i 7 $ TABLE A U X D E LA SUISSE.
par la Simme , qui lui donne son nom : d’autres pensentque oe vallon a été nommé en allemand Sibental, c’est-à-dire, Je Val de sept , par:ce que la Jlmme qui la par-court, fort des glacières au Raetlisberg fur la frontièredu Vallais,, par sept sources. Les habitans n’ont preíquçd’autres occupations que de soigner le bétail; ils font unequantité de beurre & d’excellens fromages, qui font au-tant d’objets réexportations considérables. Us ne cultiventpas assez de grain pour leur entretien ; ils fe nourrissenten grande partie de laitage & de pommes de terre ; ils ontaussi beaucoup de fruits, d’excellens poissons, & du gi-bier en abondance , des chamois, des chevreuils, des fai-sans , des gelinottes, &c. Us font généralement bien faits,cultivant les sciences & les arts, d’un commerce agréa-ble, avec une éloquence naturelle; ils font très-éclairésfor leurs loix & leurs privilèges, bienfàifans & capablesde belles actions. Dans leur chaumière on trouve com-munément des livres choisis. Us savent très-bien écrire &calculer. Cette heureuse contrée est partagée en deuxChâtellenies : c’est ainsi qu’on nomme les Bailliages, &le Baillis a le nom de Châtelain .
Le Nider-Simmenthal (125), ou la partie inférieuredu Simmenthal , a appartenu successivement aux Baronsde Weissenbourg & de Brandis, & aux Nobles de Schar-nachthal. La ville de Berne acquit leurs droits en 14,39& 1449. JVimmis , primitivement Windemis , est le chef-lieu de cette vallée, & la résidence du Châtelain. C’étoitautrefois une petite ville , ruinée par les Bernois en 1303.Cette Châtellenie est bornée au levant par le Bailliaged’Oberhofen ; au couchant, par le haut Simmenthal; aumidi par le Bailliage de Frutingen, & au nord par le Land-gericht de Seftingen, toutes contrées du Canton de Berne.Le château où réside Je Châtelain est très-élevé & agréa-blement situé. A Reutigen & à Rrlenbach il y a de grandsmarchés de chevaux : on compte que ^exportation enva à dix mille par an , ce qui fait un objet de deuxmillions & au-delà. Cette contrée est aussi très - curieusepour les amateurs de l’histoire naturelle. Deux grandesmontagnes, très-bien cultivées & voisines l’une de l'autre,attirent*leur attention. C’est le Stockorn & le NieJJen(en latin JVeJJus ), décrits par Rhellicanus, Aretius &Rebmann. — A Diemtigen il y a des soutces imprégnéesd’une matière favoneufe. Mais ce qui est le plus remarqua-ble dans ce pays, ce font les bains de Weissenbourg,situés dans un antre affreux , & cependant très-fréquentés,à cause de leur salubrité. Leur chaleur naturelle est de qua-torze degrés de Tahrenheit. Le bas Sinynenthal est plusgrand que le haut*, il comprend six grandes paroisses.
La partie ( 124.) haute, ou YOber-Simmenthal , fe nommeaussi la Châtellenie de Zweyfimmen , du chef-lieu; maisie Châtelain réside au château de Blankenbourg, à unquart de lieue du village paroissial de Zweyfimmen, quiest ainsi appellé à cause du confinent de la grande & dela petite Simme. On a établi en ce village une maison danslaquelle on donne une bonne éducation aux pauvres orphe-lins, & où l’on entretient charitablement des vieillards
hors d’état de gagner leur vie ; établissemens qui so stCencore rares dans plusieurs Cantons & Etats Helvé-tiques. Les autres paroisses de cette vallée font Boltigen,Saint-Etienne & An-der-Lenk. Cette contrée fut vendueà la ville de Berne en 1391, par les Barons d’Arbourg 2cd’autres Nobles. Elle touche au levant la Châtellenie deFrutingen ; au couchant, le Bailliage de Sanen, & celuide Bellegarde, qui est du Canton de Fribourg; au middle dizain de Leuck ou Loicheen Vallais, & au nord lebas Simmenthal.
Sanen (123), & en langue romande , Gejfenay , Bail'liage qui a pour limites , au levant & au nord , le Haut"Simmenthal ; au couchant, le Gouvernement d’Aigle,& le Bailliage de Gruiere qui dépend du Canton de Fri-bourg , & au midi le Dizain de Sion en Vallais; il a dixlieues de longueur, mais peu de largeur. La riviere de Sa-,nin, qu’on nomme , en Allemand , Sanen , y prend fasource, au mont Sanetsch, derriere le village Gsteig tsur la frontière du Vallais. Le pays est fertile en pâturages : 011y fait une quantité prodigieuse de fromages qui vont de p airavec celui de Gruyere, & fe vendent dans l’étranger f° uSle même nom ; il se transporte dans l’Archipel, à Constattinople, en Egypte, & par - tout ailleurs. M. le Baron Char-les-Victor de Bonsteten , du Grand - Conseil de Berne,a donné, en 1782 (12 6) , à Bâle une description de ceBailliage, sous le titre de Lettres fur une Contrée pastoralde la Suisse. Ces lettres font très-intéressantes, & écritesavec grâce. L’Auteur y offre, comme dans une miniature ,le Tableau Topographique, physique , moral, & civil d ecette heureuse Contrée. §on ouvrage mériteroit d’être tra-duit de l’Allemand en François.
Le Bailliage de Sanen faifoit anciennement partie dúComté de Gruyere ; il a joui de tout temps de grandsprivilèges. En 1403 , ce pays conclut un traité de Co&*bourgeoisie avec la ville de Berne, qui fut confirmé 3plusieurs reprises. Les Comtes de Gruyere lui accordèrentaussi de temps en temps des privilèges très-considérabl eS *Dans la discussion des créances de Michel, dernier Comt cde Gruyere, ce Bailliage échut en partage à la vill eBerne en 1555. Jean Haller y introduisit, en 1556, lavelle Religion réformée dans la partie allemande,Pierre Viret, dans la partie romande ou françoise* ^Bailliage, comme nous venons de l’indiquer, se d lVlen deux parties, qui diffèrent l’une de l’autre par le ^gage , les loix, les privilèges, les moeurs, le caractèreles maniérés.
La partie allemande est celle qui jouit des plus beaU^privilèges. Elle est exempte de presque toute esp ece
de
au*
redevance , au lieu que la partie romande est sujettelods & à d’autres charges. La partie allemande est Pcurieuse par rapport à sa situation & aux producti° nSla nature. Nous allons parler de l’une & de l’autre.
La partie allemande est partagée en quatre Paroi *ï , Sanen , qui est le bourg principal fur la Sane ^Sarine, & qui est très-bien bâti; 2 0 , GJleig, 3° f ^.^çsnen i dans une vallée du même nom , qui a trois h?
(irz) Leu, ibidem , tome XIX, p. 481 & à>v.(124)Leu, ibidem, tome XX, p.543-54*, &c.(u?) Le même t ibidem, tomeXVI» p. 69-7;.
Faesi, ibidem , tome I, p. 784-798.
Tschamer, ibidem , tome I, p. 243, *44 , &cà
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