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TABLEAUX DE LA SUISSE.
la permission de ce Prince, raser cette forteresse, de peurque quelqu’un ne s’en saisît pour leur ravir leur liberté,& l’on en fit cette belle place , qui est comme une ef-pece de terrasse, bordée de murailles du côté de la ri-vière. On y a aussi pratiqué un belle fontaine, ce quidoit avoir coûté un très-grand travail, vû la grande élé-vation de cette place au dessus de la riviere.
Indépendamment du Grand-Moutier , ôc de l’Abbayedes Bénédictines, il y avoit avant la déformation à Zu-rich plusieurs Couvens de divers Ordres : des Domini-cains , dont j’ai déjà parlé ; des Augustins, dont le Cou-vent est -aujourd’hui une direction dd aumônes , en alle-mand , allmazen amt , & près duquel est l’Hôtel de laMonnoie ; un Couvent de Cordeliers fondé avant l’an124a; un Couvent de Religieuses de l’Ordre de saintDominique, qu’on nommoit (Ettenbach , ôc qui est au-jourd’hui un Hôpital d’enfans orphelins du Canton , ôcle Couvent des Béguines à Sainte-Marie.
La grande place du tirage , est une île voisine de laville , elle sert aujourd’hui de promenade publique. Sasituation , entre les deux rivières le Limmate ôc la Site,est très-agréâble. A fa pointe, se réunissent les deux ri-vières.'Beaucoup de voyageurs assurent n’avoir pas trouvéen Europe beaucoup de situations qui présentent une aussiagréable perspective. Les deux bords des deux rivièresfont plantés de Tilleuls , ôc il y a deux petits bois oubosquets pour s’y reposer. On exerce sur cette grandeplace la jeunesse militaire du quartier de la Ville. On yforme même quelquefois des camps de plaisance, dequelques cents hommes, ôc on y fait des attaques, dessimulacres de guerre.
Jufqu’en 1642 , Zurich n’avoit que des murailles flan-quées d’antiques- tours pour .enceinte -: mais le Magistrattrouva alors nécessaire de la fortifier. Ses fortifications,telles quelles sont, furent finies en 1678 : elles coûtè-rent plus d’un million de florins. Elles ont un contourconsidérable., une grande partie des fauxbourgs y est en-clavée. Les quatre.portes qu’on a bâties à l’extrémité desfortifications, font fort belles. Au dehors de la porte, dite laSite , oh voit les deux bras de l’eau du lac ôc de la Silequi s’entrecroifent. L’entrée du lac dans la Ville est fer-mée la nuit par la porte de TEauôc défendue par despalissades ôc par un ravelin construit dans le lac , furlequel tous les ans les Artificiers donnent un joli feujd’artifice. On passe à ce ravelin , de la petite ville par unpont.
La grande ville est fermée par cinq portes, dont l’uneest la porte de l’Eau , en allemand, das Wajser-thor , au-trement le grendel , par laquelle entrent & sortent les ba-teaux. Les fauxbourgs ôc les fortifications ont aussi troisprincipales portes , indépendamment d’une petite porteprès du Hottinger-Staeg. La petite Fille a trois portes.
Le voyageur ne doit pas oublier devoir l’ingénieuse ma-chiner soie qui est dans le quziûet Talacker , dans la fabri-que de MM. Escher de Keffeken ; M. Andréas , de Ha-novre, en a fait la description dans ses (25) Lettres fur la
(ij) En allemand, p. 49, f o. Zurich 8c Winterthour, 177 *. m-4 °.sig-U6) En allemand Sil-Feld; c est dans ce district qu’on a trouvé, il ya peu d’aníiées une médaille de Titus-Labknus, qui fut le Lieutenant de
Suisse. Le méchanisme en est admirable; cette machine quia été exécutée d’aprés un modele de Bologne en Italie,fournit par semaine soixante-dix livres de foie filée.
Le Canton de Zurich contient dix - neuf Bailliages ?qu’on appelle intérieurs , & treize autres qu’on nommeextérieurs ; les premiers font désignés à cause de leur pe-titesse, fous le titre allemand, Obervogtey , qui signifieen françois Haute-Perfeâure. On donne le nom de Larid -,vogtey , Bailliage Provincial , aux Bailliages d’une plusgrande étendue. Les premiers font la plupart voisins dela ville de Zurich fur les deux côtés du lac ôc de la ri"viere de Limmate. Chacun de ces Bailliages intérieurs estrégi par deux Membres du petit Conseil ; ces Baillifs lesgerent alternativement un an, ôc ils font continués jus"qu’à ce qu’ils soient nommés 3 des Bailliages plus lucra-tifs. Ils résident dans la Capitale, ôc ils ont l’obligatioude tenir dans la ville leurs séances d’audience, aussi sou-vent que le demandent les affaires qui surviennent, ôc âerendre dans ces séances justice aux habitans dépendansde leurs Bailliages. Mais pour le criminel, ou les objetsd’une grave importance, c’est le petit Conseil qui en con*noît. II y a aussi dans le nombre de ces Bailliages quel-ques districts où les Baillifs font tenus de siéger en Justice?à certains temps de Tannée. Nous allons donner une noteabrégée des Bailliages intérieurs.
í. Wiedihon prend son nom d’un gros village limitro-'phe de la Capitale ; on y trouve aussi le village de Rieden-iles districts nommés Das Hard , la campagne (2 6) de T*Sile. Ce fut en descendant le pont de bois élevé en cetendroit, que le Bourgmestre Rodolf StuJJì fut tué en 144^par les Suisses qui assiégeoient la ville de Zurich.
II. Wallishofen , village avec plusieurs autres distriâs-
III. Horgen , Bailliage considérable par son étendue 6 esa population, comprend le bourg de ce nom sur le l aCde Zurich, oû il y a une Douane pour les marchandise®qui se transportent en Italie par Zoug, AlldorsÔc le Mont S*Gotthard ; on trouve dans ce Bailliage les bains soufrésôc salutaires de Nidelbad , les districts Kaepfnach , Bokefltoù il y a une maison de campagne dans une situation déh"cieuse, qui régné fur les deux extrémités du lac, ôc dontle propriétaire a des bains qui ont beaucoup de célébrité*La forêt de la Sile est située en partie dans le circuit JuBailliage de Horgen ; c’est la plus belle forêt du Cantonde Zurich : elle a plus de deux lieues en longueur, dep ulSBabenvaag jufqu’à Langnau, ôc fa largeur est d’une h eU6ôc demie. L’inípection de cette forêt est commise u nnConseiller du petit Conseil ; elle dure six ans. H J 3beaucoup de chevreuils dans cette forêt, ôc on n Qïltue que par ordre du Magistrat pour des fêtes publiqn^'
IV. Borfletten ôc JFettfchweil ce Bailliage, litnittophe de celui de Horgen, s’étend vers celui Knonau ^le district dit Kxller-Amt , au- delà du mont Albis? *comprend le Village ôc la Paroisse de Bonstetten, où 1 011voit les ruines du Château qui a été la résidence de 1des plus anciennes ôc des plus illustres Maisons de aSuisse, des Barons de Borfletten , dont une branche
César dans son expédition contre les Helvétiens ; cette piece en or c °servée à Zurich dans le Cabinet Numismatique du savant Anti<i uairhl. Geflner, Professeur d’hébreu.
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