TABLEAUX TOPO GRAPHIQUES
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la déposition cTun Sénateur en souffrance, tandis qu «n exa-mine fa conduite.
Voici la manière dont, on remplit les places vacantes dans\z grand Conseil . J’ai deja dit que ce font les Membres du SénatSe les seize Seseniers qui ont le droit d election, Se auxquelsceux qui veulent entrer dans 1 c grand Conseil , s appliquent afaire leur cour. Chacun des Electeurs a la liberté de recom-mander un Membre, Se chaque Avoyer en recommande deux. Je■dis, recommander , parce que c’est la véritable expression usitéeà Berne dans ces occurrences. II est aussi permis au Chance-lier Se au Greffier d’en recommander un. Le Préteur , vulgai-rement appellé le grand-Saucier Se YAmmann (il ), jouisteilt dumême privilège. Le Commissaire général , & quelques autresOfficiers, prétendent avoir le droit d’être faits Membres desDeux-Cent en vertu de leurs charges, & ils le font ordinaire-ment. II n’y a cependant aucune loi qui ait statué fur cesprétentions. Mais comme ceux qui exercent ces charges fontutiles à la République, on les admet aífez souvent. De cettemanière il y a toujours près de cinquante personnes qui fontsûres rì’être élues. Les autres Candidats sont choisis à lapluralité des voix.
II y a deux conditions essentiellement requises pour pou-voir prétendre a être admis au grand Conseil. L’une demandeque l’on ait préalablement appartenu à quelque Tribu ouSociété , l’autre que l’on soit du moins entré dans fa tren-tième année, & l’on est si rigide fur ces deux articles, qu’unhomme de famille a été exclus d’une promotion pour avoirmanqué de trois jours l’âge requis, & plusieurs autres ont éténon - feulement déchus de leurs prétentions aux Deux - Cent ,mais privés pour jamais de leur droit de bourgeoisie , tant poureux que pour leurs enfans, pour avoir négligé d’entrer dansquelque Tribu OU Société.
Il est d’usage que chaque Electeur donne fa recommandationà son fils aîné, s’ìl a la capacité , c’est-à-dire, s’il a atteintpage de trente ans. Autrement, s’il a une fille à marier, iltrouve aisément k la pourvoir, ayant la liberté de donner farecommandation à celui qui doit f épouser, ce qui tientsouvent lieu de dot. II est assez plaisant de voir alors quelessain d’amans s’élève à cette occasion en trois ou quatrejours de temps ; car c’est tout l’intervalle qu’il y a entre lechoix des Sá^enìers Se sélection des nouveaux Membres. Lapremière visite qu’un nouveau Sesenier reçoit dès qu’il rentrechez lui après son élection, est k coup sûr celle d’un Aspirantqui lui demande sa fille en mariage, s’il n’a point de fils qu’ilfavorise de fa recommandation ; & alors la noce, ou du moinsla promesse du mariage , fuit de très-près l’aveu que fait l’As-pirant de son inclination : car le Sesenier choisit entre lesPrétendans, celui qui est le plus k son gré Se a celui de fafille , & i’engage. très - promptement dans une promesse demariage, de peur qu’il ne vienne k manquer de parole aprèsla recommandation. Ainsi il arrive quelquefois que la premièreentrevue qu’ont ensemble les futurs époux est celle où fedressent les articles du contrat de mariage. Cependant ceuxqui font k Berne de ces conquêtes en aussi peu de temps,n’époufent pas fans connoître ; ils sont déjaaufait des biens,de la famille Se des moeurs de la personne k laquelle ils fedestinent. Combien au reste ne fe fait-ìl pas tous les jours de
mariages dans d’autres pays , oû-, dans deux entrevues, on feparle, on fait fes propositions, on passe le contrat Se l’ons’époufe. II ne faut donc pas être surpris, vu le prix commu-nément attaché au rang & k la fortune, que les jeunes gensde Berne, entraînés par la contagion universelle, fassent quel-quefois de ces mariages que l’intérêt seul décide Se oû l’onne consulte point l’amour.
J’ai exposé la manière usitée de remplacer k Berne les Mem-bres du grand Conseil. Ainsi les Electeurs favorisent leurs pro-pres parens dans leurs recommandations ; ils conviennent mêmeentre eux de servir les amis l’un de l’autre, dans le choix desMembres qui restent a être élus par la pluralité des voix. Ainsiil faut nécessairement que tout le gouvernement soit circons-crit dans un petit nombre de familles, & que les communsbourgeois n’y aient aucune part, k moins qu’ils ne puissenty entrer, comme il arrive quelquefois, par la pluralité desvoix, ou en épousant la fille d’un Electeur. II est vrai qu’il ya plus de quatre-vingt familles qui fournissent les Membresdes Deux-Cent, Se qu’il y a bien des endroits en Suisse oû legouvernement est renfermé dans un nombre de famillesencore plus petit. Mais l’étendue d’aucun autre Canton nepeut être mise en parallèle avec celle de l’Etat de Berne. Lenombre resserré des familles habiles au gouvernement de Ber-ne , comparé avec l’étendue de ce Canton, est très-inférieurk celui des familles qui gouvernent tout autre Canton beau-coup moins considérables. x
J’ai parlé des deux chefs qui sont k la tête du gouvernementde Berne, Se qu’on nomme Jvoyers en françois ; leurs emploissont a vie, Se ils les exercent annuellement tour a tour. Celuiqui est en charge est appellé Y Avoyer régnant ; il préside au grandSe au petit Conseil , Se propose les matières qui doivent y êtredébattues ; il garde les sceaux que l’on met k tous les actes& autres instrumens publics ; enfin il est le principal Magistratauquel s’adressent toutes les personnes qui ont quelque affairek traiter dans l’un des Conseils. L’autre' Avoyer , qui est horsde charge , n’est que le premier Sénateur en rang, jusqu’k ce quel'année soit expirée ; alors il prend les sceaux du premier, Seil est Avoyer régnant a son tour. Ces charges sont extrêmementrecherchées, soit a cause du rang éminent qu’elles donnentk ceux qui les occupent, soit k cause de l’influence qu’ils ontfur le maniement de toutes les affaires publiques. Les revenusdu Trésorier du pays de Vaud sont très-considérables ; la dignitédu Trésorier du pays Allemand est plus honorable, attenduqu’il tient le premier rang dans la République après lesAvoyers, mais les revenus en sont assez modiques. Les quatreTribuns OU Bannerets ont de tout temps été les Porté-Etendardsde la ville, laquelle est divisée en quatre quartiers ou districts,dont chacun a son Porte-Etendard. On les appelle en Allemand ,Banner ou Panner-Herfen , les Seigneurs de la Bannière , & de cemot Allemand, on les a nommés en françois Bannerets. Cesplaces sont toujours données aux Sénateurs du premier ordre ;elles font attachées aux quatre principales Tribus, ensortequ’un Sénateur qui ne seroit pas lui-nìême d’une de ccs quatreTribus, ne pourroit jamais obtenir cette dignité. L’autoritédes Bannerets étoit autrefois plus grande qu’elle ne Best k pré-sent : outre les revenus de la République, dont ils étoientdevenus peu k peu les dépositaires, ils s’étoient encore appro-
( 2i ) C’est YAmmann de la maison de ville, Rathaus-Ammann , charge qui Concierge de T Hôtel de Fille , (Hist. des Ligues Se des guerres de la Suisse ,
«st fixée à quatre ans pour celui qui en est revêtu, M. Fhilbert l’appelle le T. I. pag. 507 ).