PITTORESQUES ,
<iu grand Conseil, ce qui forme au total sept Assesseurs. Unautre objet de ses foins est de veiller fur la pureté des mœurs.Les fonctions de ces Juges Conílstoriaux font triennales.
Une observation bien essentielle , quoiqu’en apparencetres-minutieuse, c’est que tous les soixante Conseillers d’Etatfont parfaitement égaux & qu’ils ne prennent leur rang queselon celui de leur Tribu. Un Trésorier, un Conseiller d’Etatde la Tribu des Tijjerands est obligé de céder le pas à un simpleConseiller de celle des Cordonniers, par conséquent à un Cor-donnier, a un Tailleur, &c. &: dans la plupart des Collèges,c est le Conseiller de la plus haute Tribu qui préside. Lesinconvéniens qui dérivent de cet arrangement, font considé-rables. II en résulte que les dignités en font avilies, car on n’apas plus d’égards pour un Trésorier, pour un homme distin-gué par une place éminente & par le mérite qu’clle suppose,que pour tout autre, Sc on en a souvent très-peu. Comme iln Y a par conséquent point de degré intermédiaire entre lesChefs & les simples Conseillers, & qu’il n’y a aucune marquede considération attachée h l’ancienneté, l’élévation rapideaux premières places, opérée encore par le fort, ne diminuepas peu le respect & les égards dûs à si juste titre aux Chefsde l’Etat. Enfin il n'est que trop possible que des gens inca-pables puissent parvenir à la tête des Collèges les plus impor-îans, & q U e les affaires particulières, aussi-bien que la Ré-publique en général, ayent beaucoup à en souffrir.
Au reste les constitutions n’admettent pas le père avec ledis, ou le beau-père avec le gendre, ou deux frères, ni dansle petit Conseil ni dans le nombre des Membres du grand Conseildir la même Tribu. N’oublions pas d’obferver que chaqueannée le petit Conseil est confirmé par le grand Conseil , & quecelui-ci Test de même en détail fur les Tribus, chaque Membrepar fa Tribu respective. Après le renouvellement annuel de laRégence,la Bourgeoisie lui prête de nouveau annuellementle serment d’obéissance, sur les Tribus, entre les mains dugrand Tribun.
Tous les ans, le samedi avant la Saint-Jean d’e'té, la Régenceest changée. Le lendemain matin, dimanche, avant le prêche,íes Conseils se rendent de la maison-de-ville sur la place deSaint-Pierre : la le nouveau Bourgmestre ayant la tête couronnéede sieurs, fait dans la maison de T Arquebuse une harangue à la
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Bourgeoisie assemblée. Dans ce discours il remercie le Tout-puissant de la conservation précieuse de la liberté & du droitque la Bourgeoisie a d’établir sa propre Régence. Ensuite leChancelier lit la liste des nouveaux Chefs & Conseillers quidoivent entrer en charge l’année suivante. Sur cela le nouveauBourgmestre fait prêter le serment aux Conseillers assemblésau rez-de-chaussée de la maison de T Arquebuse, &: il lesprévient que le même jour après midi, on procédera fur lesTribus au renouvellement des Maîtres , qui se fait dans laforme usitée ; on y prend aussi en même-temps les avis fur lanomination des Sixeniers , & alors on les confirme de nouveau.On appelle Sixenier, en Allemand Sechser ou Sechsncr , les douzeAssesseurs que chacune des quinze Tribus donne au grandConseil ; ce nom leur est resté de la formation primitive desTribus qui n’étoient qu’au nombre de six. Le lundi après lahuitaine le nouveau Conseil est installé de la manière suivante.Tous les Membres du petit Sc du grand Conseils s’assemblent degrand matin, au premier prêche, dans l’Eglise cathédrale, &de-íà les Conseillers , les Maîtres Sc les Sixeniers se rendent enordre dans les maisons de leurs Tribus respectives, Sc puisdans le même ordre à Thôtel-de-viilc, où le petit Conseil com-mence ses séances & fait prêter le serment aux nouveauxMaîtres. On lit ensuite la constitution du Conseil ; Sc aprèscette lecture, on passe dans la salle du grand Conseil , où. lesdeux Conseils se réunissent & commencent aussi leurs délibéra-tions fur une ou plusieurs affaires. Après que ces délibérationsfont finies, chaque Tribu retourne dans le même ordre à íamaison respective & y tient une courte séance. C’est alors seu-lement que le nouveau Maître Sc qu’un ou plusieurs des Sixeniersqui ont été élus Tannée précédente, entre en charge : le toutfinit par un festin. Le nouveau grand Tribun , accompagné duChancelier, du Secrétaire ou Greffier du Conseil Sc d’un autreOfficier de la Chancellerie, visite solennellement le dimanchesuivant les Tribus Tune après Tautre j il y fait un discours, Scaprès avoir reçu du nouveau Maître de la Tribu le complimentusité fur son entrée dans la Régence, il reçoit le serment detous les Membres de la Tribu. Huit jours après les Bourgeoisdu petit Bâle le lui prêtent de même séparément. La ville deBaie a fait imprimer en 1757 ses loix (19) civiles.
