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PITTORESQUES,
culiers avec plusieurs Princes 8c Etats du Corps Germanique,avec les Puissances maritimes 8c avec Venise ; les Bernois quiavoient arrêté au milieu de la guerre civile de 171a une al-liance défensive (15) avec la Hollande, avoient-ilsdroit de seplaindre -de celle que les Cantons Catholiques, lésés par lapaix d’Arau, contractèrent en 1715 avec la France?
Au reste on ne peut pas regarder comme une infraction à1 alliance générale entre les Cantons, la Ligue de Boromée queles Etats Catholiques de la Suisse firent en 1586 8c qu’ils ontdepuis renouvellée. Aussi dans tous les actes, produits par uneloìgnement constant pour toute innovation dans le dogme& dans le culte 3 effet ordinaire de rattachement pour la Reli-gion dans laquelle on est né, nous ne voyons que les craintesjalouses qu’ìnípiroient les progrès d’un parti naissant & entre-prenant , qui tendoit à se procurer une influence prépondé-rante sur les Sujets communs des anciens Cantons. Dans le dernierfíecle le célèbre Jean-Henri Wafer (16) , Bourgmestre de Zurich,travailla avec zèle à un plan dans lequel il vouloir refondre enun seul acte toutes les alliancesprécédentes des Cantons, d’unetnanière relative à la situation actuelle du Corps Helvétique.Cette refonte ou réduction devoir ensuite servir de Code fédé-rs 8c unique à tous les Cantons, & en conséquence ils au-xoient renouvellé leur Ligue générale. Tel étoit le but patrio-tique du digne Bourgmestre de Zurich. Eh! plût à Dieu qu’il eûtîu son plein effet ! Les guerres civiles de 16566,51712. ne fussentpeut-être jamais arrivées, 8c les vrais Suisses ne gémiroient pasaujourd’hui fous les coups qu’elles ont portés dans le systèmede l’harmonie générale.
L’Auteur du Dictionnaire (17) que j’ai cité, compare judicieu-sement la Ligue Helvétique à ces grands monumens que lesíeuls efforts des bras, fans le secours de l’art, ont quelquefoisélevés dans des siècles encore barbares , ils frappent l’œil parla hardiesse de Pentreprise & par leur rusticité sublime, leursolidité tient plus de Paíïìmìlation naturelle des masses quede la liaison exacte des parties. De même , ajoute-t-il, Vunion^ es Républiques Suisses repose davantage sur le rapport de leurs intérêts& fur l’keureufe ajfiette de leur pays 3 que fur Véquilibre calculé d'unsystème politique ; & peut-être rien doit-on que mieux augurer de faperpétuité. Tel est le raisonnement de M. de Tfcharner. J’en laissel’appréciation a ceux qui connoìssent PEtat politique destreize Cantons : passons aux Etats appellés communémentMembres associés & alliés de la Suisse . Ils ne font pas tous reconnusdans cette qualité par tous les Cantons. D’ailleurs les degrésde leur liberté particulière varient si fort, & les conditionsde leurs alliances font si différentes, qu’il est a-peu-près im-possible de donner de PEtat de ces Confédérés une définition
SCc. D E LA SUISSE. i S7
applicable à toul. En comparant les traités d’alliance des villesde Saint-Gall 8c de Mulhaufen , avec ceux des derniers cinqCantons , il semble que toute la différence se réduise à celledu titre de Orth ou Canton , 8c aux droits accordés à ceux-ci envertu de ce titre, de participer a la Régence des pays conquisà frais communs. D’autres de ces Etats associés promettentaux Cantons protecteurs obéissance 8c service. On volt sur-tout par l’exemple des villes de Rottweil (18) Sc de Mulhau -fen (19), que Pengagement avec les Associés est plus foible 8cplus précaire que celui entre les Cantons. La prérogativeattribuée par un long usage a quelques-uns de ces Etats alliésd assister par leurs Représentans aux conférences appelléesDietes , est encore une distinction plus apparente que réelle»'C’est un moyen direct pour mettre leurs demandes fous lesyeux de leurs protecteurs, c’est le droit de proposer un avisfur les intérêts communs de la Suisse. L’avantage essentielde cet attribut dé Associé & dé Allié de la Ligue des Suisses ( Zuge-wandte der Eidgnojfenfchaffi ) pour ces Etats unis par des traitésauxiliaires avec un nombre plus ou moins grand des Can-:tons, est de conserver leur liberté sous cette protection8c de participer, dans leur qualité de Suisses, à l’indépen-dance de la Nation de toute domination étrangère ( indépen-dance reconnue dans le traité de pacification générale del’Europe, en 1648 ) 8c aux immunités accordées à tous lesSuisses, tant en France que dans d’autres pays voisins.
