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DELA
rayantes, comme le feld-spath , pârce qu’iîs font aussi pafcouches. II y a des endroits fur ce revers où il y a unequantité de schistes verds , mais qui sont détachés, 6c vien-nent des hauts; on voit fur le sommet des roches calcaires& des roches sablonneuses.
On découvre dans le fond ou au bas de la montagneun vallon où est Panix , par où il faut passer, cet endroitn’est pas marqué fur les cartes ; ce vallon est encore aune grande profondeur ; les eaux des neiges fondues s’yjettent en différons endroits. Après avoir beaucoup descenduôc tourné à la tête de cette montagne par la gauche pourentrer dans un petit vallon qui étoit éclairé par le soleil,on est tout surpris d’y voir les rochers & les ravins d’unebelle couleur de cendre bleue; ce sont des schistes qui,par le tems sec , prennent cette belle couleur , & parois-sent noirâtres quand ils sont humides ou mouillés ; les pre-miers arbres qu’on rencontre , sont de vieux sapins àbranches pendantes jusqu a terre , & couverts de mousseblanche , & des genévriers sont les premiers arbrisseaux.
Plus bas ce sont des montagnes formées des débris deshautes qu’on vient de quitter: tout y est confondu, il y ades schistes de toutes couleurs, des grès, des pierres cal-caires Ôc autres espèces qui sont fur les hauts; c est tou-jours le même ordre dans la Nature. La descente est très-rapide ; on remonte , on descend , en traversant des boisde sapins, ôc en passant fur différentes montagnes pourarriver à Panix , mauvais endroit qui est encore fortélevé ; on y cultive un peu d’orge, le reste est en pâtu-rages. II y a aux environs quelques roches schisteuses , quiparoissent faire corps avec la montagne. On passe ensuitepar Cedret, qui se nomme Donderte n langage Romansch ,qui est le jargon du pays : c’est un mauvais Italien, mêléd’un mauvais Allemand. La vue est très-belle de ce point.Dans le fond est JP'altenJpurg , gros endroit situé fur unplateau, à l’extrémité duquel sont, fur la gauche, les rui-nes d’un antique château fort étendu , dont il reste encorede belles tours. Au-delà du plateau , dans un vallon pro-fond, passe le Rhin , dont on fuit le cours fort loin , furle bord duquel est liants , petite ville ôc la seule qui soitentourée de murs dans le pays des Grisons : beaucoupde villages ôc une fuite de montagnes qui tentassent lesunes fur les autres, ôc se perdent dans les nues. Derrièrele plateau de Waltenfpurg ôc au-delà du Rhin , est unemontagne spacieuse couverte de champs, de terres labou-rées , de pâturages , de villages ôc d’habitations ; c’est lacommunauté à’Uber-Sax, on y parle Allemand. Aprèsavoir encore descendu ôc traversé un torrent, on arrive àW'altersbourg , où on affectoit de ne pas entendre ni l’Al-lemand ni l'Italien. Ne trouvant pas de gîte chez ce peu-ple grossier ôc défiant,, il fallut sc résoudre à aller à Briegels,une lieue plus loin, par des sentiers fort difficiles en mon-tant ôc côtoyant à droite des rochers de pierres ollaires,schisteux ôc verdâtres, mêlés de quartz ; on traverse ensuiteun pays de pâturages, où il y a quelques labourages. DeBriegds on fuit les hauteurs par des pays couverts de bois,de pâturages ôc de terres labourées, pour arriver à unegorge où il y a une montagne de gyps très haute a pic,ôc au-dessous de soi est Schlauck , dont partie avoir étéincendiée l’année précédente , ôc plus bas des masses con-sidérables de tuf calcaire. Dans le fond, au-delà du Rhin,est Rinckenberg; fur la droite à la plus grande hauteur,s’élève une montagne de schistes bleu - clair , enclaveeentre deux autres montagnes différentes que la Distance a
