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savoir six de chaque bannière : je parlerai bientôt des fonc-tions de cette 'Chambre Secrète. Le grand Conseil élit entre lesSoixante, par le Sort Aveugle', les quatre Bannerets le lendemainde la Saint-Jean d’été j ils restent en place trois ans, Sc quoiqu’ilsne soient pas Membres du petit Conseil, ils y assistent commeReprésentans du grand Conseils ils y donnent leurs voix, exceptédans les juge mens des appellations j & s il se pafíoit dans lepetit Conseil quelque affaire qu’ils crûssent de la compétencedu grand Conseil, non-seulement ils ont le droit de la porterdevant ce Tribunal, mais encore de le convoquer ; ils veil-lent aussi fur les vivres, la police de la ville &; du Canton, Scfur le Militaire.
Les Soixante jouissent par-dessus les grands Conseillers , de laprérogative suivante. Ces derniers peuvent seulement pré-tendre aux bailliages, aux charges de la ville & aux Secréta-riats , mais les Soixante ont le droit de se mettre sur les rangspour devenir Sénateurs du petit Conseil, Bannerets Sc Secrets. Lors-que dans des affaires ressortissantes du petit Conseil , il n’y a pasassez d’Assesseurs à cause des exceptions de parenté ou par d’au-tres exclusions, ce vuideest rempli par ceux des Soixante quin’ont aucune affinité avec les Sénateurs qui font obligés de sor-tir. J’ai déja dit que chaque Bannière fournissoit sx Membres duCorps des Soixante pour composer la Chambre Secrète, sous laprésidence des quatre Bannerets. Cette Chambre élit à la plu-ralité des voix ceux de ses Membres qui viennent a manquer.Ordinairement elle s’assemble quatre fois Tannée : elle élit &confirme le petit Sc le grand Conseils , Sc elle a le pouvoir defaire toutes les propositions qu’elle jugera utiles au biengénéral de TEtat.
Le petit Conseil est Juge de la grande police ; il décide encoreen dernier ressort des procès en matière civile. II est aussi JugeCriminel ; cependant, quand l’accuíe est Bourgeois de lacapitale ou d’une paroisse de Yancien territoire, la sentence estprononcée en présence án grand Conseil, auquel est réservé ledroit de mitiget la peine ou de faire grâce. La justice pour lescas criminels qui arrivent dans les bailliages est exercée défi-nitivement par le petit Conseil.
Deux Corps de justice civile, T un pour la ville présidé parle Bourgmestre, l’autre pour le ressort des vingt-sept paroisses deY ancien territoire, appellés Chambres de Droit Civil & de Droit Rural ;une Chambre d 1 Appellations pour les causes jugées en premièreinstance dans les bailliages, une Chambre Editale pour les discus-sions au sujet des débiteurs insolvables, nnConsál de guerre pourle département militaire ; voilà quels font, après les diversCorps des Conseils, les principaux Tribunaux pour l’admi-
(3 8)Dans une spécification des promotions de l’Etat de Fribourg,dressée le 15Juin 1749, les Avoyers 6’ Sénateurs 3 nés parmi le Corps de la Noblesse , y fontintitulés Nobles , & ceux des familles Patriciennes ne portent pas cette qualité.
Les Almanachs de Fribourg où font rapportées les diverses branches duGouvernement, observent les mêmes exceptions.
(39) A Rome on appelloit Tribuns du Peuple , les Magistrats Plébéiensque le peuple Romain força le Sénat de lui accorder, pour être les protec-teurs de fa liberté : il n’y en eut d’abord que deux, peu après on en créacinq, enfin on en élut dix, nombre auquel ils demeurèrent fixés. Ces Magis-trats étoient toujours choisis parmi le peuple , de forte qu’aucun Patricienne pouvoit être revêtu de cette charge, à moins que l’adoption ne l’eût faitpasser dans Tordre Plébéien. Un Plébéien qui étoit Sénateur ne pouvoit pasmême être TWá«».Onpeut voir dans les Antiquités Romaines de Ros n, quellesétoient les fondions des Tribuns , & comment leur autorité, qui d’abord futtrès-bornée, s’accrut par degrés au point qu’ils devinrent les Despotes dela République. Les charges de Bannerets & de Secrets à Fribourg, fans êtreprécisément celles des Tribuns del’ancienne Rome, paraissent avoir cependantavec elles une similitude, je veux dire dans la fonction de protéger spéciale-ment le peuple ; on appelle Patriciens ceux qui se sont réservé exclusive-
OGRAPHIQUES,
nistration publique. Je n’entrerai pas dans de plus grandsdétails fur ces commissions subordonnées. Cette distribution,toujours nécessaire , est à-peu-près la même dans tous lesgouvernemens des pays policés ; elle se retrouve même danstoutes les constitutions municipales des villes un peu consi-dérables ; elle est fur - tout très - semblable dans les diversCantons Aristocratiques de la Suisse.