III. Canton, de Fribourg.
Frey bourg , Frybourg, Sc en ftancois Fribourg, eítle nom de la vers 1178 fur la rivière de Sanen ( la Sane ou Sarine) par Ber-tille capitale d’un desTreize-Cantons. Cette ville (1) fut fondée told IV, Duc de Zerìngen. Le district où elle fut bâtie se nom-
( *9 ) In-folìo , en Allemand.
( 1 ) Tfckudi, Chr. Helvet. T. I. pag. 89.
Simler , de la Rép. des Suisses, avec les observations de M. Leu , pag. 26,lzS , i(Sj , 167,490 & suiv. & Jz8.
Guillimann, de reb. Helvet. Lïb. III. Cap. IX. pag. m-114, in TkefauroH’ftori& Helvetice.
M- le Baron d 'Alt, Avoyer de la Rép. de Fribourg, Hist. des HelvétiensT L Fribourg 1750, in-8.
Leu, Dict. Hist. de la Suisse, T. VII. pag. 542-392.
Faesi, Descript. Topog. de la Suisse. T. II. pag. 611-627.
Fuesslin , Descript. Topog. de la Suiíîe, T. II. pag. 106 & suiv.
Ffckarner , Dict. Géog. Hist. & Fol. de la Suisse, T. I. pag. 190-203. Onsonnera parmi les Preuves N°. XX. un acte de 1178, qui prouve queBertolf, Duc de Zeringen, fondateur de la ville de Fribourg » en avoir faitbâtir la quatrième partie fur un fond & dans X Alleu du Monastère de Payerne,Particulièrement régisse de Saint-Nicolas. Les Moines ayant à leur têteRerre l eu r Prieur, lui présenteront requête pour la conservation de leursùroits. Le Duc & son fils Bertolf les confirmèrent dans la possession primi-tive de leur Alleu, en leur résignant régisse de Saint-Nicolas, & en leurpermettant de bâtir une masson dans l’enceinte de la ville. Entre autres
témoins de cet acte, on y lit les noms de Nantelme de Rougemont, Prévôtdu Chapitre de Soleure, d’Amédée , Comte de Genève, d ’ Aldric ou Ulricde Neuchatel, de Waucher de Blonai , de Rodolf de Montenach, deConon d’Estavayé, de Warnier de Sigenen & de Hugues de JegìlìoríF;l’acte porte qu’il fut aussi passé en présence d’un grand nombre de Fribour-geoìs , & quam plures Friburgenfes , sa date de 1178 prouve que dès lorsla ville de Fribourg étoit fondée, mais récemment, par le Duc Bercoìf.Les Modernes en ont fixé la plupart l’époque en l’annee 1179; on doit laplacer avant 1178. Un autre acte rapporté parmi les Preuves N°. XXI,nous apprend que le 6 Juin 1182 , jour de la dédicace de la Chapelle de Fri-bourg , Roger Evêque de Lausanne, ayant égard à la prière des Barons deFribourg , ( c'est-à-dire des Ducs de Zeringen, Barons ou Souverains deFribourg ) & de Hugues, Doyen de cette ville, accorda à tous les Fri-bourgeois la permission de choisir leur sépulture dans les Monastères deHauterive, de Humilimont ( de Marcens) ou de Payerne. Les témoins decet acte furent entre autres, Pierre Prieur de Saint-Marne , le Doyen &plusieurs Chanoines de Lausanne, Albert de Montncher , les deux frèresCono & Conrad âe Montmacun , ( c’est-à-dire de Mont-Magm ) Cono ouConrad de Barbareche , en Allemand Baerfifcken , Albert de Duens , Salacode Monteuchin , ( aujourd’hui Monterschut dans la paroisse de Gurmels ou