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Tome deuxieme et dernier.
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' TABLEAUX

Lustra navem & médium vixit : lustra ante (6;) LutherumPoftque tuas lustro funchts j Erasme (6-6), rogos. ^

Astra quaterjena Septembris luce subïvlt :

Ostk Salisburgtt nunc ùneresque jacent.

La devise de Paracelse étoit: Alterius non fit qui finisesfepotest', elle marquoit bien findépendance de son esprit.On voit avec son portrait l’écu de ses armes chargé dehuit croifiettes ,3,2,2 & 1 , ayant au milieu un écussonà la bande, chargé de trois beíans.

Nous terminerons l’article de Paracelse par quelquesanecdotes (67) qui pourront contribuer à faire encoremieux connoître cet homme original.

On fait que Paracelse voyagea beaucoup, consultanttous les Savans qu il rencontroit, jusqu’à ceux qui se fai-soient passer pour Magiciens. II acquit de très-belles con-noissances ; mais fa vanité lui persuada qu’il en savoir plusque tous les Savans de son tems. Les Magistrats de Baiel’ayant engagé, pour un honoraire considérable, à pro-fesser la Médecine dans leur ville, il s’appella le Docteur-des Docteurs. Gravement assis dans fa chaire à la premiereleçon qu’il donna, il fit brûler les Ouvrages de Galìen&d’ Avicenne 3 & s’adressant ensuite aux Médecins & auxSavans : fiache , leur dit-il, que mon bonnet efil plus sa-vant que vous > que ma barbe a plus d'expérience que vos'Académies. Grecs , Latins , François , Italiens j je fieraivotre Roi. II promit après cela à ses auditeurs de leurdonner î’immortalité parses médicamens chymiques. Ayantquitté Baie , comme nous savons dit, parce qu’une curequ’il y avoir faite ne lui avoir pas été assez bien payée ,il alla en Alsace, & de là en Allemagne. L’EmpereurMaximilien, qui étoit dangereusement malade, lesit ap-peller; notre Philosophe , après avoir examiné la maladiedu Prince, tira une pilulle de la poignée de son épée ,& la lui sit prendre. L’Empereur fut soulagé dans l'ins-tant, ôt fa santé se rétablit si parfaitement, qu’il alla lelendemain à la chasse ; les éloges que Paracelse reçut àce sujet, exaltèrent son imagination naturellement bouil-lante. II s’échauffa encore par le vin , fur lequel il ne gar-doit aucune modération. II passoit souvent une partie dela nuit à boire avec les gens du peuple. Lorsque, r,etiréchez lui, il avoir dormi quelques heures, il se levoit enfurie, prenoit son épée , & en poussoir de grands coupscontre la muraille. Après avoir ainsi éveillé tout le voi-sinage, il appeiioit son Secrétaire, qui avoir de la peineà se garantir de ses fureurs ; & lorsqu’il étoit un peu tran-quille , il lui dictoit les Ouvrages qu’il nous a laissés. CesOuvrages comprennent deux cens trente Traités, tousimparfaits. On y trouve un Système de Religion; il en fitLin autre de Médecine : par ce dernier il prétendoit pro-longer la vie des hommes aussi loin qu’il le jugeroit àpropos. M. Saverien , dans son Histoire des Philosophes■Modernes (tome VIII) , a fait voir jufqu’ou Paracelfie

de la suisse ,

porta ses recherches, & à quelles découvertes elles le con"duisirent. On doit à ce Savane fart de préparer des mé-dicamens par la Chymie, celui de la Chymie métallique ,la connoissance des vertus de f opium & du mercure, leSystème des trois Principes; savoir, le fiel, 1 1 soufre &le mercure , que Basile Valentin, qui succéda à RaimondBulle, n’avoit fait qu’entrevoir, II publia les véritablesmaximes de la Médecine , écrivit fur la Chirurgie, qu’ilentendoit très-bien, & fit conoître les principaux remèdespour guérir toute forte de maladies.

