DE LA SUISSE.
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galets. On ne croît pas se tromper en disant que ce vallon aété rempli de matières apportées par les eaux jusqu’à lahauteur où font encore actuellement les mamelons ; que denouvelles inondations ont ensuite creusé & entraîné ce qu 1manque de terrein à ces mamelons ; que c’est en circulant au-tour de ces mamelons que les eaux leur ont donné la for-me ronde ; & sur-tout allongée dans le sens du vallon & quec’est par le moyen de ces mêmes eaux que le fond actuelde cette plaine a pris ce niveau & cette pente insensiblevers un pays plus ouvert qui est au - delà. On a déja faitmention de pareils mamelons qui se trouvent dans le vallondu Vallais parcouru par le Rhône. On trouve ensuite unterrein plus propre à la végétation ; on y cultive du bledde turqùie & du bled sarrasin, & il y a des arbres fruitiers.Ensuite le gros village d’Embs, qui avoit été incendié Tannéeprécédente : ce spectacle est triste à voir, quoique beaucoupde maisons soient reconstruites. Cent quarante maisons, &l’Eglise, non-compris les granges & les greniers, ont étéla proie des flammes ; les chemins font faciles dans cettepartie, les voitures roulent jusqu’à Richenau.
II seroit trop long & trop epnuyeux de citer les vieux
Cadavre
■*V !
Nous^avons trouvé à Sennewald ce que nous cher-chions dans le lieu précédent ; c’est le cadavre de Jean-Philippe de Hohen - Sax , Seigneur de Hohen~Saxdc W"or fia f assassiné en ijq 6, & enterré dans l’Eglise deSennewald. En renouvellant cette Eglise, il y a dix ans,on trouva ce cadavre entre deux autres enterrés avant luidans un petit caveau. Ce corps est très - entier dans toutesses parties, & bien conservé , à peine les yeux & le ventresont - ils affaissés : le nez est un peu retiré, la peau a de laflexibilité, comme du vieux cuir : il a reçu trois blessuresavec un instrument tranchant, Tune au-dessous de l’oreille,une autre a enlevé un morceau du crâne de la grandeurd’un écu, & la troisième lui a fendu le crâne; ce font lesseuls endroits où la peau environnante manque. II avoitquarante ans. Le Curé dit que lorsqu’on déterra ces troiscorps, dont les deux autres étoient des femmes, la peaucn étoit jaune & un peu ridée ; des doigts, qu’il a conservés àl’abri du grand air, font encore couleur de chamois clair,ont quelque souplesse & sont très-bien conservés. Le corpsdu Seigneur de Sax a bruni depuis ce tems,parce qu’il estdans une biere ouverte, dans le haut du clocher. Ce cadavreffa point l’air hideux & décharné comme ceux du couventdes Cordeliers de Toulouse. Les questions qu’on a pû fairefur la nature du terrein, la construction du caveau & autresraisons qui auroient pu occasionner la conservation de cescadavres, n’ont point eu de réponse satisfaisante.
Des plaines & des pâturages conduisent jusqu’à Hir^en-Sprung, où il y a une roche calcaire qui paroît avoir étécntr’ouverte par les eaux, comme celle dont on a parlé prèsde Soleure. On ne peut voir deux endroits qui se ressemblentplus parfaitement : même correspondance de couches desdeux côtés, cavités circulaires & autres dégradations quin’ont pu arriver que par les eaux. Les roches calcairesContinuent de ce côté & au - delà du Rhin, dans le paysdes Lansquenets jusqu’à Aljleten.
On monte beaucoup en sortant $ Aljleten. Toute cettemontagne , qui est fort rapide & fort haute, puisqu’il fautnne bonne heure pour la monter, n’est composée que degalets & de pierres roulées de toutes grosseurs. II s’y trouveTome J.
châteaux par lesquels on passe; ce seroit sortir de Tobjecqu’on s’est proposé, de parler particulièrement des monta-gnes. S’il a fallu jusqu’à présent indiquer la position de tantd’endroits différents , avant qu’on pût trouver les substancesdont on a parlé , on se contentera, par la fuite, de passerrapidement sur les lieux où il n’y a rien à observer , er.nommant simplement les principaux endroits, jusqu’à cequ’il se trouve quelque chose de remarquable. A une lieuede Sarganson voit une mine de fer très-abondante , dont ily en a une quantité d’extraite. C’est une espèce que Wdlleriusnomme bleuâtre & très-riche. On a discontinué d’en tirerparti, parce que le fer n’en est pas bon, à ce qu’on dit. Cettemine en roche contient, à la vérité, quelques pyrites ; c’estplutôt le défaut d’intelligence que la mauvaise qualité de lamine qui en a fait abandonner l’exploitation.
Cotre , en Allemand Chor , ville Capitale de la ligueGrise ; tout est calcaire juíqu’à W^erdenberg ; une grande &belle plaine bien de niveau, couverte de pâturages jusqu’àHoen-Sax : chemin fort ennuyant pour le Minéralogiste.Hohen-Jax est au pied de très-hautes montagnes calcaires quireposent sur des schistes.
conserve.
des granites de différentes espèces : des pierres jaspeuíes,ainsi nommées, parce qu’elles font d’un grain fin & ferré,susceptibles d’un beau poli, & très-variées dans beaucoupde belles couleurs ; ces cailloux font souvent rayés, rubanésou tachés de couleurs différentes de celle du fond du caillou.II est cependant rare de trouver des roches analogues à laplus grande partie de cette espèce de caillou, qu’on ne trouveque roulé, au lieu qu’on connoît des roches de ce qu’onnomme communément jaspe. II y a aussi parmi ces galetsdes pierres sablonneuses, des schistes, des pierres ollaires& beaucoup de pierres calcaires. Ce qui mérite attention,c’est que cet énorme tas de galets est traversé à différenteshauteurs par des lits ou des couches de gravier & de fable.Ces couches varient dans leur épaisseur, les sables en fontfortement agglutinés ensemble & forment pierre. Cescouches font inclinées , selon la pente de la montagne; lessables font quelquefois si fins, qu’ils constituent un vraigrès plus ou moins dur. Les galets font aussi fortementlies & agglutinés, & si les interstices étoient bien remplis,ils composeraient ce qu’on appelle Poudingue. Le tout estvisiblement un dépôt des eaux. Les montagnes & collinesenvironnantes, font de la même composition, & il faut bienremarquer qu’il n’y a point de montagnes dans tous les envi-rons qui soient plus hautes ou qui dominent celle dont onparle. C’est fur cette hauteur que font les bornes ou limitesentre les Bailliages sujets dont on vient de parler & le cantond 'Appen^el. Le revers de la montagne est de la mêmecomposition de galets ; la superficie en est seulement pluscouverte d’une terre argilîeufe fur laquelle il y a des pâtu-rages & de petits bois de sapins ; il est rempli de chalets,de métairies & d’habitarions ; il n’y a point de terrein négligé,les possessions font bien closes, les chemins & les sentiersbornés & le plus étroit possible , tout est mis à profit ; cettepartie du canton est Protestante. Tout le pays est fort inégal,l’ceil ne parcourt que des vallons & des collines qui vontfe perdre en pente au lac de Conjìance ou Bodensée. Onvoit Trogen devant foi, mais il faut faire un grand détourpour y arriver ; un vallon profond & très - rapide obligeà faire ce circuit. L’autre montagne, fur laquelle on passe
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