PITTORESQUES,
Genève, où elles forment le célèbre pas de Y Ecluse , ne laissantqu’un chemin étroit entre le Rhône Sc la montagne, qui estfermée par une forteresse. De-la elles courent du fud-ouest aunord-ouest, couvrant le pays de Vaud, celui de Neuch" tel, lecanton de Soleure , jusqu’au Mont-Bœtzbcrg, appellé Foce-uus par Tacite» Cette chaîne de montagnes prend divers noms
SCc. DE LA SUISSE. Jt
généraux & particuliers, selon les pays qu’elle traverse ; maisles voisins, au moins dans la partie Romande ou Françoisede la Suisse, lui donnent tous vulgairement le nom de Joux,J’en ferai le détail dans la Topographie de la Suisse, à mesureque Tune de ses branches fera relative aux divers articles quiles formeront.
V.
Glacières -perpétuelles .
Il fe trouve en divers endroits des Alpes, des montagnesde glace, qui non-feulement ne fe fondent jamais, mais quicroissent même toujours à mesure qu’il tombe de nouvelleneige, au point qu’elles s’étendent peu a peu au long Scau large, &: ruinent le pays limitrophe. Les Allemands lesappellent Gletscher j les Grisons Wadrer Sc Wadre % ; nous lesappellerons des Glacières OU des Glaciers J & en latin , Glaciesinveterata. Plusieurs Auteurs ont fait mention des monts deglace de la Suisse : M. de Kéralio en a donné l’énumération à latête de fa Traduction de Y Histoire Naturelle des Glacières de Suisse ,par M, Gruner , de Berne. Ce savant Sc intrépide Naturaliste,n’a rien oublié pour constater ses observations ; il fera notreprincipal guide dans tout ce que nous dirons des Glacières.La partie qu’il a le plus travaillé, est la Description desCantons de Berne, d’Uri, de Sclweitz, d’Underwalden &c duVallais ; il a auffi parlé des Cantons de Claris Sc d’Appenzell,du Comté de Sargans, Sc du pays des Grisoris. Nous les (i)décrirons dans le cours de cette Topographie.
M. Gruner nomme en général montagnes déglacé ou glacières ,ces enchaînemens de hauteurs Sc de croupes de montagnes,qui formant comme un seul corps, partagent la partie mon-tueuse de la Suisse en deux , Sc sont toujours couverts deneige Sc de glace ; il renferme fous ce nom le tout ensemble :
les différentes parties qui le composent, ont été comprisesjusqu’a présent sous le nom de Gletscher. Mais pour en donnerdes idées plus claires , M. Gruner les divise en monts de glace ,vallons de glace , champs de glace , Sc Gletscher ou amas deglaçons. II nomme monts déglacé , ces grosses masses de rochers,qui s’élèvent jusqu’aux nues, & qui font toujours revêtuesde glace Sc de neige.
Entre ces monts, qui souvent sont joints ensemble à leurmilieu ou par leurs sommets , il y a des enfoncemens ouvallons, qui font beaucoup plus élevés que les vallées infé-rieures, Sc remplis des neiges qui s’y amassent, s’y conser-vent , Sc forment des monceaux de glace ; ils remplissentsouvent une vallée de plusieurs lieues en longueur ; c’est ceque M. Gruner nomme vallons de glace .- il entend par champsde glace , les terreins en pente douce qui fe trouvent dans lecircuit des montagnes, & qui ne pouvant pas être nommésvallons , parce qu’ils ont peu de profondeur, font couvertsd’une neige épaisse. Les neiges fondues qui tombent dessommets , arrosent la surface de ces champs ; quelquefoiscette surface fond elle-même, & regèle ensuite : ainsi dansla saison froide, elle est tantôt changée en glace , tantôtrecouverte de neige ; Sc tout le champ est composé de couchesalternatives de neige & de glace.
