DE LA SUISSE.
XXXIX
» aussi trouvé du Geisbergerjlán , composé avec des grainsw d’un verd brun , qui étoient couverts d’une peau ou3 î enveloppe brune verdâtre ; on s’apperçoit au toucheryy quelle est grasse, que c’est une pierre de lard ; ce pour-yy roit être une espèce de celles nommées ollaires ; celleyy de Wallerius. Ollaris durior vix pinguis nigro-griseus33 particulìs talcofo-micaceis majoribus dijlindis. Ollaris>3 durus. Species 139. Selon Gruner , les roches de layy vallée d’Urseren (au-dessus du pont du Diable )sont bîeuâ-33 tres en général, il décrit ainfí cette pierre : Roche quart-33 zeuse composée de grains grossiers en partie transparents,33 partie bleuâtres, noirâtres & verdâtres, interposés dans
yy un fond quartzeux blanc, & il croît que cette pierre33 approche des pierres concrètes décrites par Linné, fous33 le titre de saxum mïcaceum corneum granulìs macula-33 tum «. M. André convient aussi avec Gruner , que cettepierre ejlparticulière à la Suisse , ct qu.’on n’en trouve qu’enSuisse. Tout cela est fort instructif, 6 c donne une idéetrès-claire du granit ; ceux qui traitent de la Suisse, &parlent de ses montagnes, prénnent Gruner pour modèle,comme f Auteur le plus croyable étant du pays. Bertranddans son Dictionaire des Fossiles nomme le granit, fortede marbre rouge diversifié par différentes couleurs.
TEMPERATURE DU S T.-G O T H A R D.
La température du Saint-Gothard est comme celle duSaint-Bernard; le chaud, le froid s’y succèdent rapidementdans le même jour , dans la même heure ; elle dépenddes vents qui dominent; il y gèle, il y neige, il y pleut,il y tonne dans une même nuit d’été. Les orages fontbien moins fréquens fur le sommet, que vers le milieu 6 cle bas de ces montagnes élevées , parce que les ventsrabaissent & accumulent dans les fonds les nuages, qui s’é-toient d’abord accrochés aux sommets des rochers ; sou-
vent les orages y durent plusieurs jours de fuite, jusqu’àce que les matières qui les occasionnent, & qui leurservent d’aliment, soient consommées, ou que des ventsassez forts les dissipent & les partagent. Nous renvoyonsà ce que nous avons dit à ce sujet à l’article du mont Saint-Bernard ; les mêmes phénomènes météorologiques ont lieupour toutes les hautes montagnes, nous ne pourrions quenous répéter.
Montagnes qui composent le St. Gorhard : Rivières qui en découlent.
Les quatre grands fleuves & les rivières fans nombre ,d’autres moins considérables qui sortent de l’arrondisse-ment des montagnes, dont le Saint-Gothard fait le centre& dont la masse totale prend le nom , font une nouvelleindication que ce point doit être un des plus élevés de l’Eu-rope. Le Saint-Gothard fe trouve placé aux confins ducanton d’Uri, du val Levantina ( ou vallée de Livenen )du canton de Berne , du Vallais 6 c du pays des Grisons.La Reuss a fa source aú midi & coule dans cette direc-tion au nord, jusqu’au lac des quatre Waldjlatte ou quatrecantons Forestiers, communément appellé le lac de Lu-cerne. L’enceinte de ce qu’on nomme Gothard , s’étendde ce côté jusqu’à Am-Steeg ; il y a au moins sept lieues de cetendroit jusqu’au sommet du Gothard , & on monte tou-jours, en côtoyant la Reuss, souvent le chemin est fortroide. Le canton de Berne est à l’ouest de cette mon-tagne ; la Mayen , gros torrent, prend fes sources de cecôté, & va fe jettes, à Vassen , dans la Reuss Au sud duGothard est le Fourk , ou naît le Rhône qui, après avoirtraversé le Vallais dans toute fa longueur de Test à l’ouest,se jette dans le lac Leman ou de Genève. Le Grimfel,tres-haute montagne, fait partie de cette chaîne , 6 c tient
C R Y T A L
Pour finir de rendre compte de ce que nous avonsobservé sur le mont Saint-Gothard , il nous reste à parlerdu crystal de roche. Nous raflemblerons ici tout ce quenous avons observé en Suisse à ce sujet. C’est particuliè-rement sur le Saint - Gothard & sur les montagnes qui endépendent qu’on a trouvé les plus riches mines de crystal.La plus fameuse qu’òn cite, a fourni plus de mille quin-taux de crystal, estimés trente mille écus. II y a des par-ticuliers qui ne s’occupent que de la recherche &del’exploi-tation de cette espèce de mine ; dans la belle saison ilssont errans parmi ces rochers pour faire des découvertes.
au Fourk ; l’Aar prend fa source dans les glaciers de cettemontagne, cçule au nord - ouest , & après avoir traverséles lacs de Brìentz & de Thun , arrosé les murs de Berne& de Soleure , va grossir les eaux du Rhin. Le montPettine est entre le Fourk & le Gothard ; c’est fur cemont où le Tessin prend une de fes sources & des lacs quifont fur le Gothard, coule du nord au sud , & fe jettedans le lac Locarno après avoir traversé le val Levantineou de Livenen. Les montagnes de Platta , de Profa & leCafpisí ont à Test; au-delà 6 c du même côté, le Cris-pait , le Badutz , le Luckmannier , qui font partie desGrisons ; de ces dernières le Rhin tire fes nombreusessources : après quelles fe font réunies à Richenau dans lesGrisons, le Rhin coule au nord, & va fe rendre au lacde Constance. Un grand nombre de montagnes font inter-médiaires & renfermées entre celles que nous venons denommer, qui toutes ensemble forment le mont du Saint-Gothard, ou en sont des branches.
Nous répétons qu’il est difficile de fe faire une idéeclaire de ce cahos 6 c de cet amas de montagnes entasséesles unes fur les autres , faute de bonnes cartes 6 c par lamanière dont les montagnes y font dessinées.
E R O C H E.
Ce font les meilleurs guides qu’on puisse prendre quandon a intention de grimper fur quelques sommets. Nousavons consulté & causé avec tous ceux que nous avons puvoir. Us font, on ne peut.pas plus ignorans, ils travaillentla plupart au hazard ; des éboulemens, des chûtes de ro-chers leur font plus favorables souvent que leurs préten-dues connoissances ; elles fe bornent à savoir que lesmines ou fours h crystaux fe rencontrent dans des filonsde pierres blanches & ordinairement dans la pierre qu’ilsnomment Geis berger sein , c’est le granit; qu’on juge de laconnaissance de cette espèce d’hommes par le trait suivant.
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