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Tome deuxieme et dernier.
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PHILOLOGUES,

tïen Brant , qui le dédia à Rermann , Archevêque deCologne : Clarijsimi viri Juriumque Docloris Felicis Hem -merlin , Cantons quondam Thuricensis , varice obleclationisOpujcula êC T raclai us , in-folio, en lettres gothiques. Onvoit au frontispice du livre la figure de Malleolus en robede Chanoine, portant un livre dans la main droite, ôt pré-sentant avec la gauche un petit marteau, instrument quirépond au mot latin de Malleolus , en allemand Hemmèr-lin. La tête de l’Auteur est assaillie par des guêpes & desbourdons; on lit ces vers air bas de la gravure en bois:

Fdicis fi te ïuuat induisisse lìheUisMalleoli : prefens dihge Leclor Opus.llltus ingenium variis ficabronibus aclumPerspic'is : & fiimulos fufiinuijfe graves.

Cafibus adverfis ( aurum velut igné ) probatus :

Hojlibus ufque fuis Malleolus acer erat.slinc fibi conveniens fortitus nomen ut effet :

Hemmerlin diclus : notnine : reque : Jlatu.

At felix tandem : viùoque illefius ab ornai,

Carceris è tenebris Jydera clara subit.

Le premier Opuscule de ce Recueil est écrit contra vali-das mendie antes , & dédié par Felix , Chantre de Zurich,a Henri , Evêque de Constance. C’est une satyre contre les■ Freres Mendtans , dits Loliards , Beghards , & contre lesHéguines. La piece suivante, datée de Zurich le premierJanvier 1438, est la suite de la même satyre. Parmi lesTraités de ce Recueil, il y en a encore plusieurs contreles Ordres mendians, contre la simonie & 1 orgueil desEcclésiastiques ; fur dissérens abus , fur l’usure, sur les exor-cismes, fur les revenans, fur les otages, fur Tannée du Ju-bilé , fur la liberté ecclésiastique, contre Tiniquité desJuges, &c. ; le recueil finit avec un dialogue de consola-tion pour les personnes injustement opprimées .Malleolusa laissé d 5 autres écrits qui ne font pas imprimés, ôt queIon conserve à la Bibliothèque de Zurich. On voit danscelle du Chapitre de Soleure plusieurs (70) livres qu ily avoit donnés, étant Prévôt de cette Eglise.

Manuel (Nicolas), de Berne , Seigneur de Cronay,Conseiller d’Etat de la ville de Berne, a traduit en Alle-mand la relation du Siège de Sancerre , écrite en François.Cn a auísi de lui, en Allemand, les Mémoires de la troi-sième guerre civile de France, fous le régné de Charles IX,unprimés à Berne en 15 74.

Morell (André)(7i),néà Berne le9 Juin 1646,mortcu Avril 1703 à Arnjladt fur la Géra , chez AntoineCunther, Comte de Schwargenbourg , son protecteur, aété l’un des plus habiles Antiquaires du dix-septieme siecle.

ANTIQUAIRES .

Son principal Ouvrage est intitulé : Thésaurus Morelllanusfive sanziliamm Romanorum numismata omnia , en troisvolumes in-folio , à Amsterdam en 1752, avec figures.On a aussi de lui d autres traités généralement estimés, furles médailles & la science numismatique, entrautres 3Specimen rei nummarice antiques , 1683 , in- 8°, &c.Morell avoit T art de dessiner avec la derniere perfectionles médailles. Toutes ses copies font autant de chef-d’œu-vres d’exactitude & d’élégance.

