PITTORESQUES, £>c. DE LA SUISSE.
tient à l’abbaye de Wettingen; celle de Mouri a auííì plusieursfonds héréditaires a Tallv/eil depuis l’an 10Z7 : tout ce districtest fertile en bled, en vin & en fruits.
A une demi-lieue au-dcífous de Tallweil, entre ce village& celui Kilchberg , on trouve Ruschlïken , Sc a un quart delieue en haut de ce dernier village, les bains de Niedelbad quifont très-fréquentés par les habitans de Zurich. C’est dans levoisinage de Ruí'chliken qu’on a découvert au commence-ment de ce siècle la première tourbière du, Canton z elle aété depuis exploitée avec de grands succès. La ville de Zurichest dans une forte de pénurie de bois, Sc fans la tourbe letrop grand nombre d’habitans que le commerce augmentejournellement en foufFriroit beaucoup. Au bout d’une demi-heure de chemin on arrive de Rufchliken à Bendliken ouBaendliken, hameau fur le lac, dans la paroisse de Kirchberg,bailliage de Horgen. A une demi - lieue au - dessus est laparoisse nombreuse de Kirchberg ou Kikhberg.
A une même distance au-dessous de ce village commence ledistrict dit la Ferme des Moines , der Moenchhof OU Munchhof ; ony voit plusieurs maisons : un petit ruisseau sépare bientôt aprèsle bailliage de Horgen de celui de Wollishofen , qui a pourchef-lieu le village de ce nom , a une petite lieue de Zurich,le long du lac. On y observe une maison de campagne queJean-Rudolf Schmid, dune famille noble de Zurich, a fait
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L a c (*) des qu.
Je quitte la promenade dans les environs du lac deZurich , & je vais en faire une plus longue Sc plus pénible,fur le lac de Luceme , autrement dit des quatre Cantons , parCequ’il baigne les côtes des quatre Cantons Forestiers de Lucerne ,XJrìy Schweiti & Underwalden. Ce lac n’offrira pas des environsauíu-bien peignés que ceux du lac de Zurich, mais il a sesgrandes beautés mêlées de grandes horreurs j le célèbre Scheu-chger , de Zurich, a herborisé sur ses montagnes limitrophes.M. de Pfiffer, Lieutenant-Général au service de France, ScCommandeur de l’Ordre Royal Sc Militaire de Saint-Louis,en a levé le plan perspectif, après avoir souvent fait des pro-menades fur le mont Pilate (**) Sc fur les autres montagnescirconvoisines ; la réduction de ce plan , qui a coûté tant depeines Sc de dépenses a son illustre auteur , entre dans lacollection des Tableaux Helvétiques. Déjà au dernier siècle,mais avec beaucoup moins d’exactitude, Jean Léopold Cystat,de Lucerne, publia ( 1 ) en Allemand une description du lacdes quatre Cantons. J’ai parcouru les différentes sinuosités dece lac, partie en bateau & partie parterre, &j’ai remarquéqu’il est dangereux &: souvent impossible de cheminer par-tout sur ses bords. Un avantage brillant qu’a ce lac fur lesautres lacs de la Suisse, c’est qu’il a été le théâtre du berceau (z)
bâtir avec magnificence. II y a encore à Wollishofen d’autresbiens de campagne, tous agréables par leur situation, Sc quiappartiennent à des Citoyens distingués de Zurich, entr’autresla maison de plaisance de M. Salomon Hir/yl On trouve aubas de Wollishofen le 'Weyer-haus , autrement la petite Fenistc ycharmante maison entourée de fossés d’eau, où. de temps àautre s’assemble une société choisie d’Amateurs politiquesde Zurich. Dans le voisinage font les deux jolis biens decampagne dits Brand-fchenki : dans ces environs , jusqu’auxfortifications de la ville, où seau du lac est conduite dansles fossés du rempart, il y a quelques blancheries de toiles ;on voit dans l’une de ces blancheries une machine hydrau-lique très-ingénieufe ; on la foule avec les pieds, & ellepompe en abondance Peau du lac.
