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Tome premier, seconde partie.
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TABLEAUX TOP O. GRAPHIQUES,

Mulhausen.

U n Couvent de Cordeliers, un autre d’Augustins, &: un Couvent de Religieuses de l’Ordre de Sainte-Claire.

JB I E N N E.

I L y avoit dans cette ville une Commanderie de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

vr E N

'L'EvÊquE ( 1 ) de Genève ., Prince du Saint-Empire Ro-main , étoit anciennement Souverain de cette ville ; le chan-gement de la Religion lui a fait perdre toute son autoritéspirituelle & temporelle a Genève. Ses successeurs , Evêquestitulaires de cette ville , résident a Annecy en Savoie. LeChapitre dé la cathédrale de Saint-Pierre de Genève, étoitcomposé de trente-deux Chanoines ’j il a subi le sort de sonEvêque.

Comté de

Il y avoit à Neuchatel, un riche Chapitre de Chanoines, àla tête desquels étoit un Prévôt.

■Fontaine-André , en latin Fons Sartcîi Andrés, , étoit une Abbayede Religieux de l’Ordre des Frémontris , située dans la paroisse

X X

EVE.

II y avoit aussi à Genève un Couvent d’Augustins, un deCordeliers, un de Dominicains, un autre de Religieuses del’Ordre de Sainte-Claire, & une Commanderie de Chevaliersde l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Le riche Prieuré deS àint-Victor, de la congrégation de Cl uni, étoit dans un faux-bourg de Genève. Le Monastère de Saint-Jean-les-Crottes quiétoit situé fur le Rhône devant la porte de Cornavins & deSaint-Gervais, a été détruit en 1534.

Neuchatel.

de Saint-Blaise, en la châtellenie de Thielle.

Bevaix ou Bevay , avoit dans la Mairie de ce nom un Prieuréde Bénédictins.

I X.

Mœurs du Ciergé Catholique.

Je réunirai fous cet article les moeurs du Clergé séculierêe celles des Ordres monastiques qui font dans la Suisse catho-lique. Voila fans doute, me dira-t-on, une matière biendélicate ji traiter.

Perìculosz plénum ópus ales,. Horat.

J’én conviens , mais honny soit qni mat y pense. Cettedevise sera mon égide. Je dirai la vérité , je respecterai lapiété , la vertu, la discipline & la science dans les Prêtres& les Moines strictes observateurs de leurs devoirs ; mais fansmanquer à l’honnêteté ni à la décence, je relèverai les abus &:les vices qui déshonorent plusieurs d’cntre eux. Je dois cethommage à la vérité; jaloux de ne m’en point écarter, j’aitâché de ne la jamais perdre de vue dans le cours de mesvoyages. Ce scroit faire peu de cas de l’estime du publicque de lui offrir des tableaux dont les teintes scroient tropfoibles, les ombres font sortir la beauté du coloris. Décrireles abus & les vices, c’est présenter un contraste qui sert àfaire briller dans un plus grand jour les vertus morales &chrétiennes. Je ferai également exact lorsque je tracerai lecaractère de la Nation Helvétique. Les descendans des vain-queurs de Laupen & de Sempach doivent fans cesse se rap-peller que la religion, la fidélité, l’équité & la concordefraternelle soutenues par la valeur, dirigeoient la marche deleurs ancêtres au milieu de tous les dangers qui menaçoientla liberté. On a vu fur les sièges de Constance, de Coite, deBaie, de Lausanne, de Sion tte. de Genève, des Evêques très-

respectables & dont les noms font faits pour honorer lesfastes de leurs Diocèses ; mais l’histoire nous a aussi transmisles noms de plusieurs Evêques qui ont été le fléau du peuplepar leur ambition, leurs guerres, leurs dissipations L leursdésordres. Elle nomme avec la même exactitude ceux d’entreles Abbés de Saint-Gall & des autres Monastères de la Suissequi ont été les zélés observateurs de la règle monastique, &qui , à l’esprit de discipline ont encore joint l’amour dessciences, & qui les ont fait fleurir dans le sein de leursMonastères j comme elle flétrit ceux d’enfr’eux, qui, ivresde l’illusion & peu jaloux d’élevcr leurs âmes, ont fait sentirla verge du despotisme à leurs frères, ou qui au lieu de cher-cher à adoucir le fort des malheureux, n’ont appliqués lesrichesses de leur Monastère qu’à de folles dépenses d’osten-tation. Dans les siècles du règne féodal & même encoredepuis fa chute, on a vu des Abbés qui oubliant la règle deleur Fondateur, endossoient la cuirasse & alloient pieusementrépandre le sang des Chrétiens leurs voisins. On a vu desEvêques combattans contre d’autres Evêques ; un Abbé deSaint-Gall faisant la guerre à celui de Richenau ; un Abbéd’Einsidlen menant sa bannière à la bataille de Momartencontre les mêmes Suisses qui font aujourd’hui les avoués &les protecteurs de, son Monastère. Ces temps ont heureusementchangés, rendons-en grâces aux progrès de la faine philo-sophie.

En général le Clergé catholique en Suisse est très-respec-

( 1 ) Je ne connoîs qu’un seul Auteur qui ait traité avec une certaine éten-due du Diocèse & de l’Evêehé de Genève. C’est Bejfon , Auteur peu connu àla vérité, mais très-estimable. II a un grand fond d'érudition, une bonne criti-que & beaucoup de modération envers les Protestans : son ouvrage estenrichi de cent seize documens; il est vrai que le style en est mauvais & rebu-

tant ; tel est le jugement impartial qu’en porte M. de Haller dans ses Conseilspour former une Bibliothèque Historique de la Suisse, pag. i6y. Berne1771 , ìn- 8 . Voici le titre de l’ouvrage de Bejfon , Mémoires pour l’HistoireEcclésiastique des Diocèses de Genève, &c. Anneci 1759, ìn-%.

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