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Tome deuxieme et dernier.
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X L I X.

MŒURS DES SUISSES,

I. Dans les Etats Aristocratiques ;

ÏI. Dans les Etats Démocratiques ;

III. Dans les Etats Arifio-Démocratiques ;

P. .

chapitre sera composé danecdotes & dobservations9 u e j ai recueillies dans mes voyages , & quç jai puiséesdans divers écrits & dans différens entretiens avec desPersonnes instruites des mœurs du pays. Si ce résumé^ Ere pas au lecteur tout Tordre quil deílreroit dansUne naatieré auíïï intéressante que peut lêtre celle que jeJs ais ^aiter; sil remarque que le style se ressent des dif-rentes sources dans lesquelles jai puisé mes matériaux,J e spere du moins que, len ayant prévenu, il fera assezindulgent pour ne pas mappliquer le reproche qu'un respec.^ble Prélat ( M. (t) Louis-François-Gabriel cCOrléansf Motte , Evêque cCAmiens ) fit adroitement à un Pré-teur qui avoit composé un sermon de lambeaux de Bour*dp-loue , de MaJJLLlon , de Ségaud & de la Rue. Le cha*f ltre des mœurs est un vaste champ & une matière délicatea traiter, je dirois même embarassante, sur-tout si je mim-P°sois la loi détendre mes observations fur les mœurs des® Cc lésiastiques tant séculiers que réguliers; mais je préviense lecteur que je mabstiendrai de toute critique , qui pour-l0lt I eur être relative ; jai ouï dire que Greffèt avoit con-^sinné au feu les deux Chants ( 2 ) quil avoit destinés à^ e ajoutés à son Ververt , Poème qui retrace la naïvetée la Fontaine . Cet exemple de réservé minterdit toute

IV. Dans les Etats dont le Gouvernement a uni

forme Monarchique ; <

V. Dans les Bailliages médiats êC immédiats *

espece de glose contre les mœurs des Couvens ; cest litssanctuaire que je respecte. Je me bornerai donc danschap tre à Tesquisse des mœurs des Suisses non cloîtrés,mais enclassés dans la sphere des citoyens & des agricoles.Un de mes amis, Suisse de naissance, me communiquadernierement les remarques quil avoit faites fur un Ou-*vrage qui a pour titre : Les v ; ) Soirées helvetiennes , al -*jaciennes òefran- comtoises de M. le Marquis de Pe\ai ( 4 )»Je vais copier ces remarques dont la critique ma paru faine& judicieuse. Eh que m apprend ce livre , des Moeurs desSuisses? Peu ,pour ne pas dire rien. L\Auteur ejl un élégantvoyageur , gâté par la réminiscence de la Capitale , à la*quelle il sacrifie toutes les objervations qu il vernit de fair&au galop dans la Suisse. il blâme l'intolérance des deuxCommunions. 11 fait le procès à la Bibliothèque de Bâle ,farce quelle n ejl pas comparable à celles de quelquesBibhomanes de P ans. Ce dédain he devoit cependant pasVempêcher de noter ce qu il y avoit de curieux . 11 tourn&en ridicule la j aile sétoit assemblé le fameux Concilede Bâle mais y aviegyous bien réfléchi , M. le Mar*quis ? Si vous ave\_ vu à Coriflànce , ainjl que moi 9à la Douane , la jâlle se tint le Concile , SC l'onmontre encore les fauteuils de velours suranné , dans les

A ^ Q u ON me permette de rapporter quelques autres traits de ce Prélat,JVI p f moirls connus, 8t qui prouvent également la finesse de son esprit.< j e d Amiens saison t tous les ans une retraite à Seft-Fons , Abbaye

*ìuil f rC ^ OreMA, de létroite observance, au Diocèse àAutun; lors-^ a ^a la derniere anne'e de sa vie, le Prieur, à la tête de son Couvent*haranguer , en se félicitant de posséder un Saint dans la Commu-j? e î ^ a J°utant quil ne doutait pas que, pendant son séjour à Sept-ne des miracles. Mais M. de la Motte, qui étoit de Carpentras ,jj et i ^ 11 avec laccent de son pays : Ah ! monsieur le Prieur , je me garderai

Un 6,1 f 0 * ÍCZ " ° n ne me ^ eS attr ^ uero ! t P asc onn 6 dévote d'Amiens , sadressant un jour à M. lEvêque, qui la

t 0 j t- 01t très-bien, lui témoigna son embarras fur le rouge quelle met-p e e ^ e disoit que cela répugnoit à ses principes, mais que son mariVotre 0l - â £ ^ e ' ^ bien , dit le Prélat, on peut vous mettre daccorddès qifijyj ù veut, mettes-en d'un côté pour le satisfaire.le M ^ M° tte av °h so tête presquentiérement dégarnie de cheveux ;Pour s a / ^ uc âe Duras lengageoit à prendre perruque, par intérêtluels ii ante à cau ^ e de lhumidité des Eglises & des inconvéniens aux-disoit ^onvoit être exposé en plein air. La nièce de M. le Maréchal luisemés coníraire Monseignnir , tout imprime che\ vous; ces cheveux clairs »]\tla;:i c if tent encore au refpeól que vous inspire £. LEvêque répondit : M. leest qusti ^ Uafi< b ù s'agira du point à:honneur , je prendrai votre avis ; mais siltrouve-° n T 0âtte , de parure, je prendrai toujours iavis des dames : ainsijq ì e mes cheveux.

Bv ant q ae C< ^ Ue d Amiens, âgé de quatre-vingt-neuf ans, dit, quelques joursreiî iede s 6 ^ tïlouf * r > à son médecin, qui le félicitoit fur le bon effet desl' * 11 ! lui avoit administrés, en laílurant quils lui faifoient con-

noître la nature de la maladie : Ave^-vouS voyagé ì Oui , Monseigneur

Ave\-vous été d Carpentras ì - Non, Monseigneur.* b.k bien, allp-y %

conjuheçy les registres des baptêmes, £> voué y trouVerei la nature de ma maladie »( 11 étoit en cette ville en > 68; ).

(» J De ïouvroìr & du coucher des Religieuses. Je me rappelle ces ver*du chant de Vouvroir s

II est un lieu tapissé de sentences ;

Temple secret des petites sciences,

Armoirié du chiffre des vertus *

DAnges vainqueurs & de Diables vaincus.

Ce chant finissoit avec le projet de jouer Atháliè de Racine. Le joui dela représentation fixé, invitations de toutes parts, répétition finale faite*une catastrophe subite dérange tous les projets. La veille de la représen-tation, du triomphe, la jeune Religieuse qui devoir faire Joas, tombemalade & meurt. Grande désolation, grande rumeur dans le Couvent 5cependant, malgré ce terrible événement, le désir de jouer Athalie nestpas éteint. La mort de la jeune Religieuse ne fait que suspendre la repré-sentation , qui trouve pourtant encore un obstacle dans une violente que-relle parmi les vieilles Religieuses, qui se disputent à qui jouera le rôle deJoas. Le chant se terminoit à cet endroit.-

(;) Amsterdam & à Paris* 1771 , inni

( 4 ) On a aussi de lui, indépendamment de jolis vers, les Campagnesde M. le Maréchal de Maillelois, en trois volumes in- 4 0 * avec un volumede cartes, en forme d'atlas. Cette superbe édition a paru à Paris en 1775,M, de Pezai est mort en r 7 77. ,

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