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a8S TABLEAUX DE LA SUISSE
born , sur la rïviere Alm, entre la ville de Buren & cellede Paderborn , 1 a ville de Wewelsburg (57). GuillaumeParadin écrit (58) qu’Avenche en Suisse se nomme , enallemand, Bibelburg.
Quoi qu’il en soit, le nom primitif d’Avenche étoit Aven-•ticum. Tacite ( 59 ) est le premier des anciens qui en aitfait mention, iJ qualifie cette ville du titre de Capitalechez les Helvétrens , Aventicum gentis Caput. On litdans ^Itinéraire d’Antonin & dans la Table théodosienae,Aventicum Helvetìorum. Elle étoit Colonie romaine fousTrajan, comme le témoigne une Inscription (60) en Phon-ateur d’un des Lieutenans de cet Empereur ; entre les noms-que cette Colonie prend dans .l’Infcription, celui de Flavianous fait connoître que c’est à Vefpaíien , ou à P un deses enfans , suivant Freculphe (61 ), quelaColonie Aven-ticum a dû son établissement. On ne doit pas être étonnéde ce qu’on trouve à Avenche & dans fa proximité tantde vestiges de son ancienne splendeur. Enveloppée dansles malheurs de la guerre qui avoit désolé l’Helvétie sousl’Empire de Vitellius , elle'fut protégée par Vefpasien quiavoit succédé à ce Prince. II seroit inutile de rapporterici tout ce que l’histoire nous fournit de preuves, tou-chant Patrention que les Romains avoient de décorer lesvilles, en y établissant leurs Colonies. Cet usage est très-connu ; Aulugelle (6 2) les appelloit des Abrégés de Rome.Pour peu que ces villes fussent considérables, ils y éle-voient des amphithéâtres , des cirques, des bains, des tem-ples , des basiliques, des capitules; en un mot, de tous les■édifices publics, qui faifoient alors les délices des peuples,Avenche en a eu de toutes les sortes. Cependant le JésuitePierre - Joseph Dunod osa soutenir (63), en 1687, queT Aventicum des anciens étoient près du lac d 5 Antre enFranche-Comté. L’Auteur a ingénieusement étayé ce pa-radoxe. On ne peut pas accumuler plus d’argumens &d’érudkion en saveur d’une absurdité. Ceci nous rappelleîe pere Hardouin , de la même Société * qui prétendoit quede tous les ouvrages qui portent les noms des Auteurs cé-lébrés de l’ancienne Rome , il n’y avoit que ceux de Plinele Naturaliste , les Georgiques de Virgile , les Epitres &les Satyres d’Horace, 8c les Ouvrages de Cicéron, qui fus-sent authentiques, & que les autres étoient l’ouvrage de quel-ques savans ou Moines du douzième siecle. Le pere Du-nod étoit revenu à la charge en 1709. Marquard 'Wild,
Bibliothécaire de la ville de Berne, entreprît de le réfuterdans son apologie de la ville d’Avenche, imprimée à Berneen (64) 1710, où il prouve à son tour, par des monumensincontestables , que Pancien Aventicum est en Suisse.M. Schmid, de Berne , célébré dans la République deslettres par ses lauriers académiques, a publié , en, 1760 -une description des antiquités d’Avenche, avec des pla n "ches gravées. M. d’An ville (65) accédé volontiers à l’op 1 'nion de plusieurs savans que c’est mal à propos que Pr 0 'lémée comprend Aventicum , & la Colonie équestre, au-trement Nyon, dans la cité des Sequani. Il y a touteapparence que ces villes, situées au-delà du Mont-Jura,n’avoient rien de commun avec les Sequani , avant la for-mation d’une Province fous le nom de Maxima Sequano-rum y par Punion du pays helvétique avec Pancien terri-toire des Séquanois j c’est relativement à ce que renfermoiccette Province , que Civitas Helvetìorum Aventicus setrouve dans la notice des Provinces de la Gaule - à lafuite de Civitas Equejlrium fous la .Métropole de Be-sançon. N’oublions pas