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Tome premier.
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Ixxx DISCOURS SUR L’HISTOIRE NATURELLE

pour arriver 'a Trogen , est aussi composée de galets -, il y a font aussi très-bien construites, enjolivées & recherchées, le

une plus grande quantité de pierres sablonneuses en couche. t out a un grand air de propreté, preuve d’aisance. II se fait à

Les chevaux de ce canton font beaux & nerveux, très-bien Trogen un grand commerce de toile, qui y est anciennement

équippés ,tout paroît tourné au bon & au solide. Les paysans établi. La culture & la composition du pays font les mêmes

font mal vêtus, en chemises, des culottes de peau, fans bas jusqu’à Vogelinseg , dernier endroit du canton ; on jouit de ce

ôc coeffés d’une calotte de cuir. lieu élevé d’une de ces belles vues qu’on ne peut voir fans ad-

Trogen , chef lieu du Canton d’ dppen^el est bien bâti ; il y a miration.

de belles maisons construites en pierres, celles qui font en bois

Vue de la ville de St.-Gal et du lac de Consta n c e.

La Ville de St-Gal est à gauche ; ses environs ressemblentk une continuation de ville remplie de jardins, tant il y ade fabriques, de maisons & d’habitations.Des blanchiriesde toile font un effet admirable fur ces beaux prés toujoursverds, par ce qu’ils font continuellement arrosés ; fur ledevant il y a un très-grand Couvent avec ses dépendances.Le terrein s’élève en amphitéâtre derrière St-Gal; il estcultivé & rempli de maisons de campagne ; fur la droitedes collines cultivées, coupées de bois de sapins, de prairies& de vignes, vont par une pente insensible jusqu’au lac deConfiance , Le point où l'on est placé fait voir la même dégra-dation de terrein par une autre pente jùsqu’au même lacqui est bordé de villes, de villages & de Convens ; la grandeurdu lac, l’immensité du pays qui est au-delà, dont la vûene peut embrasser l’étendue , ravissent ^imagination. Cettevue offre en même-temsles grandes beautés de la nature, lespectacle de sa fécondité, l’idée du travail Sc de Vindustrie,jointe à celle de la richesse & de l’abondaneequiensont la sui-te. On descend beaucoup par de mauvais chemins fort rapidespour arriver à St-Gal : la vue de cette ville se présente demieux en mieux à mesure qu’on approche ; on remarquebeaucoup de clochers dans son enceinte Sc une quantitéde tours fur ses remparts. La montagne est toujourscomposée de galets & de pierres sablonneuses, qui suiventles pentes de la montagne. Comment cet assemblage de mon-tagnes a t-il été formé ? Comment les eaux ont-elles pu accu-muler une aussi prodigieuse quantité de galets ? Quelle a été lapuissance ou la force qui a pu déterminer les courants à ras-sembler dans un même point tant de pierres ? elles ne s’y sont

De St. - Gal

pas placées brusquement ni par quelqu’un de ces phénomènesou révolutions auxqueîles rien ne résiste ; mais avec gradationpar la longueur des tems. On a dit qu’il y avoitdes couches,mais si quelqu’un cherche à résoudre ce problème , qu’iln’oublie pas qu’on a dit aussi qu’il n’y avoir pas de montagnesqui dominastent ces montagnes composées de galets ; & s’il yavoit une montagne , il ne faudroit pas oublier que ces galetsfont de bet^coup d’espèces différentes, telles que de grandsfleuves les rassemblent après un long cours 6c dans lesquelsde grands pays 6c beaucoup de montagnes ont versé leursdécombres & leurs débris. La hauteur exacte de ces mon-tagnes feroit aussi très-essentielle à connoître pour savoir àquelle hauteur les eaux ont dû monter pour former ces amas.

La ville de St-Gal est bien peuplée & bien bâtie , laplupart des maisons y sont peintes ; l’église de l’Abbaye estd’un mauvais goût d’architecture, c’est un grand ensembleoù il y a beaucoup d’ornemens prodigués fans choix;quelques peintures à fresque passables, entourées de cadresde stuc fort historiés 6c fort découpés, qui s’étendent mêmefur ces peintures. On s’exerce beaucoup à tirer de l’arbalêteSc on en tite très - bien. II se fait un grand commerce àSt-Gal , & il y a beaucoup de manufactures d’indiennes.On ne peut voir des paysans mieux yétus, ( il étoit jour demarché) la plus grande partie avoit des habits couleur desang de boeuf avec des garnitures de boutons d’argentmassif fur Vhabit & la veste, & par-dessous une autre vestede belle étoffe. Les chevaux sont bien nourris, bien soignés •les harnois & les voitures bien conditionnés, tout se ressentde Vaisance Sc de la liberté.

a Zurich.

Les pays qui sont depuis Saint-Gal jusqu’à Bifchojfçel Sc àFrauenfeld sont bien cultivés, en bonnes terres labourables,en prés, bouquets de bois de sapins , beaucoup d’arbresfruitiers ; Vabondance s’y annonce par-tout. Dans différonsvillages il y a des manufactures, Sc par - tout on travaillepour le compte de ces atteliers. Tout ce canton paroit avoirété le séjour des eaux, & peut-être une extension du lacde Constance. Les collines sont de pierre sablonneuse parcouches Sc le fond du terrein de galets. Ce qui paroîtencore autoriser ce sentiment, c’est qu’il y a beaucoup deplaines de niveau; elles font labourées & cultivées avec leplus grand soin. II est bien consolant de voir tant de moyensde ressource Sc de subsistance pour les hommes, mais cesplaines sont bien ennuyantes pour le minéralogiste qui sortdes montagnes.

Frauenfeld est fur un terrein élevé, composé de rochessablonneuses pareilles à celles qui sont fur les bords des lacsde Genève , de Berne Sc de Zurich ; le reste est de galetscouverts d’argille ;' il y a beaucoup de vignes dans les envi-rons. Les collines s’abaissent en allant à Ober-Winterthur ,qui est déja dans le canton de Zurich, Même terrein ,

mêmes productions, jusqu’à TFinterthur, où il y a de beauxSc bons vignobles. Cette ville est bien bâtie, les rues ensont larges & il y a beaucoup de fabriques de toile de coton,d’indiennes Sc autres. M. le Médecin Ziegler y possède unebelle collection de minéraux, des impressions d’infectes Scautres pétrifications du pays. M. le Médecin a aussi une

collection d’insectes & de belles pétrifications du pays. DeWinterthurà Zurich le terrein est plus inégal, composé decollines de pierre sablonneuse & de galets , mêlés dansbeaucoup d’argille ; d’autres collines sont de différentes espè-ces deterreins 6c de substances rapportées. Nous avons étébien surpris d’y voir les mêmes schistes rouges avec destaches jaunâtres, 6c les mêmes schistes verds dont on arendu compte avant d’arriver à Lngelberg ; car il y a plus devingt lieues entre ces deux points, & bien des montagnesSc bien des lacs entre-deux ; d’où proviennent ces espècesqui sont si semblables entre elles 6c si peu communesailleurs ?

Zurich , grande ville bien bâtie : elle est heureusementsituée à l’extrémité du lac du même nom , d’où sort la rivièrede Limmat , qui partage la ville en deux. II s’y fait un grand