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Tome deuxieme et dernier.
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i2 TABLEAUX D

ques qui peuvent répandre une grande clarté fur This-toire helvétique du moyen âge ; on y distingue auffiune bible en latin , que Charlemagne donna aux cha-noines de Zurich . Plusieurs magistrats 6c particuliers ypoffeâent des cabinets de médailles qui ont beaucoup demérite.

A Winterthour , ville du canton de Zurich, il y a unebelle bibliothèque publique & un cabinet de médaillesgrecques 6c romaines, dans lequel on volt divers monumensantiquité trouvés au village du vieux TUmtenhour iqui étoit le Fitodurum des anciens.

La bibliothèque publique de Berne est peu volumi-neuse , mais aífez bien choisie. C’est le jugement qu’en aporté M. de (p) Tjcharrier. Elle est placée dans P anciencouvent des Cordeliers. On y trouve un médailler, un■cabinet d’antiquités 6c d’histoire naturelle. Cette biblio-thèque a été formée des débris des bibliothèques queïéc at découvrit en 1528 , dans les divers couvens sécu-larisés du canton, particulièrement dans la chartreuse deFhorberg. Ces objets précieux resterent fans ordre, juf-qu’en 1586°, que le doyen Faedminger y ajouta fa col-lection de livres ; & depuis cette époque , le nombredes bienfaiteurs augmenta. Jacques Graviset de Liebek ,citoyen de Berne, Tenrichit de la bibliothèque du célé-bré Jean de Bongars , qu il avoit achetée, 6c qui con-tenoit feule plus de cinq cens manuscrits. L’état consacraen 1740, une somme considérable pour Taugmentationde cette bibliothèque. On y compte présentement plusde douze cens manuscrits rares 6c importans. On y voltles portraits des avoyers de la république , 6c ceux desdoyens de Berne , qui ont vécu depuis deux cens ans.Les étrangers voient aussi avec satisfaction les médaillers

de MM. de Halli 6c Sprungli .

Des amateurs parmi les citoyens cSArau, ont formé >depuis quelques années, une bibliothèque publique danscette ville. Le nombre des livres s’y accroît journellement;la libéralité des voisins , même catholiques, contribue aleur augmentation. On exige und légere redevance an-nuelle de ceux qui empruntent des livres de cette biblio-thèque naissante.

Zojjìngen , autre ville municipale du canton de Berne,-où il y a de riches bourgeois, a aussi une bibliothèquepublique qui doit son établissement à la générosité deplusieurs amateurs.Indépendamment d’une nombreuse col-lection de livres rares 6c choisis que possede cette biblio-thèque , elle est enrichie d’un cabinet curieux d’antiquités6c de médailles ; on y trouve entr’autres monnoies desévêques, des comtes 6c barons de l’ancienne Suisse, cellesque la ville de Zoffingen, faifoit frapper fous les empe-reurs Carlovingiens , Saxons 6c des maisons de Franco-nie 6c de Souabe, & encore dans le XIV e siécle fous lesducs d 'Autriche. L’origine de cette bibliothèque remonteà l’an 169y ; ses progrès ont été rapides ôc heureux . ony trouve des manuscrits intéressans fur 1 histoire de la

Suisse. t

On remarque , f à Lausanne , la bibliothèque de 1 aca-démie. L’état de Berne donne annuellement cent florins

E L A SUISSE.

pour l’augmentation de ce dépôt. L’établissement de cettebibliothèque, date de Tannée 1549.

Passons à la ville de Lucerne , la capitale du premierdes Cantons catholiques. La bibliothèque que les Jésuitesy avoient dans leur collège a été conservée dans son an-cien emplacement, 6c elle est consacrée à Tubage des sé-nateurs 6c des citoyens amateurs des lettres 6c à celui desprofesseurs. Mais ce qui paroîtra fans doute étonnant,c’est que la bibliothèque des Capucins soit beaucoup plusconsidérable que celle des Jésuites ; on y trouve des édi-tions choisies dans tous les genres de sciences 6c de belies-lettres. La salle ou elle est placée est grande, belle 6cornée des portraits des Nonces qui ont résidé à Lucerne ;ce dépôt consacré aux lettres surprend tous les voyageurs :en effet, à l’exception de la bibliothèque du couvent desCapucins de la rue Saint Honoré à Paris , ces religieuxn’en possedent peut-être nulle part une aussi riche 6caussi-bien assortie que celle de Lucerne. Cette bibliothè-que a éé formée à Rome par le pere Michel Wickart(y) àtZoug , qui avoit été nommé en 1733 , secrétairegénéral de son ordre. Ce religieux jouissait d’une hauteconsidération dans la capitale du monde chrétien où ilavoit été fixé par fa charge pendant une longue fuited’années. On assure que le pere Michel étoit très-verfédans la connoissance de toutes les langues de l’Europe ,6c qu’il éctivoít avec délicatesse 6c avec pureté. Son prin-cipal ouvrage, le bullarium., ou bullaire de Tordre desCapucins, a paru à Rome, en 1751 , en sept volumesin-folio. Tous ses momens de loisir étoient consacrés à lalittérature pour laquelle il avoit la plus vive inclination6c des taíens marqués; il faifoit consister son faste à meu-bler sa cellule de livres choisis 6c. les plus précieux. Lalibéralité de ses protecteurs venoit au-devant de ses désirs.II s’enrichissoit des dépouilles de l’ancien Latium , 6c lesdestinait généreusement à la province de-íòn ordre , où ilavoit fait rémission de ses vœux : je dis généreusement,parce que, malgré les attaques que la jalousie de quel-ques-uns de ses confrères Suisses lui avoit livrées à Romemême , pour y affaiblir fa considération, il n en avoitpas moins le plus sincere attachement pour son ordre.Supérieur a tous les mouvemens naturels du ressentiment,il méprisa les assauts de 1 envie & ne destina pas moins ses,richesses littéraires à cette même province , d’où étoientpartis les traits de Tanimosité. Enfin, affoibli par lage 6cle travail, il fe retira à Thofpice du Mont S. Antoine ,au diocèse de Cotre , dans le pays des Grisons, pour finirtranquillement ses jours. II y vécut plusieurs années ,jouissant de la considération universelle Ôc généralementrespecte dans tous les couvens de son ordre ; son méritetranscendant, 6c son caractère d’urbanité 6c de douceurayant désarmé 1 envie , & forcé íès ennemis à lui rendrela justice qui lui étoit due. II avoit passé à Thofpice duMont Sdint-Antoine , des jours aussi heureux, que lesincommodités qui lui étoient survenues à la fuite de seslongs travaux pouvoient lui permettre, lorsque le désirde revoir sa patrie le porta à quitter cet asyle pour serendre à Zoug\ il y mourut peu de temps après son

l) Dict. Géog. Hist. Pol. de la Suisse, Tom. I, pag. im*

0 Avant sa profeffion , il se nommoit Joseph-Lazare ÏÏic ar ou

Voyez Leu, Dict. de la Suisse, Tom. XIX ,

p. 443-

arrivée,