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Tome premier, seconde partie.
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•*J* T A B L E A 'U X T O P

-à Bornai© iessept Dizains duhaut-Vallais font Souverains

du bas-Vallais.

Lors de la grande révolte des paysans dans les Cantons deMie, de Solaire, de Berne & de Lucerne, & dans le bailliagelibre de l’Argeu, en r 65 z, les Cantons populaires furent despremiers à prendre les armes contre les rebelles. L’histoire•de la Suisse nous fournit, même dans des temps plusrécens,f en 175 5 ) dans le soulèvement des habitans du Val de Levinen ,Sujets du Canton d’Uri, de fréquens exemples de la protec-tion & du secours donnés réciproquement entre les Confé-dérés , pour maintenir la constitution intérieure reçue danschaque Canton.

Pour que le lien entre les Cantons fût étroit, solide & per-manent j pour qu’il pût inspirer une pleine confiance auxMembres unis, & être respecté par leurs rivaux ou ennemis.,ìl étoit nécessaire que la Ligue fût perpétuelle, ôc qu’clle bûtune force obligatoire , exclusive ou de préférence fur toutautre engagement. Quant à la première de ces deux condi-tions, il faut observer que dès la première union des trois•Cantons d’Uri, de Scsoveitz & d’Underwalden, fondateursde la République en 1315 , tous les traités dissociation suc-cessive entre les Cantons, ont été munis de la clause expressede leur perpétuité. Ces traités fixoient, à la vérité, un termede cinq ou de dix ans, pour renouveller le serment de l’al-liance, mais avec l'explication positive, que l’omission decette solennité ne porteroit aucune atteinte à la sainteté &h la perpétuité du contrat. C’étoit anciennement l’usage d’en-voyer des Députes d'un Canton à l’autre, pour recevoir lapromesse sermentale des Confédérés. Des guerres, divers évè-nernens publics interrompoient l’obscrvation régulière decette prestation réciproque de fidélité sociale 3 dans des mo-urons de dissensions ou de mécontentement, on craignoit,peut-être,de l’exiger; le schisme dans le culte public présen-toit sans doute une autre difficulté pour le cérémonial. Ainsidepuis l’an ijzo qu’a été fait le dernier (ri) renouvellementgénéral des alliancesHelvétiques, cette solennité est tombéeen désuétude. Mais indépendamment dès titres dissociation,qui contiennent la preuve de fa perpétuité.; indépendammentde l’opinion héréditaire §5 universelle dans la Nation, qui ne ■laisse aucun doute fur la conviction intérieure de tous lesConfédérés 3 indépendamment de la qualité d’arnis & deperpétuels alliés, qu’ils se donnent mutuellement dans tousles actes & instrumens publics, & dc la déclaration particu-lière qu’ossrent a cet égard les traités de pacification aprèsdes guerres passagères, quoique toujours dénaturées (iz) entredes co-Etats d’une République fédérative, l’obligation con-fédérale est publiquement reconnue par le salut ou compli-ment Helvétique, que les Députés des Cantons prononcent'a huis-ouvert à l’ouverture de chaque Diète générale ou par-ticulière , ôè qui tient lieu d’une profession solennelle faiteau nom de leurs Constituans, de leur attachement sincère &constant à l’union étroite & perpétuelle., formée par leursancêtres.

La seconde condition de l’alliance des Cantons consistedans la prépondérance de l’obligation fédérative fur toutautre engagement. Cette clause insérée dé j a dans les traitésd union entre les premiers Cantons , n a pu cependant acquérir

O Q R A P H I Q V E S,

toute fa force que dans des temps postérieurs, à messire queles parties contractantes ont fait plus de progrès vers leurentière indépendance. Nous ne pouvons trop le répéter ,pour fixer l’idée qu’on doit se faire de l’union des Cantons ,elle n’étoit dans son origine qu’une association auxiliaire,pour préserver d’une usurpation violente des franchises limi-tées : tous les Confédérés n’étoient pas d’ahord directementliés entre eux, &: leur association n’excluoit pas toute liaisondu même genre avec d’autres. Ce n’est que depuis la conven-tion de S taux & l’alliance des huit Cantons avec Eribourg LéSoleure, en 1481, que la Ligue revêtit le caractère d’uneunion stable, générale & nationale.

Depuis que les Suisses, par une longue prescription recon-nue par des titres formels, font devenus entièrement indé-pendans de l’Empire, la réserve faite à ce sujet dans les ancienstraités d’union, est annulée par le droit & par le fait. Onpeut aujourd’hui établir comme un principe du droit publicHelvétique, qu’actuellemént l’obligation fédérative récipro-que entre les Cantons précède tout autre engagement poli-tique. II y a néanmoins des bornes dans l’étendue de la Ligue:par exemple, dans tout ce qui ne blesse point la liberté desautres Membres que l’association a pour objet de protéger,chaque Canton est absolu, & forme un Etat Souverain Léindépendant, qui se gouverne & se conduit par ses propresprincipes Lé loix : chaque jour, pour ainsi dire, les uns ou lesautres d’entre les Cantons exercent cette indépendance pardes prohibitions mutuelles. Un Gouvernement proscrit lesmonnoies d’un autre, s’il les trouve de trop bas aloi 3 il défendà son gré ^exportation ou l’importation des denrées ou desmarchandises, pourvu que le transit en demeure libre dansles autres Cantons & qu’a cet égard on ne hausse point lespéages. II fournit des troupes aux Puissances étrangères Léfait des alliances a son choix sous la réserve des traités de laconfédération Helvétique : excepté le petit nombre de casdéterminés expressément dans les alliances & qui intéressentdirectement l’objet même de la Ligue, aucun Canton n’estassujetti aux résolutions de la pluralité.

L'inégalité dans la force intrinsèque des Cantons, la diver-sité des principes par lesquels ils se gouvernent, le partagedes sentimens fur la Religion, les fuites de la guerre civilede 171 z sont fans doute les grands obstacles qui empêchentune liaison plus forte entre tous les Membres de la Ligue. Lespartis Catholiques & Réformés s’accusent mutuellementd’avoir relâché le lien social, par des liaisons particulièresentre eux & avec des Puissances étrangères. L’Auteur du Dic-tionnaire géographique ,, historique & politique de la Suste ( M. deTscharner , de Berne) , avance (13 ) que les Catholiques, en-traînés par le zèle pour la Religion de leurs pères, ont donné,fans contredit, les premiers l’exemple de ces précautionssuspectes & les ont poussées au point de mettre en dangerla liberté commune. 11 entend ici fans doute l’alliance défen-sive que les cinq Cantons Catholiques de Lucerne, Uri, Schweitz,Underwalden &Zougavoient faite en 15x9 avec Ferdinand I,Roi des Romains. Elle fut annullée par le traité de paix quitermina la première guerre de Cappel. Les Cantons Catholi-ques firent encore d’autres alliances avec l’Espagne &: laSavoie, de même les Réformés conclurent des traités parti-

( 11 ) Stettler, Chronique de Berne, T. I. Liv. XI. pag. 598. VI. p- 28 J. Amsterdam 1749, i/i-iz,

(ïz)M. le Président Montesquieu , Esprit des Loix,T.I. Liv. X, Chap, C 1 3 ) T. I. pag, 47,

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culiers