partie du Mont-Jura. M. le Baron de Zur-Lauben, en allant de Zoug àSoleure le 9 Juillet 1778, découvrit à Olten, petite ville du Canton deSoleure, fur la rivière de l’Are, une inscription Romaine qui fait mention duMont-Jura, au pied du quel Olten est situé : ce monument intéressant pourI Histoire Helvétique, n’a pas été encore publié, parce que posé comme il1 est en travers dans le mur de la ville en y entrant, à gauche de la porte dupont ou l’on paye le péage, elle n’avoit pu que difficilement frapper lesyeux des voyageurs ; mais il est étonnant qu’aucun des notables d’Olten ne1 ait jamais copiée ; c’est cependant le plus ancien monument de leur ville.Le marbre bâtard fur lequel on lit l’infcription en lettres majuscules Romai-nes > avec quelques abréviations, a 17 pouces & demi de largeur, fur 2Pieds & 9 pouces de longueur. Plusieurs lettres ont été maltraitées par letemps ; la pierre a été couchée en travers par l’impéritie des ouvriers ; lemur où elle est incrustée a été fait en grande partie des pierres d’un ancienretranchement des Romains, qu’on appelle encore a?/'* Burg, le bourg, enLatin vallum. On en voit le circuit avec le fossé, hors de la ville d’Olten,Ptes du couvent des Capucins & de la rivière de l’Are, à peu de distance dugrand chemin qui conduit au haut du Bas - Hauenftein , branche de l’ancienMont-Jura, remarquable par l’ouverture que les Romains ont faite dans le rocPour descendre dans le pays des Rauraques, aujourd’hui le Canton de Bâle.On passoit autrefois l’Are dans un bac , au pied de ce bourg ou retranche-ment , avant la construction du pont actuel, & l’endroit où étoit le bac senomme encore Im-fart ou passage. La tradition porte qu’Olten s’étendoit jus-Su’à ce local : Voici inscription telle que M, de Zur-Lauben l’a lue; lesPoints marquent les endroits qu’il n’a pu déchiffrer.
(*) • ..A V
G A I O (L) NERONI VIT R A (O IV R .... V A I ER O M A
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N I N VP T V S V P .s A N I (d)
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P O S v E
(a) Les lettres font ici maltraitées,on est tenté de lire tantôtII MEMORIAV R1 1 & tantôt
.AN IMPERATORI A V R
v L T I N A (b) On est aussi tenté de lire
STAN G A II NERON V E
R v N t. (c)C’est-à-dire vítraivRí
OU irRASSI V A E E U M
ROMANIS invii cepivm
SUPRA ARAM OU ARAMA M N E M
(d) Peut-être vicasi viti-NATENSES,
comme on lit dans une inscription deMoudon, au paysdeVaud, rapportéepar Muratori ( Novus Thésaurus ve~terum Inscrìptìonum T. II. p. j.íCit.n°. j. Mediolani 1740. info L fig. )
VICAN MINNODVNENS
(e) C’est-à-dire navtae stantes.
Muratori ( Ibid. p. zxxrl n°. 6 .) a
donné une Inscription érigée à Hispalis en Espagne, autrefois dite Colo-nia Romulensis ou Romula , en I’honneur d’un Pro-Préteur par les Nautoniers.Schapharii. Romvl. Consist. Muratori a aussi rapporté ( Ibid. T.I.pag. cxxxvrn. n°. 4. & T. II. p. mlxvi. n°. 5. ) l’Inscription trouvée à Parisdans la Cathédrale, qui marque l’érection d’un autel en l’honneur de Jupiter,fous l’Empire de Tibere , faite par les Bateliers de Paris, Naviaì.PARISIACI. PUBLIC E. POSIERUN T.
Vitina a été le nom primitif d’Olten, qu’on a appellé dans 1# moyenâge Oltena, Oltina , Olta ; la société des Bateliers établis en cette villedressa ce monument de reconnoissance en l’honneur du Commandant de laProvince, Gaius ou Caius Nero , ils placèrent ce monument au-delà duretranchement commencé fur l’Are au pied du Mont-Jura, dont le passageétoit jusqu’alors impraticable aux Romains. Au reste cette Inscription méri-teroit d’être remise dans fa position naturelle, elle est même trop honorableauxhabitans d’Olten, pour qu’ils la laissent plus long-temps ainsi exposée àl’injure du temps. Son véritable emplacement feroit à l’Hôtel de Ville oumême dans l’église Paroissiale. On a usé de cette précaution dans d’autresvilles, notamment à Genève, pour la conservation des Inscriptions les plusintéressantes.
( 1 ) L’ouvrage de M. Gruner, en Allemand, parut en 1760 en trois volu-mes in -2 ; les Cartes & les Estampes dont il est accompagné son très-beìles& dignes du burin de Zingg. Voyez les Conseils pour former une Bibliothè-que Historique de la Suife par M. Haller, pag. z§. Berne 1771 in-iz.