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DE L A SUISSE. h v
nuances. Ces couches ne sont pas toujours apparentes dansdes échantillons; mais, en voyant ces masses en grand, ony distingue très-bien les couches; les blocs en sont commeéquarris , se séparent par couches d’égale épaisseur danstoute leur grandeur , 6c de différentes épaisseurs ; il y a descouches étonnantes, prêtes h se détacher du rocher qui estdans différentes inclinaisons. Une partie des rochers qui sontautour du petit lac , est presque perpendiculaire, c’est-à-direceux qui sont dans leur ancienne poíìtion : ces rochers sontfort durs 6c il est difficile d’en détacher des morceaux àcoups de marteau. D’autres roches ne sont composées quede parties micacées , très-fines 6c toujours par couches,dans lesquelles il n’y a pas de quartz apparent, quoiqu’ellessoient sablonneuses ; ces dernières sont souvent verdâtres& jaunâtres de différentes nuances. II y a des espèces oùles paillettes de mica sont apparentes 6c très-grandes. 11 s’estauslì trouvé à côté du petit lac un morceau composé degros crystaux de sehorl, de grandes parties de quartz 6cde feld-spath avec du mica crystallisé; une partie de rochesschisteuses, de couches de quartz 6c de mica, qui se trouveadhérente au même morceau , prouve que ces schorîs sontdétachés des mêmes rochers qui composent cet ensemble. Onne rencontre au reste pas un seul granit sur cette montagne.
En retournant à Chiamut, nous vîmes les montagnes quifont derrière le Caveradi , fur lesquelles il étoit tombé de laneige pendant la journée, le lendemain il en tomba fur lehaut du Badu £ y il faisoit froid, il nous restoit à examiner lepied du mont Crispait, où l’on place communément les sour-ces duRhin. II sort un ruisseau du petit vallon de Surpatiffe,qui a été seulement indiqué ci-dessus; plusieurs sources yfournissent, mais particulièrement la fonte des neiges quifont au fond du vallon ; ce ruisseau porte le nom deRhin , fait tourner un moulin, 6c se jette dans le ruis-seau qui coule dans le vallon 6c dont les eaux viennent duhaut du Baduz; ce dernier porte auflì le nom de Rhindans le pays. Ces eaux réunies s’écoulent par le vallon deChiamut jusques vis-à-vis l’Ab baye de Discentis. D’aprèsce qu’on vient de dire, le bas Rhin sort du mont Cris-pait , ainsi que les Géographes le disent ; mais ils ne parlentpas des trois autres sources, qui partent du mont Badu £,ni du lac qui n’est indiqué fur aucune carte, quoiqu’assezgrand pour pouvoir l’être. Peu de personnes ont la curio-sité de faire de pareils chemins pour pouvoir éclaircir depareils faits. Les mêmes Géographes marquent un lac auxsources du Rhin du milieu ( Mitlcr-Rhein ); mais d’aprèstout ce que nous avons pu apprendre dans ce canton, il n’ya point de lac , ce sont des sources 6c la fonte des neigesqui produisent les sources du Rhin du milieu, qui sont aunaidi du bas Rhin, que les Allemands nomment J- r ordcr-B-heiu , (Rhin en avant) ; ainsi qu’ils nomment Hinter-Rhein ,( Rhin de derrière ), ce que nous appelions Haut-Rhin. Pourcn revenir au Rhin du milieu, il est séparé du bas Rhin parune grande chaîne de montagnes, qui se termine vis-à-visl’Abbaye de Discentis ; le vallon qu’il parcourt, se nommeMedels , est fort étroit par le bas d’où sort le Rhin du milieupour se joindre au bas Rhin, 6c ils continuent leur cours versliants 6c Coirc jusqu’à Richenau. On n’a pu pénétrer plusavant dans le vallon de Medels, 6c suivre le cours du Rhindu milieu, à cause du mauvais te ms qui a continué, 6c a empê-ché de finir des dessins commencés qui expliquent toujours«lieux la position des lieux que tout ce qu’on peut dire : il afallu s’éloiger d’un canton où le mauvais tems continue quandh a une fois commencé dans la saison déjà avancée.
