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Professeur Léonard Meijler , de Zurich , qui aVo y a gd en homme de goût, dans une partie de la Suisse,^ a pas laissé échapper à fa curiosité la diversité des ha-hlemens d’un Canton à l’autre. Par exemple, il observe^ Ue (H) 6ans celui de Zoug il n’y a pas une grande diffé-r ^ nce entre l’habillement d’une fille bourgeoise de cettev dle , Sz celui d’une fille des trois Communautés exté-Keures de Bar , Merirjngen & Egeri. La bourgeoise se1 ’ n gue par son corset , & la jeune villageoise , parn corps ; la premiere porte un mouchoir de col en soie,° U â une toile fine ; l’autre couvre ses épaules ôc fa gorge8Vec Un ta'ge collet de toile. La fille du Citadin porte, têtenue j les cheveux tressés , au lieu que la campagnarde lescache fous un chapeau de paille.
Ûans le Canton (y y) âìÙnderwalden , les filles portentes bonnets avec des rosettes noires, elles ont le chapeaue paille fur le front, & les cheveux en tresses. M. Meijler^ ait ( 56 ) un portrait peu flatteur des habitans du Vale Livinen , qui appartient au Canton à’Uri , il leur re-P r ° c he un caractère sordide ; & en parlant de leur habil-m ent, fl observe qu’ils portent , ainsi que le peuple, Entons de S c hweit\_ & d’Underwalden , des chapeaux
? 0lrs , tout ronds , & des habits tres-courts, de couleurbrune.
^ans le Bailliage (57) de t Argeu libre , les femmes por-tCnt às chapeaux de paille , ont les cheveux tressés , maisb°n attachés autour de la tête , ces tresses tombent enn des le long du dos ; leur corset , si on peut i’appellerest extraordinairement court; la jupe, dist nguée parpetits plis , remonte beaucoup au-dessus des han-^ es iôc ne descend qu’à peine jusqu’au gras de la jambe.
u ^ste, ce n’est pas à l’esprit de coqueterie, qu’ii faut^ttibuer la petitesse de ces jupes , mais l’habitude oùl e ^ a ^^ annes font de monter ôc descendre les montagnes. r a fà imaginer pour plus grande commodité unej. e a ussi courte. Les hommes portent aussi dans ce Bail-d f ge ^ es camisoles d’une singulière petitesse, & la plupartj f n ^ r eux °nt encore l’uíage de porter des culores consi-^blement amples , & toutes plissées.
* Sinner (y 8) de B et ne , après avoir observé qu’onle$ ^ 60 alternativement les frimats du Nord &
^ chaleurs de l’Italie, ajoute que le même contraste existe% ^ Içs loix, dans les gouvernemens ôc dans les mœurs.k ?! ^ image riante de la liberté enrichit des rochers sté-h es J & se joue dans les plaines. Là , des restes du Gou-^^cment féodal font encore voir des hommes attachésh . a §lcbe , Ôc la propriété chargée de cette foule de fer-ltu des, imposées autrefois aux peuples vaincus, ôc con-b ^ P ar l’habitude, ce grand tyran du genre humain.^ u niilieu des Etats républicains qui composent la Suisse,^ v- î^ouve des Princes en soutane, des Prêtres ôc desjj tre ° lneS enrichis par la crédulité , des Abbés , des Chapi»siui dévorent encore une grande partie de la sub-
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an ce des peuples, au sein même des Etats protestans,
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» où les traités , conclus entre les deux religions, les ont» maintenus. Dans quelques villes de la Suisse, on trouve» les mœurs & la politesse françoises ; dans d’autres , la» morgue & la froideur des Anglois ; ici, l’ancienne rulìi-»> cité germanique ; là, le luxe ôc limitation ruineuse des» nations opulentes, ôc souvent des mœurs dissolues avec» des loix séveres. Dans chaque ville de la Suisse, d’au-» tres usages , d’autres genres d’occupation. A Bâie , c’est» le commerce & l’envie de s’enrichir , qui fait presque» Tunique objet des habitans. Les sciences, qui rendoient» autrefois son Université célébré, y sont négligées , mal-» gré quelques hommes supérieurs qu’on y trouve encore.» A Zurich , le travail du comptoir est allié avec l’arnour» des études & des beaux arts ; mais la vie y est triste ;» la plupart des hommes passent leurs soirées dans un brouil-» lard de tabac, d’où font sorties cependant les Id y les» de Gejsner , comme le soleil sort d’un nuage. Les ha-:» bitans de Berne , portés par caractère , & fur-tout par» éducation au plaisir, & à une vie oisive , ne s’occupent» guere que de leur politique , qui consiste dans l’art de» parvenir aux emplois. Us possedent beaucoup de talens» naturels qu’ils cultivent peu. Gouvernant un pays qui» égale le tiers de la Suisse entiere, ôc Tobjet de la ja»» lousie de leurs voisins , ils semblent s’être approprié ce» vers de Virgile ,
Tu regere Tmpcrlo populos, Romane , mémento.
» Le pays de Vaud , soumis à leur domination, parole» être un climat différent du reste de la Suisse. Ses habi-» tans semblent se ressentir de la douce influence d’un air» plus pur, & des rayons du soleil, réfléchis avec plus» de chaleur de la surface du lac Léman. Ils sont gais ,» légers, ôt plutôt François que Suisses. A l’extémité» de ce bassin , Genève s’éleve du milieu des eaux, deve»'» nue aujourd’hui , par l’industrie de ses Citoyens, un» gouffre de richesses, le siégé du luxe, des arts & des» sciences. Dans le Vallais , Ôc dans la plupart des petitS» Cantons, on ne voit que des mœurs rustiques ôc sirn»;» pies, mais qui contrarient souvent la finesse des Italiens.» En général, les progrès de Tindustrie , de l’agriculture,’» de tous les arts, ont été beaucoup plus grands dans» la Suisse protestante. Les fêtes des Saints, ôc les Cou»» vens abolis , ont rendu à la société un grand nombre de» bras ôc de jours autrefois perdus ».
M. le Chevalier de Bousiers ( y p ) a dit dú Vallaìs ,que c’est le pays le plus indépendant de toute la Suisse ,ôc qu’il est le seul où toutes les femmes aient constam-ment conservé leur ancien habillement. Ce sont de petitscorsets assez bien faits, des mouchoirs croisés assez singu-lièrement , de petites béguines de dentelles , de petits cha»peaux par dessus, avec des nœuds de ruban.
Les montagnards de la Suisse fe fervent de gros souliersferrés de doux; ceux de la Savoie, de souliers de boisou de galloches , que l’on appelle en latin corrompu ,
* 78 i - et ' ts Vo yages dans quelques Cantons de la Suisse, p. 11. Bâie,^"àmand.
(íí)L *mêm “ ,P ‘ ^
( 57 ) Le « ’ P - 4I *
weme,p. 69.
°me H dernier ;
(?8) ProfpeSîus d’un voyage hifloiique & littéraire de la fuisse , p. 14-ì17, in- 8 °.
(îp) Lettres pendant son voyage en Suisse, à Madame là rr.eie, p. ij^en Suisse, 1772., in-1*.
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