TABLEAUX TOPOGRAPHIQUES,
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J’ai dé j a dit un mot dans cette Introduction préliminairedes couches de marne ( 10 ) qu’on trouve dans différais endroitsde la terre : on ne sauroit trop exciter les habitans de la Suisseà la découverte des marnieres. On fait que la Marne répandue furles terres les engraisse considérablement ; onTemploye fur-toutpour celles destinées à produire le grain ,8c la vigne en retireaussi beaucoup d’avantage. Scheuchzer ( 11 ) dit qu’on trouvedes couches de marne dans le Canton de Zurich, fur le montAlbís près de Horgen & fur le mont Laegerberg ; dans le Cantonde Bâle , près de Saint-Jacques ; aux environs de la ville deNeuchatel, 8c dans le Comté de Sargans : on en a aussi découvertdes couches au-dessus du pont fur la SU } à la gauche de cetterivière dans la communauté deMenzingen, Canton de Zoug.
II y a en Suisse des carrières (iz) d 'ardoise de toutes fortesde couleurs : on trouve dans le Canton de Claris de grandesfeuilles d’ardoife très-noire, qui font un objet réexportation.Entre Valens ou Valen% 8c l’abbaye de Pfeffers , dans le Comtéde Sargans 3 on découvre beaucoup d’ardoife cendrée, celle-ciest de mauvaise qualité ; mais entre Valens 8c la montagnedite der Grauenhorn 3 ( la Corne grise ) , les lits font plus durs&; d’une belle couleur noire , comme dans le Canton deClaris. Arrêtons-nous à la grande ( 13 ) carrière d c B batten-lerg ( 14 ). Ce mont est a l’extrémité du Freyberg ou Mont-lìbre 3dans la communauté de Matt 3 8c dans le district qu’onappelle la petite Vallée , du Canton de Claris, autrement leval de Sernft. Ce ne fut qu’au commencement du dix-feptièmesiècle qu’on entreprit d’ouvrir la carrière d’ardoise du montBlattenberg. Hilaire Beujfer 8c Jean Altmann , tous deux natifs duvillage de Matt , dont on a conservé les noms, sont les deux pre-miers qui détachèrent les feuilles de cette carrière. Un Hessois,nommé Joseph Bellersheim, enferma le premier dans des bor-dures ou cadres ces feuilles d’ardoife, en 1616 . La carrière estéloignée de la paroisse de Matt d’une demi-lieue, elle est entreEngi 8c Matt , fur la gauche de la rivière de Sernft ; ses litssont inclinés vers le midi, ils sont peu épais. On détachel’ardoise avec des coins de fer qu’on fait entrer dans les fissu-res : elle fe divise facilement en feuilles très-minces ; le dessusde tontes les feuilles est plus fin 8c plus dur que le dessous 3preuve certaine que ces couches four un dépôt formé peu-à-peu selon les loix de la pesanteur. Au reste, la carrière
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de Blattenberg paroît inépuisable. On croit que celle qui existeprès du torrent de Diesfthal , sous les monts dits Ek-Bergen ,dans la grande Vallée du Canton de Claris, au quartier deBettfchwanden , a une communication avec la carrière duBlattenberg , 8c celle-ci avec les couches d’ardoife qu’on trouvejufqu’auprès de Pfeffers , dans le Comté de Sargans. On a aussidécouvert une carrière d’ardoifes au pied de la hauteur duvillage de Sol ou Aoo/ ; mais 011 ne l’exploite pas, parce qu’ellessont peu propres à être détachées aussi légèrement 8c aussiuniment que celles du Blattenberg. Autrefois le transportdes grandes tables d’ardoife étoit plus considérable ; ce com-merce est un peu tombé depuis qu’on leur préfère les tables. incrustées à la mosaïque, avec des pierres de rapport, ou demarbre rayé 8c uni.
