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Tome premier, seconde partie.
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r A B L E A U X T O P

’Sïioit ’Uechtfani ou Occhtland , & depuis par corruption Nuecht »àL Berthold III (2), Vue de Zeringen, oncle paternel de-Berthold IV , avoit fait bâtir en iviz une ville dumême nomsdans le -Brisgau, & Berthold V (z), fils du Fondateur de Fri-Jbourg en Occhtland, fonda en 1191 la ville de Berne, Ces.Princes, établis Vicaires ou Gouverneurs de l’Empire dans lesprovinces de l’ancien royaume de Bourgogne, ne foutenoient■qu’avcc peine, dans une petite portion de cette Monarchieéphémère., une autorité toujours disputée par les grands vas-saux. II étoit d’une sage politique de fortifier le parti desCommunes, pour servir de contrc-poids à Tambition indocile■de la Noblesse. Les Souverains en Europe, voyant leurs droits'circonscrits par les constitutions féodales qui avoient dégé-néré en anarchie & en despotisme, privilégioient par-toutles Sociétés municipales dont l’intérêt tendoit au même but,■d’affoiblir la puissance divisée des Barons & des Nobles. Les•Ducs de Zvnngen donnèrent aux nouvelles villes qu’ils fondè-rent des chartes qui contenoient les formes, les prérogatives&. Les premières loix civiles & de police ; elles furent confir-mées parles Empereurs.

Après l’extinction de la Maison de Zeringen par la mort deLertoldV, le (4) premier Mai 12,18, les deux villes de FribourgSc de Berne éprouvèrent un fort différent. Berne fit un pasimportant vers Findépendance , en se conservant sous laprotection immédiate de l’Empire. Fribourg se rangea souscelle d’Ulric, Comte de Kibourg , mari d’Anne de Zerin-gen, sœur du dernier Duc. Au fond, cette condition nedérogeoit point à des immunités qu’elle tenoit de son Fon-

OGRAP H IQUES,

dateur. Dès l’année (5) 1243 elle fit une alliance particulièreavec Berne, suivant un droit que Tu sage général légitimoit,8 c que les Barons, souvent trop foibles pour protéger leursSujets,oupermettoient ou n’osoient empêcher. Cette alliancea été souvent renouvellée dans le cours du treizième siècle8 c dans le commencement du quatorzième. Mais Tobligationimposée auxFribourgeois de servir leur Seigneur, interrompitaussi souvent cette union des deux villes ; pendant un assezlong-temps, elles furent plutôt rivales qu’associées.

Eberhard, Comte de Habspourg-Laujfenbourg , épousa Anne,héritière de la Maison de Kibourg-Benhoud , 8 c fille de Hart-mann (6) le jeune 3 Comte de Kibourg , dont le père, W.emer,étoit fils d’Ulric qui avoir épousé Anne de Zeringen. Cet Eber-hard vendit en 1277 ses droits fur Fribourg â son cousin-ger-main l’Empereur Rodolphe pour trois mille marcs d’argent.Le Comte de Savoie en (7) eût donné onze (8) mille si l’Em-pereur l’avoit permis. Par cette nouvelle sujétion, les Fri-bourgeois se trouvèrent liés au parti des Princes d’Autriche&: de la Noblesse, contre les Communautés naissantes quicombattissent pour la liberté. En 1288 (9) les Milices bour-geoises de Fribourg 8 c de la banlieue assez considérable quele Fondateur de la ville lui avoir annexée, campèrent devantBerne fous les ordres de l’Empereur Rodolphe. Dix ans après,en 1298(10), ces mêmes troupes reçurent un grand échecau combat de Tonner-Buhel près de Berne. Les deux villes seréconcilioient aussi souvent que le service de la Maison (11)d’Autriche n’obligeoit pas les Fribourgeois d’exercer des hos-tilités contre leurs voisins. C’est ainsi que vers(12) 1338 ils

'Cormonde, fur le territoire de la ville de Fribourg ) Guìchenon a rapporte

( Bibliotheca Sebufiana , centuria prima , pag. 20-22. Lugduni 1660 , in-qf.}un acte daté de Lausanne 12,46 , six jours âpres la fête de Saint-Michel, parlequel Jean Comte de Bourgogne , Sire de Salins , rendit hommage àNanteíme, Abbé de Saint-Maurice, pour le fief du château de Bracon, enprésence d’Amedée Comte de Savoye & de Hartmann d’Arberg ; lesautres témoins furent C o no , Prévôt du Chapitre de Lausanne , ( de laMaison d’Estavayê) Guillaume, Custode du même Chapitre, Jacques deCrailli, Etienne Prieur cie Lutri, Etienne Moine de Lutri, Guillaume deBelfort-, Guillaume d’Estavayé , Guy de Pontverre, Conrad Avoyer deFribourg , ( Advocatus Friburgenfis ) Hugues de Gìjfei, le Seigneur Pierred’ Alinge, Airnon de BlonaL, tous qualifiés Chevaliers ( Milites ) 8c plusieursChanoines de Saint-Maurice, entre autres Boson Maieur de Montei ( Motorde Monteis ), Emenc de Mìribel ; la prestation de l’hommage se fit a iEvêché,4 n domo Epifcopalì Lausanenfi.

( 3 ) Tsckudi, ibid. pag. 50. M. Sckoepstin a donné la généalogie diploma-tique de la Maison de Zeringen. 8c de celle de Bade qui eu est un rameau.iSes recherches jettent une grande lumière fur les commencemens des villesde Fribourg 8c de Berne en Suisse ; l'ouvrage a pour titre : Historia Zarin-cgo-Badtnsts 176} , & feq. 7 vol. in- 4. avec figures.

