/
Z IO
TABLEAUX T O P O G R A P H I Q U E S,
respecter le droit des gens ; mais il faut avouer que dans destemps postérieurs, après les succès répétés dans leurs premières' guerres, les Suisses ont abusé quelquefois de ce principe,pour en faire le prétexte de prises d’armes auffi partiales qu im-prudentes. L’Abbaye de Notre Dame des Hermites , autrementEinjìdlen , dans le Canton de Schweitz, fut choisie pour lerendez-vous des arbitres appellés à terminer les difficultésqui pouvoient naître entre Zurich Sc les quatre Cantons Fores-tiers. On s’accorda a renouveller le serment de cette union àchaque époque de dix ans; toutefois, l’omiffion de cettesolennité ne devoît point porter atteinte à la perpétuité deralliance. Les Confédérés cédèrent le premier rang a la villeImpériale de Zurich qui depuis cette date a toujours étéregardée comme le chef ( mais non la capitale ) de la Liguedes Suisses, par le dépôt qu’eiie conserve de la correspondanceSc des actes qui concernent le Corps Helvétique.
Voici la forme actuelle du gouvernement de Zurich, telleque M. Leu, Bourgmestre de cette ville , l’a décrite dans sonDictionnaire historique (io) de la Suisse 5 ouvrage OU les articlesde la géographie Sc des divers gouvernemens, ainsi que ceuxdes hommes les plus illustres dans l’épée, dans la robe Sc dansles sciences, font généralement traités avec exactitude : jene pouvois pas choisir un guide plus respectable que le Chefmême de la République. Rodolphe Braun , auteur de la révo-lution en izz6, avoir donné aux Tribus bourgeoises une grandeinfluence dans l’administration générale. -
Le gouvernement actuel est formé d’un petit Sc d'un grandConseils qui composent ensemble le nombre de deux cent dixMembres auxquels il faut ajouter les deux Chefs de l’Etat quel’on appelle Bourgmestres , ce qui fait en tout deux cent dourptMembres. Je dirai plus loin combien de sujets chacune destreize Tribus Sc à leur tête celle de la Noblesse , fournit pour lacomposition de ces deux Conseils. Le pouvoir suprême résidedans le petit Sc le grand Conseils réunis ; on les appelle commu-nément les Deux-Cent de la ville de Zurich. Ils prononcent furles affaires majeures j ils règlent les impositions a lever dansla ville & fur le Canton3 ils arrêtent les acquisitions territo-riales 'a faire au nom de l’Etat ; ils ont le droit de donner labourgeoisie a des Seigneurs Sc Gentilshommes étrangers, d élireSc de confirmer les Bourgmestres, Sc, dans la classe des Tribusrespectives, les Conseillers Sc les Chefs ou Tnbuns-Maîtres (11) ;ils nomment aux charges de la ville Sc aux bailliages du Canton ;ils nomment auffi lesDéputés pour les Diètes ; ils règlent le prixde la monnoie, le changent quand il leur plaît, Sc disposent dela conclusion des alliances ; enfin ils ont le pouvoir de faire laguerre Sc la paix suivant la constitution fondamentale de l’Etatquia été renouvellée en 1713. Mais toutes les affaires ordinai-res journalières , même celles de Texercice de la Religion, fontdu ressort du petit Conseil , excepté les cas d’appel au grandConseil dont je vais parler, excepté auffi les circonstances où lepetit Conseil, embarrassé de décider par lui seul certaines affairesimportantes j les renvoyé au petit & grand Conseils réunis ensem-
ble. Iln’y a pas proprement d’appel du petit Conseil zw grand ; maislorsqu’on n’y est pas d’un avis unanime fur une affaire, cha-que Conseiller peut, s’ille trouve nécessaire, fous ì’obîigationde son serment renvoyer l’objet devant le grand Conseil ; Scdans ce cas il faut au moins qu’il y ait dans le petit Conseil deuxvoix qui appuyent ce renvoi. On réserve cependant les sen-tences données fur les affaires qui font renvoyées de la Cham-bre civile de la ville, autrement le Stadt - gerickt , devant lepetit Conseil.