Tome I.
On a été obligé de repasser par le même chemin deDiscentis jusqu’à Thruns, donc la route a été décrite. Dece dernier endroit le chemin fuit les bords du Rhin , quidans ce retour est à droite; il occupe beaucoup de ter-rein dans les inondations, 6c fait de grands ravages. On nevoie que des granits roulés fur ses bords : les pierresmicacées, moins dures, se détruisent davantage. Au-dessousde Rinckenberg , le vallon est étroit, il y a des sapins 6c desbouleaux au-delà du Rhin au pied des rochers ; fur lagauche, mieux exposée, il n’y a plus de sapins, mais desarbres de différentes espèces. Les montagnes sont de schis-tes , fur lesquels il y a d’énormes masses de tuf , grossescomme-des maisons : elles se sont écroulées de plus haut;nous avions observé ces mêmes tufs dans le haut de lamontagne, en descendant de W''altensbourg. Nous obser.verons à ce sujet que pour bien faire l’Hlstoire des hautesmontagnes, il faudroit commencer par observer leurssommets, ensuite le milieu, puis le bas : on troùveroit leshauts composés d’une ou deux espèces, qui descendant plusbas se joignent déja à de nouvelles espèces. Les couchessont quelquefois déja composées vers le milieu des hautesmontagnes primitives , 6c forment les montagnes secon-daires; la destruction de celles-ci par les torrens versés dusommet, confond de plus en plus les espèces pour formerde nouveaux dépôts au pied des montagnes , auxquels sejoignent souvent les débris des montagnes voisines, qu’onpeur nommer tertiaires 6c ainsi successivement. La suite destems couvre de bois 6c de forêts ces terreins où la végé-tation réussit le mieux par ses différents mélanges ; lessuperficies s’égalisent insensiblement, 6c prennent le coup-d’œil de l’ancienneté, les décompositions 6c recompositionsagissent par-tout ; ce n’est que par des fouilles ou dans desendroits fortement excavés par les eaux qu’on peut recon-noître le véritable état de l’intérieur de ces montagnes.L’extérieur en impose souvent, car les plus grosses massesde rocher y restent à découvert, 6c saillantes; elles sontquelquefois d’une grandeur si démesurée qu’on les prendpour les sommets des rochers attachés au sol de toute anti-quité; on juge que tout l’intérieur de la montagne est com-posé du même rocher , tandis qusil ne s’y trouve placéqu’accidentellement, y ayant été précipité des sommets. Ona mal vu, mal jugé , on s’est trompé, 6c de la meilleurefoi du monde on induit les autres en erreur. 11 est assezrare , comme nous l'avons dit plus d’une fois , d’avoiroccasion de voir les couches inférieures, fur lesquelles re-posent les montagnes, parce qu’elles sont couvertes parles éboulemens. Les pays qu’on connoît le mieux, sontceux où on a fouillé des mines ; quand il n’y en a pas,c’est dans les torrens 6c les lieux excavés par les eaux qu’ilfaut chercher à reconnoître l’intérieur des terreins. II ar-rive quelquefois que des masses d’une grandeur prodigieusequi descendent d’une hauteur fort escarpée, sont trans-portées 6c élancées fort loin par la rapidité qu’elles ontacquise, 6c sont même jettëes fur le revers des montagnes,qui sont de l’autre côté d’un vallon étroit: l’imaginationne peut se faire à de pareils transports, il faut en avoir vudes exemples 6c la possibilité pour y croire ( des.avalanchesoccasionnent quelquefois ces transports ). Dans pareille cir-constance , on croit que ces masses appartiennent à la mon-tagne au pied de laquelle elles se trouvent placées ; si l evallon est bordé d’un côté d’une espèce de rocher, 6c qu’ilsoit d’une autre espèce de l’autre côté, comme il arrivesouvent, on ne sait plus où l’on en est si l’on ne con-
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