d’ûbserver qu ’Aventicum étoit dunombre des villes que leurs habitans avoient divinisées*Dea Aventia est le sujet de plusieurs inscriptions déter-rées dans le voisinage d’Avenche. Les fragmens de co-lonnes , de corniches & d’autres parties d’édisices, prou-vent l’opuíence de cette ancienne ville. Des marbres dontl’espece est aujourd’hui inconnue en Suisse, font présu-mer qu’on en transporta d’Italie pour embellir les bati"mens d’Avenche. L’amphithéâtre dont on voit encorel’enceinte, sert aujourd’hui de verger & de promenadeau Baillis dont le château est contigu à cette enceinte. B®lac de Morat alloit, dit-on, autrefois jusqu’aux portesd’Avenche, c’est-à-dire, aux portes de son ancienne en-ceinte (66), où il y avoit un port. On prétend qu’on Y 3trouvé de gros morceaux de fer pour attacher les batteauX*Aujourd’hui le lac en est éloigné d’une demi-lieue. Frede*gaire, l’un des plus anciens Historiens de France, qui écrr-voit vers le milieu du septieme siecle, est Punique Auteurqui nous apprenne (67) qu’Avenche, Aventicum y ^ úíruinée par les Allemands du tems de l’Empereur Galber*'Le savant Adrien Valois (68) conjecture que Fredeg air0étoit natif d’Avenche, parce qu’il en rapporte plusieursparticularités, & qu’il en parle avec éloge. Ammien M ar "cellin, qu’on peut accuser de méprise en plaçant Avencb 0
(57) Voyez sur cette ville un ouvrage plein de recherches utiles 8c cu-rieuses , Monumenta Paderlornenjìa, Paíerlornœ , 165^, iu 4 0 , cum fg. Sonillustre Auteur, Ferdinand de Furstemberg, Evcquà de Paderborn, puisde Munster, mourut en 1683.
(58) De antiquo statu Burgundiœ , p. 8. Lugduni, 154-., í/z-4 0 .
(59) Histor. I, sect. 68.
(60) Rapportée par Gruter, CCCXXVII. Voyez aussi Rochât, Mém.sur l’Histoire ancienne de la Suisse, tome I, p. 86-101, 271-287 & 44J 8csuiv. 8c tome II, p. 496 8c suiv.
Sinner, voyage dans la Suisse occidentale , tome I, p. 295 8c suiv., Lctome II, p. 279-304.
(61) Chronic. tom. II, lib. II, cap. III, p. njo , ex Bibliotheca Pa-trum. Lugduni., 1677 , -in-fol.
Freculphe, Evêque de Lisieux, vers l’an 8;o, écrit que Vefpaíien ayantcommencé de bâtir la ville d’Avenche dans la Gaule Cisalpine, Civita-tem Aventicum in Gaìlia Cifdpinti , son fils Tite acheva de 1 embellir, 8cqu’ayant trouvé de la ressemblance entre les environs du lac adjacent Lcceux de la Galilée en Palestine ; il voulut que ce pays portât ce nom, enmémoire de son expédition dans ‘la Judée. Quelques traits de reflemblanceentre deux contrée^ également fertiles » toutes deux situées aux bords
des lacs; celui de Tiberiade 8c celui de Morat pouvoient aisément aV ° lCdonné lieu à cette assertion.
(62) Aul. Gall. Noct. Attic. lib. XVI, cap. XIII. . ^
(63) Dissertation imprimée à Paris en 1S87, in-11 , feus le Utt®Découverte de la ville d’Antre en Franche-Comté.
(64) in- 12, avec figures.
f6s) Notice de la Gaule , p. 114-116. j
(66) Cette enceinte est marquée à l’un des côtés par les restes desrailles qui font debout, 8c qui ont une tour à demi ruinée, quia su 1plus de douze siécles. Cette enceinte renferme aujourd’hui des c afertiles ; on y recueille deux cens sacs de dîme, d’ou l’on peut juger d e ^étendue. Elle est à-peu-près ronde, 8c elle a environ 24000 pas
de diamètre. A l’un des côtés est la ville moderne d’Avenche, qui c 111diocre, Lc qui n’en occupe qu’un petit coin. ..
(67) Fragment., p. 703, cum ejusdem Fredegarii Chronico in CS. Gregorii Turonensis, opéra D. Théodorici Ruinart, BénédictineParisior. 1699, in- folio , cum fig.
(68) R er , Francicor., tom, lï, lib. XV, p. 446. Luteti* Parisior, *65
in-folio «