PHILOSOPHES ET
M. de Gerardin l’a fait embaumer ôc mettre dans un cer-eueil de plomb , pour l’enterrer dans ses beaux jardins ;il a choilì Yìsle des Peupliers , où Roujseau fe plaisoitpendant sa vie , ôc où il lui a fait dresser un monument.Nous croyons ne pas pouvoir mieux finir cet article, qu’enY ajoutantle portrait que Roujseau fait de lui-même :
Plus ardent qù éclairé dans ses recherches , maìssn-cere en tout , même contre lui ,* smple SC bon , mais f n-sb le SC faible : faisant souvent le mal SC toujours aimanthe bien : Hé par C amitié , jamais par les choses , SC tenantplus à ss sntimens qùà ses intérêts : n exigeant rien deshommes SC tien voulant point dépendre , ne cédant pasplus a leurs préjugés qùà leur volonté , SC gardant lasenne auffi libre que sa raison : craignant Dieu sans peurde l enfer , raisonnant fur la Religion Jans libertinage ,n aiJ nant ni P impiété ni le fanatisme , mais haïssant lestutolerans encore plus que les esprits forts : ne voulantconfier fa façon de penser à personne : sans fard, fansartfce en toutes choses y disant ses défauts à ss amis ,ss sntimens à tout le monde , au public ses vérités fansflatterie G sanssel; &se souciant aussi peu de le fâcher quede lui plaire.
H y a une édition de ses Œuvres diverses , 9 volumesttt-% . ôc in -12 , Julie en 4 , Emile en 4 , ce qui fait dix-lept volumes ; depuis fa mort il a paru un dixieme vol.
Pauvres diverses. Les dix - sept volumes avoient étéimprimés à Amsterdam en 1762. On prépare à Genèvechez la Société typographique une édition complette^ es écrits de ce Philosophe, in - 4 0 . & in - 8°., avece portrait de PAuteur; elle sera ornée d’estampes gravéesP ar ^ es plus habiles Artistes d’après les destins de M. Cochin •^ette édition superbe par le papier ôc les caractères con-frendra les écrits de Rousseau , tant imprimés que ma-nuscrits , parmi lesquels ses Confessons ( 62 ) ; ses Obser~Vatl °ns fr le Gouvernement de Pologne j ses Lettres -celle a M. le Maréchal, Duc de Luxembourg , fur la^ Ul lf e en général , G particulièrementfurie Dal dePravers ,leu de son domicile y ss Lettresfur la Botanique 3 ôíc, &c >Plusieurs Cardinaux discouroient un jour sur les Ouvra-ges de Jeat>Jacques Rouf eau en présence de Clément XIV-( Ganganelli ) C es un Peintre , dit le Pape , qui manque° UÍ '-S les tetes , SC qui n excelle que dans la drapperie.
Pien des gens dignes de foi (63) assurent que le Ci-toyen de Genève , dans fa derniere retraite, prenoit foinune bonne-femme du village ; & qu’on a trouvé cettePauvre paysanne accablée de la mort de Jean - Jacques0u JJeau y a genoux devant le tombeau de son Bienfai-teur. Les particuliers qui Pont prise sur le fait, lui ayantemandé pourquoi elle étoit à genoux ? hélas ! dit-elle ,I e Pleure SC je prie. Mais ma bonne , M. Rousseau n’étoitP Mt Catholique. II m a fait du bien , je pleure SC je^ ^ UC avec toutes les peines du monde qu’on ar-
aC a< ^ e l a tombe cette bonne femme qui fondoit en larmes.
MATHÉMATICIENS, w
Qu’on nous permette de placer à la fin de cet articleces deux vers latins de M. Pabbé Bofòovich (66 ), par léssquels il a voulu apprécier le style de Rousseau SC celui de Vol-taire , l’un ayant la force S Hercule , ôc Pautre brillant parles éclairs du feu S Apollon,
RouíToas ìíerculeo sortis fer/none triumphat 3Voltaire Apollineo fulgurat igné micans,
Schmid ( Cafpar ) , dune noble famille de Zurich ,Capitaine au service de Savoie dans le régiment suisse deFaiio , mort en 1738, a laissé en latin le EantàJJinsuisse 9174 6 , in-8° , ôc un Traité des Fortifications , 1747 , àZurich, i/z-8°. Ces deux Ouvrages sont écrits en allemand.'
