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Tome deuxieme et dernier.
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TABLEAUX DE LA SUISSE .

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tenu en iz 18. Berne acquit ce pays fur cette maison enpartie par droit de conquête, & en partie par droit d’achat.Le premier Baillis que Berne envoya pour gouverner cettecontrée , fut Jean-Rodolf d’Erlach en 1474. Ce pays esttrès^fèrtile , & produit beaucoup de vins , mais dont laqualité est assez médiocre.

M. de Sinner (£4), après avoir observé que le Baillisde Cerlier n’exerce aucune jurisdiction sur la ville, quiest gouvernée par deux Avoyers & un Conseil quelle élitelle-même , ajoute ces mots : « II est vrai que ce corps» de Magistrature n’est pas imposant. La plupart de ces» Messieurs voiturent leur fumier aux champs , taillent» leurs vignes , & menent boire leurs bêtes. Leur gloire» consiste, quand ils vont au Temple , à porter le petit» manteau noir & le collet , qui font la note caractérif-» tique de la Magistrature dans toute la Suisse. » Mais quel-que déférence que l'on doive à la remarque de M. de Sinner ,qui, ayant été Baillis de Cerlier, devoir connoître parfaite-ment la législation du local, ne pourroit - on pas attri-buer son observation à un léger mouvement d’humeurcontre une ville municipale ( 55 ) fur laquelle son pou-voir ballival n’avoit eu aucune autorité.

Erlach a donné son nom à la premiere des six familles no-bles , ainsi désignés par leur rang dans le Gouvernement deBerne , laquelle a rendu à cet Etat les plus grands services.Ses Auteurs, issus d’une ancienne Chevalerie, Lcconnus pardes titres de l’Abbaye de Hauterive avant le milieu du dou-zième siecle, a voient été attachésà la Maison de Neuchâtel,& particulièrement à la branche des Comtes de Nidau.Elle porte encore dans ses armes de gueule au pal à’ar-gent} c hargéd’un chevron de fable. Cette affinité d’armes,avec celles des Comtes de Neuchâtel & de leurs diversesbranches, semble confirmer la tradition qui veut que lamaison d’Erlach ait eu la même origine que celle de ces

Comtes. Mais on peut, lans exagération, dire que l'hif"toire de cette maison doit être pour la Suisse, & parti-culièrement pour le Canton de Berne, aussi intéressanteque doit Têtre celle de Montmorenci pour la France.L’Antiquité (56), illustration, la grandeur de cette mai-son est si connue, que peu d’Auteurs Allemands, Suissesou François, la passent fous silence; elle est aujourd’huidivisée en deux principales branches, celle qui a continuéla postérité dans le Gouvenement de Berne, & une autrequi, ayant embrassé (57) la Religion Catholique, e'stéta-blie à Fribourg.

On trouve dans le Bailliage de Cerlier, Vinetz ou Ei-netz, anciennement Feni^y & Ins ou Anet (58), qui e#l’une des plus grandes Paroisses de tout le Canton.

Entre Vinetz & Ins, fur une hauteur on voit les ruinesdu Château de Hasenbcurg, autrefois la primitive rési-dence des Comtes de Fenis , auteurs de la maison é eSComtes de Neuchâtel.

La Paroisse de Gampelen est fur le lac de Neuchâtel,au pied du Julemont.

U Abbaye de PJJle Saint-Jean-Cerlier , en latin Mon a jterium Herilacerise , est aujourd’hui un Bailliage du Cantonde Berne. On rappelle ljle , fans doute parce qu’elle étoitenfermée entre le lit principal de la Thiele, & un brasde cette rivière, qui n’est plus qu’un fossé sec la plupartdu tems. Cette Abbaye de l’Ordre de S. Benoît avoit étfondée (yp) vers Pan iopo par Ulrie, Comte de Fenis,achevée par ses deux fils, dont l’un étoit Cunon, Evêquede Lausanne, & l’autre Burcard, Evêque de Baie. Elusieurs Seigneurs des environs enrichirent cette Abbay ede revenus considérables. La dîme ( 60) de la montagnede Liesse lui appartenoit depuis le treizième siecle, amême que la dîme en vin de Landeron. Primitivementles Comtes de Neuchâtel & de Nidau étoient alterna

^54) Voya ge dans îa Suisse occidentale, tome I, p» 141, 14*.