( 3 ) Tfchudi, ibid. pag. 94-95. Stettler , Chronique de Berne ou de Suisse,Berne 1626 en deux vol. in-fol. Fragmens Historiques de Berne, la premièrepartie étoit insérée dans \e Mercure Suisse de l’an 1736 ; on l’a imprimée sépa-rément à Neuchatel en 1759, in- 3 . la seconde partie a été imprimée en1737 in 8- Ces fragmens , publiés fans nomd’Auteur, font agréables Lc amu-fans ; on y trouve plusieurs anecdotes curieuses; l’histoire est continuée,jusqu'en 1735 : il est vraiqu’on n’y approfondit pas les faits, mais ceux qui®e désirent qu’une connoissance superficielle de l’Histoire de Berne , lirontcet ouvrage avec plaisir. Tel est le jugement qu’en porte M. de Halíer dansses Conseils pour former une Bibliothèque Historique de la Suisse , pag. II8.

(4) Chronicon Dominicanorum Colmarienstum ad an. 1218, pag. 5. T. II.Germanie, Ihstoricor. lllufl. ab Urstifio collettor. Francofurti ad Moenum 1670 ,in-fol.

Albertì Argentin. Chronicon , pag. 99. apud Urstisium , ibidem , T. II.

(y) Ce traité d’alliance , daté de Morat 1243 , le sixième jour aprèsî’octave de Saint Martin, dont la Fête tombe le onze Novembre, est placéparmi les Preuves N°. XXII.

(6 ) Hartmann A jeune, Comte de Kibourg, adressa en 1253 àTAvoyerLc Lux Bourgeois de Fribourg , fa lettre de protection pour l'Abbaye deHauterive , Ordre de Citeaux , contre les déprédations de Conrad de Fivierou de Hivers: on trouvera cette pièce dans la classe des Preuves N°.XXIII 3 avec une autre sauve-garde N°. XXIV, accordée par le même

Comte au Monastère de Hauterive qu’il recommande spécialement à TA-voyer 8c à tous les Citoyens de Fribourg ; cette seconde pièce est sims date.

(7) Ce Prince se nommoit Philippe. On donnera parmi les P RE u v E SXXV. le traité de T alliance renouvellée entre les villes de Fribourg& de Berne pour dix ans, dans I église de Neven-Ek, ( aujourd’hui au Can-ton de Berne, fur le chemin de cette ville à Fribourg, près du pont de laSenfe) le cinquième jour après le Dimanche Quasimodo 1271. Cet acte faitmention du Comte de Savoie qui avoit été défenseur de Berne , & de.Rodolphe, Comte de Habspourg, comme ancien protecteur de Fribourg, lemême qui fut depuis Empereur. Le traité rappelle aussi le nom d’Anne fillede Hartmann le jeune , Comte de Kibourg, & qui eut pour mari Eberhard,Comte de Habspourg, de la branche de Lauffenbourg.

(8 ) Annales Colmarienfes , ibid. ad an. 1277, pag. 13. Tfchudii Chr. Helv «T. I. pag. 18 6.

(9) Tfchudi, ibid. pag. 196.

(10) Le meme, ibid. pag. 216. Annales Colmarienfes , ad an. 1298, p. 31.apud Urstisium. Michel Stettler, Chronique de Berne ou de Suisse, T. I.pag. 25-26. Berne 1626, in-fol. en Allemand.

( 11 ) On a conservé le traité daté de Quatrevaux, ( apud quatuor v ailes )le mardi 8 de Décembre 1299, par lequel Albert, Roi des Romains, régloitles articles du mariage entre son fils aîné Rodolf, Duc d’Autriche, & Blanche ,sœur de Philippe le Bel , Roi de France. Entre autres pays qV Albert assignoitpour douaire , étoient le Comté d’Alsace, 8é la terre de Fribourg , auDiocèse de Lausanne. Les Seigneurs qui négocioient ce mariage, étoientau nom d 'Albert, son oncle maternel, ( Avunculus') Burcard , Comte deHohenberg, & en celui de Philippe , Gui Comte de Saint-Pol. La célébra-tion du mariage ie fit à Paris en 1300 ; Blanche mourut en couche à Viennele 19 Mars 1305 , fans succession. Le traité de Quatrevaux se trouve dans IeCodex Diplomaticus LeibnitH, Part. 1. pag. 39. & 41, dans THistoire d’Al-sace par le Jésuite la Gaille, T. I. pag. 259-260 & preuves pag. 46-47, dansPfeffinger, Corpus Juris Puhlici cum observât. Vitriarii , T. I. pag. 169. Fran-cofurti ad Moenum 1754, in-fol. fig. On lit aussi dans Leibnítz 8c Pfeffinger( ibidem ) & dans T Aljatia Dìplomatica de Schoep flìn, T. II. pag. 72-73, ladéclaration à!Albert fur les promesses de ce mariage, elle est datée dumois d’Aoùt 1299. assignoit pour douaire à la Princesse Blanche , Ie

Comte G Alsace 8c la terre de Fribourg ( terram de Pribourc, LaufanenfisDiocefis ) & les revenus des Comtés de Kibourg & de Habspourg. Voyezaussi les Tables Généalogiques des Augustes Maisons d’Autriche 8c de Lor-raine , 8c leurs alliances avec T Auguste Maison de France , pag. 95-96. Paris1:770, in 8.

( 12 ) Johannis Vitoduranì Chronicon , pag. 51 , in Thefauro Hisi. Helve-tiest, Tfchudi, ibid. pag. 352-359. Stettler, ibid. pag. 54-62.

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