Murait (72) (Beat-Louis de) dune noble famille dela ville de Berne, s’étoit tellement acquis Pestime de fanation qu'o n lui attribua, comme nous Pavons déjà remar-qué, les poésies de Haller, lorsqu elles parurent. En par-lant des Lettres (73 ) de cet Auteur fur les Anglois ôc l@sFrançois, l’Abbé Desfontaines , ce Critique si avare d’élo-ges, ôt si porté à déprimer les talens, lui donne le nom deSuisse à la tête pensante. Mais on eût pu demander auZoïle François, si un Suisse à la tête pensante , étoit eneffet un phénomène si extraordinaire dans le temps où ceCritique écrivoit. Ignoroit-il que la Suisse comptoir, dansla feule famille de Bernoulli , cinq émules des Newtonôt des Leibnitsf Quels hommes étoient plus connus ôcplus cités parmi ceux qui ont le plus approfondi les ma-tières qu’ils ont traitées, que les Conrard Gessner ,lesFlattner , les Bauhin , les Zwinger , les Scheuch^er, lesLe Clerc , les Buxtorff , ôte ? Pour peu qu’on eût la moin-dre relation dans la République des Lettres , on connoif.soit un Werenfels , un Alphonse Turretin , un Jacques-Christophe lselin , un Croujas , ôc tant d’autres dont jepourrois grossir ma liste, si je ne craignois d’être ennuyeux.La Suisse s’étoit-elle rendue moins célèbre dans la partiedes arts? De qui Holbein n’étoit-il pas connu? N’étoit-cepas un Keller de Zurich qui avoit osé le premier fondred’un seul jet une masse aussi énorme que la statue équestrede Louis le Grand à la place Feudême ? Connoît-on unplus grand Médailliste que Morell , ôc dans ces dernierstems, Hedlinger ôc Dajsier ? La Fénus gravée par Thur-neisen de Baie, & son Laocoon n’étoient-ils pas placésparmi les morceaux les plus précieux dans les collectionsdes Amateurs ? Mais, comme l’observe très-judicieufementM. Frey , à la tête de fa traduction du Socrate Rustique ,si malgré tant de témoignages existans, les épigrammesde notre Auteur périodique ont trouvé des approbateursparmi des gens qui jugeoient d’une nation respectable d’a-près quelques mauvais contes dont on est rebattu dans cer-tains soupers, ôc qui fe figuroient que les Suisses ressem-bloient aux Suisses de porte; ces plaisanteries trouveroientpeu de rieurs aujourd’hui. Le nombre des Lecteurs inf

(70) Entr’autres un Psautier in-n , dans lequel on trouve la Sentenceâe l’Evêque de Constance, Administrateur de Coire, contre Hemmerlin.si 7 est aussi fait mention du Bourgmestre Ulric Blazer. On conserve dansla même Bibliothèque un bel exemplaire de la Vulgatt , in-folio. On lit à lafin de ce manuscrit :

Anno M. CCCC. XXXI, in die SanSli Urfi , Sìgìfnundu:, Rex R omanorum ,eratìnopidoFeltkilchj&vocavit considérâtes, &■ rogavitutfecùmtranfrentadLombardiajn.

Anna M. CCCC. XXX., ipsd die SanSli Urfi, ego Félix Hemerli , Decreto-rum Do&or prepofitus Solodorenfs , cantavi Mijfam in fummo Altari , quoi ab ho-mimbus hujus loci , non pus fuit vifum per prepefitum sieri.

si Y a dans la même Bibliothèque un Journal latin de tout ce qui s estpassé dans les Sessions du Concile de Bále; ce manuscrit précieux mente-*oit d'être imprimé. Le Journal a été' dressé par un Notaire-Juré du Con-

cile , Chanoine de Soleure, Jean Aal. Le style en est concis & nerveux; hformat de ce Tournai est un petit in-folio fur papier, d’un caractère très-menu.

f 7 i) Jean-Caspar Furjììn , Histoire des Artistes les plus célèbres de la.Suisse, avec leurs portraits, tomeII, p. 169-1 Pi- Zurich, 176p, in-i°. %

en allemand. . _ ■» , c

( 7 >) Le Socrate Rustique, traduction.de M. Frey , tome I, préfacé, p, vn

8c suiv. Lausanne, 1777) în - lz ’ fss*

Discours de M. le Comte dlAllon fur la Suisse , p- 95 -Etat & délices de la Suisse, tome I, P* 35 *» 353 , eduton de BâleJ1764, in- iz.

Leu Dia. hist. de la Suisse , tome XIII, p. 460. .

(73)11 y a une édition de ces lettres, de i7iS, N-Z.; une autre avecles lettres fur les voyages, & Y Esprit fort, en 1753,