\éAbbaye de Saint-Gall possédoit un territoire fort considé-rable avant la révolution qui, au commencement du quin-zième siècle, détacha de son domaine le pays déAppen-qell. Elleavoit acquis en 1468 (20) le Comté de Toggenbourg. La craintede se voir dépouiller de quelques terres par les Bourgeois deSt.-Gall, avoit décidé TAbbé Caspar de Bráten-Landenberg , àmettre son Monastère sous la protection des quatre Cantons,Zurich , Lucerne , Schweitz 8c Claris , par un traité deCombourgeoisie perpétuelle, en 1451 : il les reconnoissoitpar cet acte pour seuls Juges entre ses peuples & lui. Depuiscette date, ces Cantons établissent chacun à leur tour unOfficier à Wyl, qui , avec le titre de Capitaine du pays , Lands-Ilaubtmann , est le gardien des droits réciproques de PAbbaye8c des Sujets, 8c qui prend connoissance des causes criminelles.La pension de cet Officier a été fixée par une conventionparticulière (21), en 1597. Immédiatement après l’achat duComté de Toggenbourg, p Abbé Ulric Rocfch avoir • conclu (22)fous ce nouveau titre, un traité de Combourgeoisie perpé-tuelle avec Schweitz 8c Glatis, pour contrebalancer l’effet decelle que ces deux Cantons avoient contractée (23) en 1436avec les Communautés de Toggenbourg. Les Abbés de Saint-Gall
Gj) Saìnt-Sapharìn la conclut à la Haye le 21 Juin 1712; le mèmn voye signa auífi le 8 Janvier 1714 , la Capitulation entre les Etats-Générau x 8c le Canton de Berne. Par l’article V du Traité d'Union, les Hollard°is promettoient à ce Canton un subside pour sa défense, & garantissoieres terres de fa Souveraineté contre toute attaque des Puissances étrangeles > à l’occasion de la guerre intestine d’alors en Suisse. Ces Traités forrapportés dans le Corps universel diplomatique du droit des Gens, par Dumontî- VIII. Partie I. p. 500-304. Amsterdam 1731, in-fol. dans les Mémoires aLamberti, T. VIII. pag. 517 528. à la Haye 1730, «-4. & dans YHistobMilitaire des Suijfes , par M. le Baron de Zur-Lauben , T. VII. pag. 503-511(16? Elu Bourgmestre de la République de Zurich en 1652, mort le 1évrier 1669. Voyez fa vie dans le Diít. Hist. de M. Leu , T. XIX. pag
*87-189, Voyez aussi le premier tome de la Description Topographique da Suisse, par M. Faesi, p. 196. .
( * *7 ) T. I. pag. 49-50.
(*8) Rottweil ville Impériale, en Souabe, conclut une alliance perpéRuelle le <s Avril 1519 avec les Treize Cantons. Depuis 1632 les guerrtAllemagne ont affoibli, pour ne pas dire éteint, toutes ses liaisons ave
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le Corps Helvétique; les Cantons réformés les ont négligées les premiers.Voyei l’article de cette ville & son alliance avec les Suisse, dans le quin-zième tome du Dict. Hist. de la Suisse, par M. Leu, pag. 469-482.
( 19 ) Mulhaufen ville Impériale, dans le Sundgau, fit alliance perpétuelleavec les XIII Cantons en 1515. Les Cantons Catholiques mécontens de faconduite, la rayèrent du nombre de leurs alliés en 1586. Depuis cette époqueelle est seulement confédérée avec Zurich, Berne, Baie & Schafhausen.
(20) Contrat d’achat & de vente du Comté de Toggenbourg, entreUlric, Abbé de Saint-Gall, & Petermann, Baron de Raren, vendeur ,pour le prix & somme de 1450 û florins du Rhin, à Lutisbourg le jeudiavant Saint-Thomas , Apôtre ,1468, avec la confirmation de cette vente parl’Empereur Frédéric IV, & l’invesiiture du Comte de Toggenbourg,donnée par ce Prince à Ulric, Abbé de Saint-Gall, à Gratz le vendrediaprès T exaltation de la Saint-Croix 1469. Corps Diplomatique du Droit desGens , par Jean du Mont , Partie I. Tom. III- p- 402-404 8c 406-407.
( 2i ) M. Trumpi , Chron. de Glatis, pag. 305-306.
( 22 ) Le mercredi qui précède le jour de Saìnt-Gtorge , en Avril 1464.
( 23 ) Tschudi, Chr, Kelvet. T. II. p. 224-225.
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