Les Glaronois, toujours industrieux, ont imaginé de fairede plus petites tables d’ardoife pour écrire ; on a commencéà parqueter de feuilles d’ardoifes les appartemens &: les cor-ridors , on s’en sert aussi à la place des tuiles pour couvrir lestoits. La Chancellerie de Mespourg , près de Confiance , en estcouverte : si ce goût s’étendoit, il pourroit faire revivre le com-merce des ardoises de Claris ; on les taille petites 8c presquedans la forme de la tuile ; c’est un travail très-pénible quecelui des ouvriers dans la carrière : après avoir eu la peine dedétacher les feuilles dans ces souterrains ténébreux, il fautqu’ils les portent en haut de la montagne fur leur dos, dé j abien harassés , 8c de-la en bas, dans la vallée où est le déppt ;la vue de ces malheureux inspire la pitié. M. Trumpi dit qu’ontransporte annuellement hors du pays, par eau en Hollande,& de-la fur mer en Angleterre, cent soixante 8 c jusqu’a deuxcent caisses de petites tables d’ardoifes à écrire. Les Hollandois8 c les Anglois les transportent ensuite dans les deux Indes.II éyalue entre huit mille 8 c dix mille florins annuels 8 c plus,le salaire des ouvriers & encadreurs ou table tiers , avec les fraisdu transport 8c du péage jusqu’a Wefen. Les Glaronois quifont ce commerce , y gagnent leur vie, quoique jufqu’àAmsterdam il fleur coûte foixante-dix florins, fur la valeur decent florins de marchandise : j’oubliois de dire qu’on taille enplanchettes des morceaux d’ardoifes, longs 8c peu larges, 8cque les Jardiniers s’en fervent pour garnir le contour descompartiment
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Animaux.
Tout (i) pays, tel que la Suisse, qui renferme des mon-tagnes très-hautes , des vallées profondes 8c des plaines, desexpositions excessivement froides, 8c d’autres fort tempérées,offrira toujours auNaturaliste une riche collectionen minerais,fossiles, plantes, infectes 8c reptiles. On doit y trouver aussides animaux des différentes espèces, ou habitués dans le pays,ou passagers. Les animaux carnassiers, autrefois très-multipliésdans ce climat, disparaissent à mesure que la population 8c
les défrichemens s’étendent. Les ours furent dans un tempstrès-communs en Suisse ; tant d’armoiries dont cet animalfait le sujet, en offrent des documens. Aujourd’hui les ours8c les loups paraissent rarement dans les Alpes ; on ne leurdonne pas le temps de s’y multiplier ; la profondeur desvallées en facilite la poursuite. Ils sont plus communs dansla partie méridionale du Jura 3 fur la frontière de la Savoie8c de la France, fans doute parce que le paysan dans ces
( 10 ) En Latin Marga , & en Allemand Mergel.
(ir) Hist. Nat. de la Suisse, T. I. p. 406 & 409-411. & T. II. p. y, 39,177 & 31 y, en Allemand.
Le même, Itinera Alpina , T. I. p. 8 & m.
(12) Scheuchzer, ibidem, T. I. pag. 120, & Hist. Nat. de la Suisse,T. II. pag. 39,45, Mí & ï S 9 -Leu, Dìct. Hist. de la Suisse,T. IV. p. i;4-tZ5-Gruner, Descript. des Glacières de la Suisse, p. 223 & íuiv.
Trumpi, Chr. du Canton de Glaris, p. 31-37 & 92-95-C13 ) Ardes a Glaronenfis.
( 14 ) L n François la montagne des feuilles.
C1 ) Cysat, Descript. du Lac des quatre Cantons Forestiers, pag. 157.
itfy.
Scheuchzer, Hist. Nat. de la Suisse, T. I. pag. 45,66,69,81 & 299, &T. II. 67,68,70,73,456 & 461.
Le même, Itinera Alpina , T. I. p. 25,88,155 St scq. 177-181 & 186.Grimer, Descript. des Glacières de la Suisse, pag. 226-227.
Faesi, Descript. Topog. de la Suisse, T. I. p. 34-37.
Tscharner, Diít. Géog. Hist. & Fol. de la Suisse , T. I. p. 154-155.
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