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Tome premier, seconde partie.
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P 1 T T O R E S Q U E S > &c. DE LA SUISSE .

grand nombre de Nobles Sc de personnes aisées à s’établssdans son enceinte. Les Fribourgeois soumis à la Maison deKibourg Sc ensuite à celle de Habspourg, stipulèrent dans tousleurs traités d’alliance avec Berne, que s’il arrivoit que leursSeigneurs vinssent à avoir guerre avec les Bernois, ils pour-voient les servir sans cependant rompre leur alliance actuelle»M- le Baron de Zur-Lauben conserve parmi ses manuscrits (36)la copie du Terrier de la Maison d’Autriche dressé en 1303 Screnouvelle en 1309. On y trouve (37) la spécification des droitsseigneuriaux Sc des rentes qu’elle possédoit alors à Fribourg& dans fa banlieue. II y est dit que la Maison d’Autriche peutétablir Sc déposer l’Avoyer Sc le Conseil de Fribourg toutesles fois qu’elle le voudra, Sc qu’elle a aussi la collation del’Eglise de cette ville, dont la desserte vaut au Prince au moins vingtmarcs d 3 argent. On voit par cet extrait que la Maison d’Autrichejouissoit à Fribourg de plusieurs droits que les Comtes deKibourg reconnoissoient en 1249 appartenir à la Bourgeoisiede la ville. Passons à la description du gouvernement actuelde ce Canton.

Le gouvernement de Fribourg est Aristo-démocratique,l’autorité souveraine Sc le pouvoir législatif sont attachés aupetit Sc au grand Conseils réunis Sc composés ensemble de deux centMembres. Les Ordonnances de la République portent toujourson titre : Avoyer , petit & grand Conseils, les D eux-Cent de la ville deFribourg. Les autres Conseils, Tribunaux ou Comités font dessubdivisions ou dépendances de ce grand Conseil. Ce qui prouveslue ce Gouvernement est Aristo-démocratique, c’est que laprérogative d’entrer dans le grand Conseil Sc de parvenir auxpremières charges est attribuée à soixante Sc onze famillesNobles & Patriciennes, &,quc les autres Citoyens jouissent desimmunités du droit de Bourgeoisie, fans pouvoir prétendrenux honneurs de la Magistrature. Cependant toute la Bour-geoisie a droit de suffrage dans les élections du Curé, du Chan-celier ou Sécrétasse de la ville Sc d’un Bourgmestre. Les Bour-geois des vingt-sept paroisses de Yancienne banlieue font associésnu même privilège pour sélection d’un nouvel Avoyer, qui estle Chef du gouvernement. Ces vingt-sept paroisses font, Marlie,Fraroman ou Perroman, en latin de Prato Romano , Arcanúel ouArconciel , Gysers, Rechthalten , Treyvaux en Allemand Tresels,Fspendes, Escuvìllens, Plajselb, T assers , Dudingen, Uberftors, Wun-nenwed , Villard sur Glane, Vil lare p o\ en Allemand Rupperswcil,Heittenried, le haut SC bas Boesingen , Matran , Autignie, Onnens,Fre^ OU le Pre\, Givisie1 en Allemand Zulenpach , Baerfischen ,Cormonde en Allemand Gurmels, Crefier, Courton Sc Belsaux.

Les deux cent Membres qui forment le petit Sc le grand Conseilsréunis consistent en vingt-quatre Conseillers du petit Conseil,n la tête desquels font deux Avoyers , les quatre Bannerets enAllemand Venner , les Soixante, Sc cent dou\e Bourgeois. Le çrandConseil a remis au petit Conseil le pouvoir de juger des affairesciviles Sc criminelles Sc des appellations.

La ville est divisée en quatre quartiers ou Bannières , savoir, le^ our g, Y Auge ou Y Au , la Ville-Neuve Sc Y Hôpital. Chaque quartierfournit un Banneret , quinze Sujets pour le Corps des Soixante,& cn outre vingt-huit autres pour le grand Conseil.