Schmid ( Sébastien ) , de Zurich , Ministre du Haut*JVinterthour en 15 do, donna au Public, en 1579, à Baie jplusieurs Traités d’Astronomie , de Géométrie , de Physi-que , ôte. 3 entr’autres un ouvrage intitulé, Supputatio Ho «rologiorum solarium arithmetica , in-folio.
Spleíjs( Etienne ), de Sckajshausn , Professeur de Lo-gique ôc de Mathématiques en cette ville, en 1671 , apublié plusieurs Ouvrages de Géographie & d’Astronomie.Son fils Jean-Jacques Spleisf , aussi Professeur de Mathé-matiques en la même ville en 1716, a composé plusieursTraités d'Astronomie, qui font imprimés.
- Suider ( Jean-George ) , né à JVinterthour , dans le Can-ton de Zurich, en 1721, savant très-céíèbre, mort à Berlinle 25 Février 1779 , membre de l’Académie Royale decette Capitale, a donné plusieurs Ouvrages importans ,entr’autres ceux-ci : Description des Antiquités découvertesau village de Nider Lunneren dans la Seigneurie de K no-nau , Zurich, 1741 , in -4° , en allemand ; Entretiens furles Comètes , ‘Zurich , 1742 , in-S °, en allemand ; Editionde P Histoire naturelle de Scheuch^er, avec notes, Zurich,1746, in-f , deux volumes en allemand ; Recherches furla formation des Montagnes , Zurich , 1746 , i/z-4 0 , estallemand ; ôc plusieurs Mémoires philosophiques, moraux,d’autres fur la Physique, les Mathématiques, &c., écrits estallemand ôc en srançois.
Travers ( Jean-Victor, Baron de ) Grison, Lieutenant-Général des armées du Roi, est mort à Paris le 3 Sep-tembre 1776. On a de lui P Etude militaire pour servisd'instruction méthodique de P art de la guerre , imprimée àParis, in- 12, en deux vol. C’estun extrait raisonné du Traitéde M. le Maréchal de Puységur sur Part militaire.
Trembley (Jean de) de Genève , a donné YlrflruclionÙun pere à ss enfans fur la Nature de la Religion , dontil y a une traduction en allemand, imprimée à Leipfig est1775, en deux volumes; le Traité original a été réimprimé àGeneve', 1779, in- 8°, en trois parties.
JVaegeli ( Daniel), natif de la ville dè Saint-Gall , átraduit en allemand plusieurs morceaux des Ouvrages dèMM. d 'Alembert , Tronchin ôc Rousseau. II a publié , est1762 , in- 8° , à Saint-Gall , la Défense du goût moral
j 1 ÊcIiappa à u» des amis de Rousseau de dire dans la conversation10mrr ‘ es «oient méchans. Les hommes ? oui , répliqua le Philosophe iaiS rh °mme ejì loa.
(63) ^ lmanacl1 littéraire, ou Etrennes d’Apollon , 1780, p. 141.
J'Euro E , Ex-Jésuite, l’un des plus habiles Mathématiciens de
Us Ec!' f ' aUîeur de plusieurs Ouvrages profonds 8 c gracieux. Son Poëmec l PJ ( s , en six Chants - qui parut en latin à Londres
en 1760, Sc qui
fut réimprimé l’année suivante à Tsnise, offre tant de gracê, qu il sembléêtre du siecle à'Auguste. C’est le jugement qu’en ont porté les Auteuts desActes de Leipsicl r. Ce Poëme qui intéresse également les Amateurs de làPhysique 8 c ceux des Belles-Lettres, a été traduit en srançois par M. P Abbé dsBarruel, Paris , 1775) , in- 4 0 . Voyez le Journal des Savans , Mars 1780 , p. 497--S26. Paris, in- n. 11 fe vend chez Lapone, Imprimeur, rue des Noyers »à Paris.