P 1 T T O RE S Q U E S, 6c. DE LA SUISSE. z SS
demandé souffrît du retard, les alliances ont désigné l’en- les alliés, de ne pas donner retraite aux ennemis de leurdroit (6) on les Cantons appelles doivent justifier les motifs liberté & de la paix publique , que chaque Canton & Etatde leur délai. Zurich & les quatre Cantons Forestiers ont fixé allié du Corps Helvétiques le droit de bannir de toutes les terresHinjìdlen pour le local de leur assemblée, Berne & les trois de la Confédération les Citoyens & les Sujets rebelles ou con-
Cantons Forestiers le Kienhol \, village fur la frontière des Can- sidérés comme perturbateurs de Tordre public, & de même
tons de Berne & d’Underv/alden. Là ils doivent délibérer les malfaiteurs. La ville de Zurich, menacée par des Magif-eniemble si Tobjet de la plainte peut être concilié ou non, & trats exilés, fut la première à demander expressément uneen cas que cela ne fe puisse pas, ils consultent sur la manière garantie de sa constitution civile, qu elle obtint dans son traitéla plus prompte dont on pourra secourir le Canton appellant. d’alliance (7) perpétuelle avec la ville de Lucerne &: les troisMais dans le cas où un Canton auroit besoin d’un secours pays d’Uri, de Schwcitz & d’Underwalden en 13 yi. Autreurgent, les autres Cantons font obligés de le lui donner fans exemple mémorable dans les fastes Helvétiques: en 1393 (8)délai quand même ils ne seroient pas appellés. Les alliances quand le petit Conseil de Zurich , séduit par des intrigues four-déterminent aussi l’article des dépenses proportionnelles en des, eut formé une alliance particulière avec la Maison d’Au-ca s d’un siège, comme aussi le partage des conquêtes & du triche pour vingt ans, les Cantons protestèrent aussi - tôt
butin. Au reste les frais du secours le font aux dépens du contre cette nouveauté ; le grand Conseil de Zurich rompit Ten-
Canton qui est appellé. gagement avec éclat, &c punit les principaux Magistrats,
Le second chef essentiel des alliances roui t sur la manière auteurs du traité, par la privation de leurs charges &; par l’exil.
òont doivent être conciliés amicalement deux Cantons ou plus qui auroient II s’étoit élevé (9) en 1404 un différend entr^la ville de Zoug
âes contestations ensemble. Sur cet objet les anciens Suisses fe & les trois Communautés qui partagent avec elle, dans unefont réunis avec une sagesse singulière, & voici comment: certaine portion, & les droits & les emplois de ce Gouver-lorfque deux Cantons ou plus ont des démêlés ensemble, nement démocratique. Les Communautés qui prétendoientchacun d eux envoye deux Conseillers intelligens à l’endroit une plus grande égalité, étoient soutenues par un parti con-ùésigné par les alliances pour le Congrès ; s’ils tombent tous sidérable du peuple de Schweitz, & ceux-ci en même-tempsd accord, T unanimité termine le différend. Mais dans le cas qu’ils offroient de prêter main-forte, insinuoient aux Com-
de diversité dans les opinions ils consentent tous de part & munautés que les Cantons n’avoient aucun titre pour s’im-
d’autre qu’on choisisse un sur-Arbitre parmi, les Cantons neu- mifcer dans leur querelle. Les Cantons de Zurich, Lucerne,
îtes. Au reste ce sur-Arbitre n’a pas le droit; de donner un Uri &c Undervalden appellés par les Bourgeois de Zoug,
Nouveau jugement, il ne peut que confirmer par fa voix Tune terminèrent ces troubles les armes à la main, «Se raffermirent°n l’autre des sentences prononcées par les premiers Asses- T ancien ordre dans la distribution des prérogatives du Con-sents. Le sur-Arbitre est en pareil cas dégagé par son Canton vernement qu une faction avoir entrepris de changer parrespectif, de tout serment & lien envers son Souverain, afin la force.
qu’il puisse avec moins de gêne décider la contestation. L’indocilité de là Milice après la guerre de Bourgogne,
Le troisième chef des alliances concerne les réserves. Aucun amena divers désordres. Ils causèrent aux Cantons Aristocra-desrroh Cantons Forestiers, d’Uri, de Schweitz & d’Underwalden tiques des inquiétudes d’autant plus vives qu’on pouvoirne peut s’allier avec aucun Etat fans le consentement mutuel soupçonner que l’esprit des Démocraties vouloit augmenterdes deux autres. Zurich & Berne fe font réservé le droit de les franchises des Sujets des villes. D’un autre côté les Can-s’allier avec qui leur plaira, fous la condition cependant que tons populaires ne cachoient point leur jalousie & leurs
ks alliances de plus fraîche date ne préjudicieroient en rien inquiétudes fur les progrès d’agrandissement & fur Tunion
aux anciennes alliances perpétuelles. Mais les cinq derniers Can- étroite des Etats Aristocratiques. Ces défiances mutuelles fetons n’ont pas le droit de s’allier avec qui que ce soit fans le terminèrent cependant par la célébré convention ( 10 ) de
sçu préalable & le consentement des huit anciens Cantons. Cha- Stan ^, en 1481. Le but principal de ce règlement est de pré-
vue ville & chaque pays en entrant dans la Ligue perpétuelle venir les factions &: les révoltes , en armant dans chaqueont réservé leurs droits, leurs franchises particulières, leurs Canton le Corps qui représente le Souverain, des forces deloix, règlemens , constitutions, coutumes, seigneuries & tous les Etats alliés.
possessions, comme aussi le pouvoir de fai rodes changemens, Pour mieux prouver la solidité de ce nouveau lien entre les
additions & améliorations dans les alliances du Corps Hel- Suisses, il n’est pas superflu d’observer, qu’indépendammentv étique. On volt par l’histoire de la Suisse que dans les pre- de l’intérêt commun à tous les Gouvernemens , de tenirnsiers temps les Cantons renouvelloient souvent entre eux dans la subordination leurs Sujets médiats & immédiats,leurs alliances ; elles portent même que ces renouvellemens il n’est aucun des Etats Démocratiques dans la Suisse, qui nedoivent fe faire les uns tous les cinq ans & les autres tous renferme dans son enceinte une classe d’habitans exclus desles dix, & que dans le cas où ils ne se seroient pas, les alliances assemblées générales où réside le pouvoir souverain. Plusieursdoivent cependant rester dans leur vigueur. de ces Cantons, outre les bailliages communs, ont des dis-
' Un autre objet essentiel de la Ligue des Cantons, c’est la tricts de pays plus ou moins considérables dont les habitansconservation de la tranquillité intérieure, par la protection sonc les Sujets immédiats. La ville de Zoug, les CantonsRéciproque des formes diverses de Gouvernement établies d’Uri, de Sclweitz & de Glaris en ont. Les Grisons pofsedentdans chaque Canton. C’est en vertu de Tengagement entre par indivis la Valteline, le Comté de Chiavene & la Seigneurie
( 5 ) Le texte Allemand appelle cette convocation Malstatt , en latin locust 0 'niti 0 rum.
( 7 ) Leu, ibid.T. XX.pag.
( 8 ) Tfcìmdìi Chr. Helvet. T. I. pag.
( 9 ) Tschudii, ibid. T. I. pag. 621-627.
(10) Leu , Dict. Hist, de la SuúTe , T. XVII. pag. yoy-yip.