Les élections du petit Sc du grand Conseils font faites de deuxmanières. Les Avoyers font élus à la pluralité des voix huitJours après la mort de celui qui étoit revêtu de cette charge,première dignité de l’Etat. Les élections se sont dans l’Eglisc

des Cordeliers par le petit Sc le grand Conseils Sc tout le Corpsde la Bourgeoisie, y compris non-feulement tous les Citoyensde la ville, mais encore tous les Bourgeois de Y ancien territoire,de la ville, portant les armes. L’élection des Sénateurs du petitConseil Sc des Soixante se fait le dimanche secret , autrement Bulldes dimanches les plus prochains de la Saint-Jean d 3 été, Sc ellese fait par un fort appellé Aveugle , en Allemand Die blindeWahl 3 8 c qui mérite cette épithète à la rigueur. Dans ce momentles Electeurs jettent leurs ballottes dans des boîtes où font en-fermés les noms de tous les Aspirans, Sc ils ignorent fur quitombent leurs suffrages 3 mais il faut préalablement que lesAspirans aient sage Sc les talens prescrits par les loix : celui quia leplus de balottes obtient la place. A cette assemblée assistentseulement les Soixante Sc les Conseillers Bourgeois ou du grandConseil , à l’exclusion des vingt- quatre Sénateurs du petit ConseilSc du grand Sautier. Le même jour les mêmes Conseillers Elec-teurs ont le pouvoir d’examiner la conduite des Avoyers Scdes Sénateurs du petit Conseil Sc celle des Soixante, de les con-firmer, suspendre ou même de les déposer suivant les circons-tances. Les Bannerets font de même élus par le Sort Aveugle ySc ce font le petit Sc le grand Conseils qui en font ainsi sélectionle lendemain de la Saint-Jean d’été. Les Conseillers du grandConseil , autrement le Conseil des Bourgeois , font annuellementélus, confirmés ou changés par la Chambre Secrète le jour del’anniversaire de la bataille de Morat qui est le 22 Juin. II fautêtre né dans ùne des familles Nobles ou Patriciennes , être adoptépar une des treize Tribus Bourgeoises, &: avoir Vingt anscomplets, pour être éligible pour le grand Conseil : sage detrente ans donne la capacité d’entrer dans le Corps des Soixante .II faut être de ce dernier Ordre pour avoir feutrée dans le petitConseil. Père &: fils ou deux frères ne peuvent siéger en même-'temps dans le Corps des Bannerets Sc des Vingt-quatre , mais unbeau-père Sc un beau-frère ont le droit d’y siéger ensemble.

Les deux Avoyers qui alternent d’année en année dans leursfonctions, président a ces divers Conseils. UAvover en chargea le droit de décider dans le cas d’égalité parmi les opinions,lorfqu’il y a appellation ; Sc pour les affaires courantes ildonne fa voix comme un autre Sénateur. Le Statthalter ouLieutenant est après les Avoyers le premier en rang, Sc en l’ab-sence de l’^ívoyer en exercice il a la direction des Conseils.Depuis un siècle la charge de Statthalter est annexée au plusâgé des vingt-quatre. Les charges de Trésorier, de Bourgmestre Sc deCommissaire général , font ensuite les emplois les plus distingués.Le Trésorier tcYìc cinq ans dans fa place; son élection se fait par1 C Sort Aveugle, le dimanche secret, Sc il est toujours extrait dupetit Conseil ; il gère la recette Sc la dépense de l’Etat, Sc tousles ans il en rend compte au petit Conseil.

Le Bourgmestre qui est élu tous les trois ans dans le petitConseil par toute la Bourgeoisie , veille fur la conduite desBourgeois Sc des habitans de Y ancien territoire, Sc il connoît decertains débats , particulièrement des voies de fait.

La charge de Commissaire général est quelquefois partagéeentre deux Conseillers soit du petit, soit du grand Conseil. Ilsont l’œil fur tous les fiefs, jurisdictions Sc seigneuries de laRépublique.

Les quatre Bannerets ont le rang après les Conseillers dupetit Conseil. Ils président au Conseil Secret OU Conseil d 3 Etat , com-pose de vingt-quatre Membres, pris du Corps des Soixante,

(? 5 ) Monumenta Helvetico-Tugiensta , T. IV.pag. I-134. in-fol.

Tome I.

(37) Pag. 47.

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