoupçonner que ces hauteurs pourraient être k-peu-près lesmêmes. Ces hauteurs constatées dans les différens endroitsoù fe trouvent les dernieres pierres calcaires, seroient desindices pour les hauteurs où a séjourné la mer. Ce pointd’éfévation pris dans différens endroits & dans différenspays comparés entre eux , porteroit de grandes lumièresfur un fait aussi intéressant pour la théorie de la terre. Onarrive à Airolo, un des principaux endroits de la vallée deLivenen : ce joli endroit est situé au midi du pied du montSaint-Gothard fur le penchant de la montagne ; Airolo estbâti en pierres , sert d’entrepòt aux marchandises qui pas-sent d’Itaîie en Suisse par le Saint-Gothard ; c’est la routela plus fréquentée entre ces deux pays; douze cents chevaux& mulets font employés presque toute Tannée à ce trans-port. Le vallon est un peu plus ouvert aux environs d’Ai-roio ; il y a cependant peu de culture , tout est enpâturages; le festin qui descend du Saint - Gothard, passeà peu de distance, & traverse la vallée étroite de Livenen ;à une demi-lieue au-dessous d’Airolo, il se précipite entredes rochers perpendiculaires fort hauts, entre lesquels il s’estouvert un passage, où il n’y a de place que pour son lit ;on a v taillé dans le roc un chemin au bord de l’eau ; onne peut rien imaginer de plus pittoresque & d’auffi singu-lier que ce passage ; les rochers y ont les formes lesplus bizarres & les plus beîíçs ; des arbres de différentesespèces les couronnent & paroissent placés exprès entre lesdifférentes masses de rochers pour former variété &décoration ; la couleur des rochers, le mouvement deseaux , Templacement des masses de rochers disposéescomme des scenes , donnent du jeu & de la perspectivek tout ce local pour en former un des plus beaux spec-tacles qu’on puisse imaginer en ce genre.

Montagne du St. -Gothard.

On est dans Tissage de nommer montagne du Saint-Gothard un assemblage & un "arrondissement de diffé-rentes montagnes considérables entassées les unes fur lesautres, au-dessus desquelles s’élèvent différentes cimes quiles dominent, & en font comme le centre ; ces cimes fontproprement le Saint-Gothard dont le tout a pris le nom :le contour de ces vastes monts est immense, ils s’étendentpar différentes branches parmi les Alpes, les habitans dupays ne font pas d’accord entre eux fur les limites de cequ’iis appellent ou comprennent dans ie circuit du Saint-

Gothard ; cette discussion n’est pas de notre objet. 11n’existe pas de bennes cartes des pays de hautes montagnes,encore moins de la Suisse j leurs positions y font toujoursfausses & encore plus mal rendues ; il ne paroît mêmepas qu’on ait fait des tentatives pour rectifier ce point siimportant dans la géographie & le dessin des cartes pourl’expression des montagnes. II feroit très-difficiîe de don-ner une idée juste & claire de tout cet ensemble, de cettequantité de vallons, de vallées, de montagnes & de rochers,qui constituent cette partie des Alpes, par la difficulté de

V