(55) Rudolf de Nidau , Damoiseau , '{Domicelius ) fils 8c héritier du défuntRudolf, Comte de Neuchâtel, qui croît mort en 1171, accorda, par leconseil de ses oncles paternels, Henri, Evêque de Baie ( qui mourut le xfNovembre 1274 ), Berthold, Seigneur de Strasberg, & Ulric, Seigneur«TArconcier ( Dominus de Arcunciaco ), a ses Bourgeois d'Erlach ( in Erììaco ),les mêmes privilèges, que le Duc Berthold, Gouverneur de Bourgogne( Recîor Burgundiœ ) avoit autrefois donnes à fa ville de Fribourg en Oc-chtland ( in Oselanderí ), dont il fut le Fondateur. Ces privilèges furent confir-mes en 1539 par Verène de Neuchâtel, Comtesse de Nidau, veuve de Rudolf,Comte de Neuchâtel ,8c Seigneur de Nidau. On en conserve aussi une copieautorisée en 1345 par les deux Chevaliers Pierre, Comte d’Alberg, 8c Rudolfd’Erlach ( de Herliaco ) , Seigneur de Rikenbach, l’Etat de Berne les confirmade nouveau le 14 Décembre 1475. La.copiede tous ces titres se trouve dans!e recueil manuscrit, Caria Helveticœ , tome III, p. 55-73 , dans la Biblio-thèque de M. le Baron de Zur-Lauben.

(;6) Stumpf, Tschoudi, Simler, Pantaleo, Sibenmalher, Stettler, Bu-celin, Iselin , &c. Leu, Dict. List. de la Suisse, tome VI, p. 394-41 La-chesnaîe des Bois, Dicì. de la Noblesse de France, tome VI, p, 29, 30 ;Girard, Hist. abrégée des Officiers Suilles dans les grades supérieurs, tome I,p. 199-229 , 8c c.

(57) Jean-Jacques , Baron d’Erlach , de Berne, mort à Paris le 19 Oc-tobre 1694, Lieutenant-Général ès-Armées du Roi, 8c Colonel d un Régi-ment fuisse de son nom , qui se Et catholique ’( voyez son portrait à laplanche ro;, n°. z ) , eut pour fils Jean-Jacques d’Erlach, dit le Cheva-lier, mort à Paris le 4 Novembre 174 1 * Grand-Croix de 1 Ordre Royal& Militaire de S. Louis, Lieutenant-Général ès-Armées du Roi, 8c Co-lorel du Régiment des Gardes-Suisses.

(58) Le nom du village d 'Anet , qui en allemand s’appelle Ins, 8c Insulaen latin , doit son origine à sa situation. Toute cette côte élevée qui sé-tend le long du lac de Bienne de Porient à 1 occident, & de Nidau à Anet,

est comme une grande ifie placée entre le lac 8c le marais d’Arberg^^plus grande partie du pays compris dans les quatre Comtés d’Arberg»^^lier, Nidau & Buren, portoit dans les anciennes Chartes le nom d lsd~ ^eu Pays des Isles ; fa situation justifie ce nom , ainsi que celui de See-Pays des lacs, qu’on lui donne encore aujourd’hui. II étoit limiterient par l’Are, depuis Arberg jusqu’à sa réunion avec la Thiele ; au ^par le lac de Bienne , 8c la même rivière qui joint les deux lacs e ' ^ble. La Broie , qui du lac de Morat va se jetter dans celui de Neuchalimitoit à l’occident. Une ligne tirée d’Arberg à travers le marais» ^ ulvoit de limite au midi. {Sinner , ibidem, tome I, p. 124» "5 )» , .^,t(SP) Cunon d’Estavayé, Prévôt du Chapitre de Lausanne, q uí ^ 3au commencement du treizième siecle, écrit dans la copie qu B fílaissée du Cartulaire de cet Evêché, que Cunon, fils d’Ulric> CoFenis, avoit été élu Evêque de Lausanne, après Lambert de G tatl .qu’il fonda dans son patrimoine l’Abbaye d’Erlach ( Abbatia e

& qu’étant mort pendant qu’on la construisoit, son frere Burcard, ade Bâle , qui bâtissoit le Château de Cerlier ( Cetstrum de Cerlie ), a ^ £rr él’église commencée par son frere. II ajoute que l’Evêque Cunon futdans l’Abbaye d’Erlach. Les premiers Moines de ce Monastère fut^ 0de l’Abbaye de Saint-BIaise en la Forêt-Noire. Burcard , Evêque e ^,étoit alors Avoué ( Advocatus ) de Saint-BIaise. Voyez Hissa NiS T &tome I, p. 248, 149 , Operâ Martini Gerberti, Principis-Abbatis

Blafii- 1783 , in- 4 0 , cum sig. __ fr a«

(60) En 1251 , Berthold, Seigneur de Neuchâtel, donna » 1AMonastère d’Erlach ( Monaserìum Herilacense) , un terrein situe aTejson ), qu’il avoit possédé avec son cousin le Comte Rudolf & ^ rrr ,afitfCette donation fut faite du consentement de ses fils, Rodolf»

Sc Henri, en présence de Volmar de Lìgrh\o (de Ligertz ) , dvingen, de Burcard de Tesson, d’Ulrich d’Erlach {de Herilaco ) /de Viviers, Lee- ( Archives ie Berne , registre de l’Abbaye de S â,aA. 24;,