Le petit Conseil est composé de cinquante Membres, (sabord desdeux Bourgmestres Sc de six Conseillers de la Tribu dite Confias elou de la Noblesse : quatre de ces Conseillers portent le titre deSeigneurs (iz) de Constasel ; ils représentent les mêmes Chefsque l’on appelle dans les autres Tribus Zunstmáster (13) ouTribuns 5 c’est la Tribu de Constasel qui les élit, mais il y en atoujours deux qui font tirés d’entre les Nobles, Sc deux autresd’entre les familles bourgeoises qui font auffi partie de cetteTribu, les deux autres Conseillers font tirés de toute la Tribude Constasel. Chacune desdouze autres Tribus nomme en outreau petit Conseil deux Tribuns Sc un Conseiller 3 a ces quarante-quatreMembres on joint encore six Conseillers choisis par libre élec-tion Sc fans qu’ils soient attachés a une Tribu : tous cesMembres réunis font les cinquante Membres du petit Conseil.II est à observer que pour entrer dans le petit Conseil il fautauparavant être Membre du grand, Sc que les Conseillers tìupetit Conseil, à l’exception des quatre Seigneurs de Constasel, fontélus par le petit Sc le grand Conseils. L’élection des Bourgmestres,,des Conseillers Sc des Tribuns se fait en secret a la majorité, endistribuant des deniers d’argent dans une boîte. Les Bourg-mestres Sc les Conseillers í ont élus parle petit Sc le grand Conseils ,de même que les quatre Statthalter Sc les deux Trésoriers ; maisles quatre Seigneurs de Constasel Sc les vingt-quatre Tribuns fontélus par leurs Tribus respectives ; ils les président quand ilsfont en charge. Ainsi la Bourgeoisie générale nomme la plusgrande partie du petit Conseil, savoir vingt-huit places ; maistoutes les élections faites par la Bourgeoisie dépendent de laratification du grand Conseil.
Les séances ordinaires du petit Conseil se tiennent tous leslundis, mercredis &; samedis. Ce Conseil est partagé en deuxsections qui alternent entre elles ; l’une remplace ordinaire-ment l’autre quatorze jours plus ou moins avant la Saint-JeanTété Sc avant la Saint-Jean d’hiver. Chacune de ces sections estcomposée d’un Bourgmestre , de douze Conseillers, y comprisles deux Seigneurs de Constasel Sc d’un Tribun de chacune des dou%eTribus, ce qui lait en tout víngt-cinq Membres par section :on les appelle les Conseillers nouveaux, die neuen Raehte. Les deuxBourgmestres alternent entr’eux ; l’un d’eux est en charge lamoitié de l’année, Sc ensuite son Collègue lui succède pourle même terme. On appelle les anciens Conseillers, die alten Raehte ,le Bourgmestre, les Conseillers Sc les Tribuns qui sont sortis decharge. Ils peuvent néanmoins assister fans distinction au petitConseil, ainsi que les nouveaux Conseillers, excepté que ceux-ci
( 70 ) T. XX. pag. 296 & suiv. Zurich 1765, ìn- 4. en Allemand.
( u ) En Allemand Zunftmeister. M. PhìlUrt les appelle en François Tri-buns maîtres ou préposés , Hist. des dernières guères de la Suisse & de laHaute-Allemagne, T. I. pag. 246. Amsterdam (Paris) 1775, in-iz. der-nière édition.
( 12 ) M. Philbert dit : ( Hist. des Ligues & des guerres de la Suisse, T. I.pag. 241 &íuiv. ) que la première des Tribus à Zurich est celle des Con-nétabliers , affectée par son institution à la Chevalerie & aux seuls Citoyensqui font profession des armes & qu’il n’y a que les Nobles & les gens vivant
noblement qui puissent y être aggrégës.
(13) Ce mot Allemand signifie Tribun chez les anciens Romains, au-jourd hui Maître-Juré dé un Corps de Métier. Zunft-Meister-amt ou Stelle ,Tribunat chez les Romains, charge de Maître-Juré d'une Tribu. Zunft signi-fie proprement Tribu, Corps de Métier, Compagnie, Communauté, Seaussi poêle de la Tribu, maison ou hôtel de la Communauté ; Ober-tierreiner Zunft , Président ou Chef de la Tribu. Voyez le nouveau DictionnaireAllemand-Franfois , édition de Strasbourg, chez Amand Koenig, 1762 , in 4.pag. 761.
DMMWjMMUmii 1 s , -ma^tÉamik