II y a treize Tribus dans la ville, mais elles n’ont aucuneinfluence dans le Gouvernement. II peut être tiré d’une Tribuplus de Membres pour le petit ou le grand Conseil que d’uneautre j il y a quelquefois des Tribus où il ne s’en trouveaucun, mais tout Bourgeois qui aspire au Conseil, doit êtreenclassé dans l’une des Tribus : on peut même être comprisdans plusieurs d’entre elles. Voici les noms de ces Tribus.I. Les Tisserands en Laine , z. les Teinturiers au Sauvage, 3. lesCordonniers, 4. les Tailleurs de Pierre, 3. les Marchands, 6 . lesÊplaigneurs , Applanijseurs ou Pareurs.de Draps , en AllemandTuchbereiter, 7. les Maréchaux, 8. les Bouchers, 9. les Tailleurs, 10.les Charpentiers , u. les Tisserands , Leìn-weber, iz. les Boulangers,Sc 13. les Teinturiers du quartier de Y A u ou de Y Auge.
Toute la Bourgeoisie s’assemble ordinairement une foisTan, le jour de Saint-Jean d’été dans l’Eglise des Cordeliers,pour prêter serment de fidélité au Magistrat, Sc elle s’assembleextraordinairement lorsqu’il faut procéder à la nominationdu Curé de la ville, ou que les charges d 'Avoyer, de chancelierSc de Bourgmestre font vacantes.
II y a à Fribourg deux fortes de Bourgeoisies ; Tune a exclu-sivement entrée dans les petit Sc grand Conseils, Sc est compo-sée des familles Nobles Sc Patriciennes ou habiles au Gouverne-ment, les autres Bourgeois Sc habitans Ont le droit de com-merce , Lé d’exercer des professions.
Avant que de quitter l’article de Fribourg,qu’il me soit permisde faire quelques remarques fur une exception usitée dans legouvernement de cet Etat, je les soumettrai au jugement desObservateurs qui voudront les vérifier dans le local, par eux-mêmes. J’ai parlé des quatre Bannerets Sc de la Chambre Secrètedont ils font les Présidens. Pour obtenir ces charges ou avoirentrée dans cette Chambre, il faut préalablement n’être pasdu Corps de la Noblesse de cette ville ; il y a pour conditionpréliminaire de ne pas porter la qualité de Juncker ou de Gentil-,homme , titre qu’on donne aux familles de la classe (38) des No-bles ; mais il faut être d’une famille uniquement Patricienne fansaucune prérogative de Noblesse ; Sc comme les places de Ban-nerets (39) Sc de Secrets on Inquisiteurs d’Etat font très-recherchées,non-seulement à cause du pouvoir prépondérant qui leur est
ment ces charges; mais dans le fait & pour mieux se rapprocher de l’usageRomain , ne devroit-on pas les nommer Plébéiens, & donner le titre dePatriciens à la classe des Nobles ? A Rome on appelloit proprement Patri-ciens ceux qui fortoient des plus anciennes familles, & qui étoient ce quefont en France les gens de qualité. Au reste les Patriciens de Fribourg, quedans l’ancienne Rome on eût nommé les Plébéiens , ont exclu des chargesde Banneret & de Secret la Noblesse comme ne pouvant représenter le Peu-ple ; mais le désir de conserver privativement toute l’autorité & tous lesavantages annexés à la Chambre sécrété , n’auroit-il pas aussi concourra à cetteexclusion? Les Bannerets & les Secrets qui composent ce département,n’auroient-ils jamais eu la prudence d’augmenter ces avantages, & cesprérogatives suivant les occurrences ? II paraît suivant d’ânciens rolles ,qu’on continuoit autrefois le titre de Juncker ou Damoiseau aux Bannerets,lorsqu’ils étoient extraits du corps de la Noblesse. Aujourd’hui la charge deSecret est uniquement conférée aux familles Patriciennes , & un noble nèpeut y prétendre qu’après que son père a précédemment renoncé à la No-blesse. On exige la même renonciation pour prétendre à la charge de Grand-Sautier qui est souvent exercée à Berne, à Lucerne & à Soleure par desgentilshommes ; cette charge donne à celui qui en est revêtu, à Fribourg ,