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empêché de reconnoítre. Après avoir beaucoup marchéôc descendu pendant deux heures depuis Briegels , on par-vient au fond du vallon où coule le Rhin. On ne trouvedans ce fond ôc au bord d u Rhin que des granits roulés,où il y a beaucoup de schorl ; ils sont de l’efpèce queles Italiens nomment Granitello , petit granit, parce queles taches noires ou le schorl y sont par petites partiesfur un fond blanc. II y a quelques espèces en grandesmasses avec de grandes parties de feld - spath , des veinesde quartz, ou le schorl ôc le mica dominent ; cette espèceest très-belle. Dans le village de Trung il y a quelquesbelles maisons bâties par des Officiers au Service de France& d’autres Puissances. Le vallon où coule le Rhin, enremontant vers Diseiitis , se nomme Cadic; il est fertileen tout, & bordé de très-hautes montagnes qui y con-centrent la chaleur. Celles qui sont à gauche, au-delà duRhin, sont à pic, fur le haut desqueîles s’étend !a.commu-nauté d’ Uberfax. De la droite en deçà de Sonvic, il descend,des montagnes qui font frontières du canton d’Uri,unequantité prodigieuse de granits ; les plus élevées de cesmontagnes sont couvertes de neiges. Passé Campadels , ily a aux environs une très-grande quantité de granits, dontquelques-uns sont verdâtres & très-beaux. Les ravins quidescendent de l’autre côté du Rhin, n’apportent que despierres calcaires ; à droite il tombe une cascade d’un rocherélevé qui fournit beaucoup d’eau, d’où il se précipite aussiune grande & belle variété de granits «Sc de ces pierres■ vertes que nous avons remarqué dans le vallon pierreuxfur les confins de Claris ôc des Grisons. II y en a de dif-férentes nuances, ôc qui paroissent venir de ces mêmes som-mets : toutes ces espèces sont arrondies , ôc ont la formede galets, il y en a des masses considérables ainsi que degranits; une autre belle cascade peu éloignée, charie avecles granits des grès & des pierres ferrugineuses. A l’inspec-tion seule du bas de ces cascades, il est facile de con-noître de quoi sont composés les hauts de ces montagnesélevées, on y trouve toutes les espèces rassemblées commedans un cabinet, on a le choix; mais on n’y apprend pascomment toutes ces pierres y font disposées les unes parrapport aux autres. Le pays s’ouvre, en approchant del’Abbaye de D isentis , il y a beaucoup de pâturages, ony sème du seigle ôc de forge, & il y a encore des arbresfruitiers; il n’y a rien de remarquable dans cette Abbaye;les bâtimens qui en dépendent, font considérables ; elleest d’une fondation fort ancienne, & jouit de beaux pri-vilèges ; f Abbé est Prince de l’Empire.
Pour aller de Dijentis aux sources du Rhin, on monte,en traversant plusieurs hameaux, 6c on passe auprès debeaucoup d’églises6c de chapelles dontiîy a une grande quan-tité dans ce pays. On ne voit que des granits 6c des pierresvertes dans les torrens. Les montagnes qui bordent enavant le vallon des deux côtés sont de nouvelle forma-tion; fur les derrières on voit des pics «Sc sommets arides,couverts de neige. Les fonds sont en pâturages : on yrecueille quelques seigles que sc sèment à la fin de Mai,
6c ne sont pas toujours murs à la fin de Septembre. Pourachever de les sécher ( de les mûrir à ce que disent leshabitans), on est dans f usage d’élever de hautes perches,qui sont traversées par d’autres perches, fur lesquelles sontsuspendues les petites gerbes, qui restent ainsi en plein airjusqu’au besoin ; ce sont les greniers du pays ; ils ne sontpas chers , de plus ils ont l’avantage de mettre les grainsà l’abri des rats 6c des souris ; il n’y a point d’oiseaux