suivre & de voir où chaque partie aboutit & se commu-nique ; on est arrêté à chaque pas par des précipices , pardes chaînes de rochers à pic ; fi', après de grands travaux „6c bien des risques, on est parvenu à s’élever fur quelquessommets, la vue reste toujours bornée & interrompue parquelque côté, «$c st l’on vient à comparer la carte avec ceque l’on voit des parties de montagnes, les vues paroistenttrop étroites , d’autres trop larges, le point de perspectivequi est st trompeur dans les montagnes , finit bientôt àmettre la confusion dans l’observation & l'examen qu’oncherche à faire. Ajoutons encore que pour faire des obser-vations exactes ou pour lever la carte d’un pareil pays, ilfaudroit établir des signaux fur les principaux points &ceux qui font les plus élevés, afin d’établir ses triangles.La plupart font inabordables, soit par les rochers ôt lesprécipices qui les entourent, soit par la glace ou la neige,dont ils sont couverts. - Les habicans des montagnes nefont point du tout-d’accord fur les distances des lieux,chacun à la sienne. Nous nous contenterons de rendrecompte de quelques parties accessibles que nous avons vues
Route d’Airolo au h
On commence h monter, en sortant d’Àirolo, par unchemin, qui est pavé jùsqu’au haut du Saint -Gothard , a1 exception des endroits où le roc solide sert lui - même déchemin, L'abondance des eaux & des torrens, pendant lafonte des neiges , auroit bientôt rendu cette communi-cation nécessaire , impraticable , si on n’avoit pris unepareille précaution. On rencontre des granits roulés dansle bas «Sc des pierres schisteuses, argilleuses, micacées dedifférentes couleurs mêlées da quartz, d’autres mêlées deschorls noirs , il y en a des espèces très-belles. A unepetite demi-lieue d’Airolo , les roches sont blanchâtres,grises ou bh uatres , feuilletées ou schisteuses, médiocre-ment dures, quelquefois tendres quand elles sont dans l’étatde décomposition; elles font composées de parties micacéesbrunes, jaunâtres Ôc jaune brillant & d’un peu de labiéquartzeux; quelques parties sont ochreuses, des schorls noirstraversent cette roche dans différons sens, en suivant lacouche des lits. ils se réunissent souvent en faisceaux «Scdivergent en partant du point de réunion. Quand diffé-rons de ces points de réunion le trouvent joints, alors cesschorls , forment des figures rayonnantes de tous côtés,comme des espèces detoiles. II y a de ces rayons qui ontdeux jusqu’à trois pouces de long. Les faisceaux le croisent& se confondent souvent; des grenats, ordinairement groscomme des noisettes, sont incrustés dans ces mica, <$cparmi ces schorls ; ils sont dodécaèdres , opaques, ordinai-rement de couleur de brique , & paroistent être dans Letatde décomposition, car il y en a de plus petits qui ont con-servé leur couleur & le tissu vitreux. Ces grenats sontplus durs que la roche, dans laquelle ils sont incrustés, ilssont restés saillans dans la roche qui sert de chemin & depastàge aux chevaux 6t aux mulets. Plus loin on rencontredes rochers schisteux ôt micacés, mais fans grenats &schorls. Après avoir cheminé une heure, à compter d’Ai-rolo , ôc toujours en montant, de grandes parties derochers se présentent aux environs de la chapelle Sainre-Anne : elles sont disposées par couches, & se distinguentpar un gris jaunâtre , d’autres sont bleuâtres; elles sont denature quartzeuses composées d’un fable très-fin ; c’cst unvéritable grès par couches, mais tout parsemé de petits
& examinées. C’est bien peu de chose, en comparaison decette vaste étendue de pays qui sc trouve multipliée à l’iu-fini par scshauts, scs bas ôc lés contours,«Sc les difficultésqui sc rencontrent par-tout, quand on veut le parcourir.Nous avions un tems limité pour faire ce court examen:la montagne du Saint-Gothard doit être regardée commele point le plus haut de l’Europe , elle mériferoit. desrecherches particulières dans plus d’un genre; mais il fau-droit d’abord en avoir une carte bien faite ôc dans le plusgrand détail ; l’inquiétude de la nation ne permettra pasquelle soit entreprise , & qui est-ce qui se chargeroit d’unepareille dépense , vu les difficultés Ôt le peu de tems qu’onpourroity travailler chaque année? Nous allons examinerle Gothard depuis Airolo jusqu’à l'hospice, qui est sur lehaut de la montagne*, en suivant la route ordinaire : lessubstances intéressantes «S c curieuses qu’on y rencontre ,feront peut-être naître l’idée d’examiner cette montagnepar d’autres côtés , on parviendra ainsi insensiblement kavoir quelque chose de plus vrai que ce què l’on nous adit jusqu’à présent.
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AUT DU St.-GûTHARD.
crystaux de schorl noir , dont beaucoup font placés dansle sens des couches de la pierre , les autres sont placésirrégulièrement ; la plupart sont de la grosseur d’un grosfil , d’une ôt deux lignes de longueur, quelques-uns de cescrystaux ont jusqu’à quatre lignes. Le festin qu’on a côtoyéjusqu’ici, tombe en belles cascades, les arbres cessent aprèsavoir diminué insensiblement, ce sont toujours des arbresconifères. & résineux, qui .sont fur ces hauteurs, & lesmélèzes sont la derniere espèce qu’on rencontre. Les rochesschisteuses continuent : elles sont mêlées de beaucoup defilons & de rognons de quartz.
( On paste le festin fur un pont, qui est au bas du Monte -Tremola. Un torrent, venant de la montagne, coule aupied du mont «Sc sc jette dans le festin ; on retendra àcette montagne & à ce torrent. C’est la moitié du cheminjufqu’au haut du Saint-Gothard. Les rochers des environsfont composés de couches micacées d’un fable très - finôc de couches alternatives minces de mica brun ; le toutparsemé de rrfcs-petits grenats. Entre le festin 6c le cheminil y a une masse ou un bloc, de plusieurs milliers pesant,de beau schorl verd , il est traversé par quelques filonsde spath calcaire blanc , quelquefois jaunâtre. On y re-marque des faisceaux larges d’un doigt, il y en a demoindres; ils ont aussi quelquefois une espèce de centre,d'où partent & se divergent les rayons en distérens sens,ils sc croisent les uns les autres, «Sc forment une masse a&ùfconfuse , presque route composée de schorl, car il y a peude spath. Toutes les aiguilles font d’ún beau verd, ellessont striées , luisantes 6c vitreuses. On ne voir rien auxenvirons d’approchant ,.nous jugeâmes que ce bloc devoitavoir été précipité de quelque sommer. Dans le milieudu vallon il y a beaucoup d’énormes mastes isolées 6croulées de granit ordinaire avec ie fèld-íparh , fans qu’onapperçoive de rochers de cette espèce de granit. Ceux quisont environnans , sont par couches presque perpendicu-laires, micacés, mêlés de schorls 6c de grenats. Le festindescend avec grand bruit, tombe souvent par sauts &par cascades; une montagne, dont le pied est arVondi, estcomposée de lits & de couches fort minces 6c alternativesde mica noir 6c de fable quartzeux blanc; quelques filons
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