TABLEAUX DE LA SUISSE.
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> le salaire de îa jfìlature soit baissé, on ne le perd pas~ w encore de vue; nos gens excellent dans l’art de filer.» 11 y a plus de cinquante ans que cet art est exercé dans» ce pays; les enfans y sont déjà habitués à l’âge de cinq,^ stx à sept ans. Ils peuvent ainsi gagner assez facilement» leur vie-; les personnes de la plus foible complexion
* peuvent aussi s’ocouper de ce travail, soit en été, àto sombre des arbres, soit en hyver, dans les poêles. Je
* laisse à d’autres à rechercher si notre peuple est capable» de travailler au métier le coton une fois filé ; s’ii pour-» roit s’habituer, ainsi que les Appen%elldis, aux caveaux» des Tisserans. Mais on devroit bien soutenir le crédit» de la filature sur le meilleur pied possible , en punissant» toute fraude de la part des fileurs , & en y apportant» l’attention la plus scrupuleuse. II y a aussi dans notre» Canton de bonnes fabriques d’ indienne , de perses , de» mouchoirs , sur-tout à Glaris & à Mollis , en teinture» bleue. Ce commerce fait honneur au pays, & lui pro-x» cure beaucoup de profit. II en est de même des bonnes» fabriques de ratine , des métiers de Tisserands & Bon-» netiers, Tricoteurs de bas, &c; beaucoup d’Ouvriers», s’en nourrissent, indépendamment de l’argent que le dé-» bit amene dans Je Canton; mais ce qui intéresse particw-» lierement, c’est le succès qui accompagne les entre-» prises des rubans & des étoffes de soie. On doit aussi» quelque considération à remploi du petit fil dans les-, habits, &c. &c. Tout travail qui apporte profit, a be-» soin d’encouragement.
» Comme notre pays paroît trop petit & trop écarté» pour un commerce étendu, beaucoup de gens ont» pris le parti d’aller chercher leur subsistance hors de la» Patrie, les uns avec un négoce, les autres avec unN autre. II y eut un temps, où beaucoup faisoient dev Youate avec de la soie , de la laine & du coton. Les», ouates font employées dans les pays étrangers aux lits» & aux habits. Ce trafic étoit d’un bon rapport. Ensuite» on entreprit de faire circuler par l’Allemagne & le» Nord, jusqu en Russie , la toile de lin, la mousseline,» de fines toiles de coton , ôt des étoffes de soie. On les ré-» pandit aussi dans l’Italie. Plusieurs de ces Entrepreneurs y» ont trouvé leur avantage; quelques-uns même d’entr’eux» ont fait une brillante fortune, d’autres ont eu le malheurH, avec les étrangers d’être les victimes de leur entreprise.» Quelques -uns continuent encore avec succès ce né-® go ce à Vienne , en Hongrie, en Italie, à Léipzig, à Ber-s> lin , en Prusse, jusqu à Riga & ailleurs ; d’autres en ont» retiré ce bon avis, qu’on lit dans le Pseaume 5 7 de David,® rejle dans ton pays , SC nourris-toi honnêtement ».
M. Trumpi pouvoit (19) ajouter à ces observations;que Glaris entretient un grand nombre de compagnies enFrance, en Espagne , à Naples & en Hollande, & que-ces services étrangers trop multipliés seroient très - oné-reux à un petit état, s’ii n avoir pas la facilité de tirerdes recrues des Bailliages qu’il poffede en commun avec
çfautres Cantons. ^
Le détail qui soit, sor le Commerce de Bâle, pourra
servir de supplément au tableau qui en a déjà été offert.
L’article des Epiceries forme dans cette ville un objetde circulation importante. On a établi dans le Canton desforges & des martinets , qui annoncent de nouvelles bran-ches de commerce d’une grande considération. M. Faefi fplein de zele pour les intérêts des Commerçans, après avoirdécrit les diverses fabriques du Canton de Bâle , se plaintamerement, Sc (20) avec effusion de cœur, que Pétât ac-tuel du Commerce de Bâle , quoique florissant, est encorebien éloigné de la splendeur où il devroit être dans uneville aussi avantageusement située. Sans doute si Guil-laume Tell y & ses preux compagnons pouvoient reve-nir au monde, ils partageroient avec reconnoiffance lesregrets du citoyen de la Heinat ; fans doute Braun ,Marier s y Stujsy & JValdmann se joindroient au groupedes fondateurs de la liberté pour consoler dans íà justepeine l’ancien Pasteur de la Paroisse d ’Utiken !
Passons au Canton de S oie ure. Quelques fabriques d’affeznouvelle date y promettent des succès ; Pune où l’on faitdes bas de laine , & une autre d ’indienne , présagentun avenir flatteur. La situation de Soleure sur Y Are qui sejoint au Rhin , mérite le calcul de tout commerçant, at-tentif spéculateur.
Le Canton de Schaffhausen est fertile en toute?sortes de productions; il donne beaucoup de vins, & d’uneassez bonne qualité. Les récoltes des divers bleds ne suffi'sent pas pour nourrir tous les habitans. On en tire le sop'plément de la Souabe. D’ailleurs, le pays est pourvu debelles prairies & de bons pâturages. Le commerce fleurità Schaffhausen, II y a une fabrique de coton ; on y travailleaussi en soie.
Le Canton tf Appen%ell doit tout le principe de fa libertéa la valeur martiale de ses ancêtres ; elle en a affranchi le§habitans de la servitude. Aujourd’hui leurs deseendanSse consacrent , partie à la vie agreste , ôc partie aUcommerce. Le bétail avec les cuirs, le beurre, les ff°'mages , &c, en forment la premiere branche. Cette éco-nomie feule occupe onze mille personnes. La filature enlin & coton, & la fabrication des toiles forment la fécondsbranche. L’art de la filature est poussé à un point de perfec-tion , qu’une livre de fil de coton , poids de vingt onces,fourn't (21) z6o à 400,000 tours de dévidoirs, chaquetour de quatre pieds ; le prix de la filature du fil le pl uSfin ne passe pas quinze à vingt livres , argent de France*On trouve dans le pays d 'Appenxell peu de Particulierfort riches, on n'y en trouve guere non plus de fort paU'vres. L’aifance y estassiez générale, sur-tout parmi lesformés , plus industrieux que les Catholiques. On a étabfidans le district des premiers des fabriques de toile de lin, demousseline , de toiles de Cambray & de coton.
Tout le petit ( 22 ) territoire, relevant de la ville deSaint-Gall , est occupé par des jardins, des vergers, olídes prairies destinées aux blancheries. La fabrication de?toiles , & le commerce, qui en est la fuite, sont l’uni'que richesse Lt le,principal ressort de la République. Cettebranche d’industrie y existe depuis le douzième siecle. DeU*
'/charrier, Dict. géog. hist. 8c polit, de la Suisses tome I, p. 149,
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(u) Tsckarner, ibidem , tome I, p. 67, 68.(a) Tscharntr , .ibidem , tome I, p. ru » uU
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