Tout près du rempart de la petite ville de Zurich , au-des-sous du Brand-stchenke , proche la Sil, est Seldnau ou Sellnau ,où il y avoit autrefois un Couvent de Religieuses de l’Ordrede Cîteaux Sc dont on a fait un Lazaret. La rivière impétueuseSU ou Syl , qui descend du Canton de Schveitz Sc sépareles Cantons de Zurich & de Zoug, se jette dans la Limar ,au-dessous de Zurich, après un cours de près de huit lieues.Je finirai ma promenade, en remarquant qu’on a livré autre-fois fur le lac de Zurich des batailles navales., & qu’on y aobservé des trombes.
tre Cantons.
de la Liberté Helvétique. Les Héros fondateurs de la Répu-blique des XIII Cantons, ont joué fur ses rives leur principalrôle ; les vainqueurs de Morganen & de Sempach en ont éténatifs, citoyens Sc habitans. Quelle réminiscence n’offre pasce local à tout Suisse sensible Sc reconnoissant 1 Les manèsdes trois Libérateurs du joug accablant dAlbert, Pombre deGuillaume Tell qui terrassa le monstre Gessler , celle deWinclcelried qui, semblable aux Decius de l’antique Rome,sacrifia sa vie pour ouvrir à ses frères Sc confédérés le cheminde la victoire ; le Canton de Schweit p qui a eu l’honneur dedonner par préférence son nom à toute la Suisse ; la solitudede cet anachorète ( Nicolas de Flue ), qui parut comme unange tutélaire à la Diète de Stanti , & où, respecté commel’oracle de sa patrie, il eut la sagesse de réunir les Cantonsdivisés, cet homme extraordinaire qui les persuada d’aug-menter leur puissance parl’admission de deux autres Cantons,Fribourg Sc Soleure , (ils méritoient fans doute cette distinction,pour avoir combattu avec eux contre. Charles le téméraire ) ;le souvenir de tant d’hommes illustres, celui des évènemensglorieux auxquels ils ont eu part, tous ces tableaux divers,en un mot, réchaufferont le cœur de tout Suisse observateurSc mémoratif, Sc son admiration passera même dans celui
(*) Planche §;.
(**3 Planche 180.
( i ) A Lucerne en 1661, in. 4. fig.
(2) Un Suisse en côtoyant le lac des quatre Cantons forestiers, trouve furses bords les monumens les plus respectables de la Liberté Helvétique, &à leur vue il peut être saisi de la même admiration qui transporta Cicéron enentrant dans Athènes. Quocunque ïngredimur , in aliquam historiant vestigiumponimus. ( de Finib. 1 . 5. ) Par-tout oh nous marchons , nous portons nos pas furquelque jeene annoblie par Tkiftoire .
L/Auteur du Diélionnaire Géographique , Historique £* Politique de la Suisse ,imprimé à Genève 8t à Lausanne en 1776, Partie L p. 53. dit, en parlant
Tome /.
d’Akorss, chef-lieu du Canton d’Uri, que ce qui donne a ce bourg des droitsparticuliers a notre attention , c est qu il fut, pour ains dire , le berceau ,finon de la Liberté Helvétique , du moins de la Confédération. La liberté de laSuisse doit son principe à la première Confédération de Gautier Furft , d’Al-torff, de Warnier Staufsacker 3 de Schweitz, Sc á'Ernest du Melchthal , paysd’UnderWalden , & que le local où elle a été jurée, est la prairie Grue lin,dans la Communauté de Bauwen , pays d’Uri, fur le lac des quatre Cantons,en face de Brunnen , il faudra toujours dire que le Canton d’Uri, dont AltoriFest la capitale, doit être considéré comme le berceau de la Liberté du louableCorps Helvétique,
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