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Tome deuxieme et dernier.
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TA B LE A U X D

parèrent non-seulement de ce qu’il possédojit dans le Paysde Vaud, mais pénétrèrent encore dans l’intérieur de laSavoie. Les Bailliages d’Orbe, de Grandsòn & de Morat,que Berne & Fribourg poíTedent en commun, sont auíïïdes démembremens de l’ancien Comté de Vaud. La partiede ce pays que Berne s’est réservée, ôc qui lui a été con-firmée par plusieurs traités , a pour limites au midi la Sa-voie & le Vallais; au levant, le Canton de Fribourg;au nord, le lac de Neuchâtel ôc le Bailliage de Grandsòn,& au couchant, le Comté de Bourgogne & la Baroniede Gex. Cette contrée a presque généralement en longueurôc en largeur dix à douze lieues d’Áliemagne. Mais aunord, fa largueur diminue considérablement ; elle com-prend douze Bailliages : nous allons en donner la notice.Tout ce pays est parfaitement cultivé. II est riche entoutes les productions de la nature. Ses vins font renom-més par leur qualité, íur-tout le vin de la Côte, ôc celuiqu on nomme h vin de la Vaux , en allemand RyfTVein.La salubrité de Pair, Paménité du site, Pélégancedes bâ-tirnens , Putbanité deshabitans, attirent dans ce pays unefouie d’écrangers de presque toutes les parties de P Europe,mais particulièrement de l’Angleterre.

I. Vevay. Ce Bailliage s’étend depuis la riviere deVeveyse jusqu’à la tête du lac de Genève ; il a deux lieuesen longueur, du côté d’Aigle, vers le levant. II s’avancedans fa largeur vers le Bailliage de Gruyere, qui appar-tient au Canton de Fribourg, & vers le couchant, iltouche le Bailliage de Lausanne.

Vevai ou Vivay (*), qui est (2) le Bibiscus ou Vi-visais de Pltinéraire d’Antoine ôc de la Table Théodo-fienne, & que les Suisses nomment Vlvis , est une joliepetite ville, passablement grande, & qui jouit de quan-tité de privilèges. Elle est bâtie dans la forme d’un triangle,à située en long au bord du lac, à une demi-lieue du pieddes Alpes. On y voit beaucoup de belles maisons, unegrande place au bord du lac pour tenir le marché, &deux Temples s dont l’un est dans la ville, ôc Pautre horsdes murailles , fur une hauteur. Ses habicans font la plu-part fort à leur aise, gens d’efprit, polis ôc d’un commercetrès-agréable. Plusieurs d’entr*eux affichent le goût pourles Belles-Lettres. On y a un Collège pour l’instructionde la jeunesse, qui est le plus célèbre de tout le paysde Vaud, après celui de Lausanne. Les environs autourde Vevay font très-fertiles. Dans presque tout le circuitdes collines s’élevent les unes par-dessus les autres, enforme d’amphithéâtre, parsemées de villages , de vigno-bles ôc de champs. Le fauxbourg de Vevay est bordépar une riviere, ou plutôt par un torrent impétueux ( laVeveyfe , qui descendant des montagnes, coule ici fousun beau ôc grand pont de pierre. On ne trouve (z) d autremonument remarquable à Vevai, que deux fontaines (**)publiques, dans le goût égyptien, composées par Bran-

E LA SUISSE.

doin Langlois , Peintre fort agréable, né à Vevai, ôc Dessi-nateur plein de goût. On peut voir de lui plusieurs des-seins dans les Tableaux pittoresques de la Suisse, ôc p ar 'ticulierement la vue Ôc l’entrée du Rhône dans le lac. Leport de Vevai est assez considérable ; c’est le rendez-vousdu Vallais ôc des Savoyards qui y viennent apporter leursdenrées. Cette ville a environ trois mille habitans. Beau-coup (4) d’étrangers font venus s'y établir, ôc fur-toutbeaucoup de célibataires. C’est vis-à-vis de Vevai, dePautre côté du lac , que font situés les rochers de MeiNlerie , si célébrés par Rousseau dans fa Nouvelte-Héloift •

Autres endroits remarquables du Bailliage de Vevai*La Tour ou la Tour de Peyl , petite ville au bord du l aCôc qui fait un même corps d’églife avec Vevai, quoiquen soit séparée à l’égard de la législation civile.

Ville-Neuve, à un quart de lieue de Chillon, pet Jteville que des modernes ont cru (5) avoir été le PenM-~Lucus des anciens, est à la tête du lac de Genève, ^près de Pendroit où le Rhôue s’y jette. II y a dans ceparage une très-belle pêche de truites dont on tire unegrosse rente. On trouve à Villeneuve un riche hôpital •les Bernois y entretiennent un hospitalier. C’est à cetteville que finit le Bailliage de Vevai > ainsi que le pays dsVaud proprement dit.

Chillon (***) étoit un Château fort dans le lac de Ge-nève : il a communication avec la terre ferme, au moy erld’un pont-levis. II a été bâti en 1238 par un Comte dsSavoie, ôc commande le passage qui y est très-étroit. LeBaillis de Vevai y a résidé jufqu’en 1733, que so slcile fut transporté à Vevai. Aujourd’hui ce château een partie un magasin de bled, ôc en partie un dépôt d as-mes ôc d’artillerie.

Dans le Bailliage de Vevai se trouvent lés Baronsdu Châtelard & de Blonai. Le château du Châtelard, sun vaste édifice , très-ancien, bâti fur le sommet d u^scolline fort élevée, ôc qui est entourée de trois côtés d unvignoble considérable, qui produit le meilleur vincette contrée ; il a une vue charmante ôc très-étesldu e *Châtelard est entre Vevay & Chillon. Cette Baronie appartient à la famille patricienne de Bondeli , de Berne,depuis 1708. On a découvert près de ce château - dansun hameau au bord d’un torrent très-dangereux p° urpassans, lors de la fonte des neiges, des antiquités aremarquables , entr’autres un reste de pavé à la mofai 4 ^qui fait présumer qu’il y a eu autrefois une ville assez co *dérable dans ces quartiers. Clarens (****), ce villag e 1meux dans le Roman de la Nouvelle Héloïfe , dépenChâtelard. ^

Le château de Blonai ou Blanay, qui donne son 11à une Baronie, présentement possédée par une branchela maison de Grafenried, de Berne, est bâti sur une c ^line agréable , à une demi-lieue du lac de Geneve,vue se promene sur tout le lac, sur le pays voisi st

(*) Planche r; 3 .

(2) D’Anville, notice de la Gaule, p. 180, 181, Z-6» ZS 7 , 5 iZ,514 8c 711.

(3) Lettres fur la Suisse , par un Voyageur François en 1781, tome II,p. 7,8. Genève 8c Paris, 1783 > in-S° , avecjìg .

(**) Planche 12 6.

(4) Mêmes Lettres, itid ., p. 5 » 6»

(í) M. d’An ville a discute' cette opinion dans fa Notice de la G au e t(û í s

5 14. M. de Sinner croit que la distance de neuf mille romains, ou y e yaílieues indiquées dans les Itinéraires, ne s’accorde pas avec celle eà Villeneuve. ( Voyage dans la Suijfe occidentale , tome II ? k'

(***) Planches 1 , 217 & 247.

(***.*) Planche ijé.

y.

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