Peyer-Im-Hof { Jean-Conrad), né à Schajshaufien en165-3 , reçu Docteur en Médecine à Bâle en 1681, & lamême année Membre de Y Académie Impériale des Cu-rieux de la Nature à Vienne , Professeur de Physique àSchaffhausen, mourut en cette ville le 25? Février 1712.On a de lui plusieurs Ouvrages d’Anatomie, de Méde-cine très-estimés. Ils sont écrits en latin. Quelques - unsde ses Mémoires ont été insérés dans le recueil des Mificellanea Academite Naturce Curiofiorum.

> Plater ou Platter (en latin Platerus) (Félix ) , né à (68)Bâle en iy 3 6, fils du célèbre Philologue Thomas Flat-ter, Vallaisan, qui s’étoit retiré à Bâle, ayant embrasséla nouvelle Réforme, fut reçu Docteur en Médecine àBâle en 15-5-7, créé Recteur de l’Université de cette villeen 1570, & remplit cette dignité jusqu’en 1606. II mourutà Bâle le 28 Juillet 1614, fans enfans, ayant vécu 56ans avec fa femme Magdeleine Jéckelmann. On a de luidivers Traités de Médecine en latin. Son cabinet est Histoire.Naturelle a fait long-tems l’un des principaux ornemensde la ville de Bâle ; mais depuis l’extinction de la famillede Plater , il a été dispersé & détruit.

Prévôt , en latin Prevotias ( Jean) (6§), natif de la villede Dèlemont, en allemand Deljpeg, dans la Principautéde l’Evêque de Bâle , Docteur en Médecine à Padoue,mort de la peste en 1631 , à 46 ans, a laissé divers Ou-vrages fur la Médecine, en latin ; ils ont été imprimés tousensemble en 1660 à Francfort-fiur-le-Mein.

Ragor ( Daniel ), de Berne, du grand Conseil de cetteRépublique en 1601 , Baillis de Gottstadt en 1612 , &de Thorberg en 1625 , Poète couronné, mourut en 1648-On a de lui le Jardin des arbres SC des plantes, impriméà Berne en 165-0 , in-$°, en allemand.

Ritter ( Jean-Jacques ) , né à Berne en 1714 , célébréMédecin, membre de Y Académie impériale des Curieuxde la nature de Vienne en 1740 , embrassa la secte desMoraves, & s’établit en Silésie. II étoit aussi habile Ma-thématicien ; l’on a de lui plusieurs traités d 'Horlogerie ,de Mathématiques & de Chirurgie ; il a été son propreBiographe. Cette vie (70) est des plus remarquables, parla naïveté extraordinaire de ses expressions & par fa véra-cité. On y trouve des anecdotes très - curieuses. Ritterétoit (71) homme d’un grand mérite, mais singulier, & quís’est enfin retiré chez les Sectateurs de Z in^endorj.

(65) Luther mourut à Isleb en Saxe, le 11 Février 1546.

(66) Erasme mourut à JBâle le 12 Juillet 1/36.

(67) Anecdotes helvétiques , p. 116-12,9. Dans la premiere partie des Anec-dotes des Républiques à Paris, >77!, C ’ eíl dan s les Mémoires manus-crits de M. le Baron de Zur-Lauben , que l’Editeur de ce recueil intéressant apuise' la plupart des Anecdotes helvétiques.

(68) Athence Rauriae , p. 181, 182. Voyez aussi le portrait de FélixPlates, à la planche 19;.

(69) Dîct. Hist. de M. l’Abbé Laâvocat , tome III, p. 211. Paris 1777,i/1-8 0 . Witte diarium liographicum. Tomafinì elogia. Leu , Dict. Hist. de laSuisse, tome XIV, p. 66t.

jeari-jacques lutter , dans

ics mémoires de Boerner ,concernant les célébrés Médecins de notre tems. Tome II, part. I, p. 81-171.

(71) M. d e Halle r, fils, Conseils pour former une Bibliothèque Histori-que de la Suisse, p. 70. Berne, 1771, in-iz.

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