La ville de Sempach, qui devoit son salut à la valeur« 3 es Suisses., reconnut la.même année pour son Souveraini’Etac de Lucerne. Ses privilèges lui furent conservés ; lamaison d’Autriche confirma la cession de Sempach par sestraités de .1394. & 1412. Cette ville.'a son propre Avoyerà Conseil, extraits de fa bourgeoisie. Mais pour sélectionde i’AvLyer , elle est obligée de proposer au Sénat de Lu-cerne trois Membres du Conseil de Sempach; l’Avoyerdoit ensuite prêter le ferment de fidélité au même Sénat,au nom de la ville dont il est le chef Cette ville a sapolice indépendante de tout Baillis, & elle exerce la ju-ridiction dans plusieurs hameaux & districts limitrophes ;mais lorsque le procès va au-delà de cent florins, on peuten appellei au Sénat de Lucerne, II en est de même desaffaires où shonneur est blessé. Au reste, la ville exercela, justice criminelle dans son enceinte ôc sa banlieue. Lacollation de la Cure appartient au Chapitre de Lucerne.
Avant que de finir sarticle du Canton de Lucerne, qu ilme soit permis de dire un mot du nouvel institut militaire,qui rassemble tous les ans au commencement de Juillet àSoursée pendant quelques jours sélite des diverses milicesde la Suisse. Cette société doit son origine â des vues pu-rement patriotiques. Le désir de perpétuer la concordeentre tous les Cantons, & d’assurer la liberté généralepar l’esprit militaire qui l’avoit fondé, a fait concevoir
à M. le Général Pfyfer, de Lucerne, le plan d’une so-ciété animée des mêmes principes. L’instruction de l’Offi-cier & du soldat ; suniformité dans les exercices pour pou-voir dans soccasion faire manœuvrer avec d’autant plusde succès une armée combinée des Etats divers qui com-posent le louable Corps Helvétique ; le choix d’une tacti-que relative au pays de montagnes ; l’étude du local desfrontières plus ou moins susceptibles de défense ; le genredes moyens les plus propres à la préparer &. à l’assurercontre tout événement imprévu, voilà les motifs créa-teurs de la société militaire de Soursée. Les vrais patrioteslui souhaitent les progrès les plus rapides : fans doute pro-tégée par les Cantons & leurs Alliés, elle tendra d’annéeen année à une plus grande perfection. Heureuse la Ré-publique qui, au sein de la paix profonde dont elle jouit *n’oublie pas l’efprit des armes à qui elle doit fa primitiveliberté & fa principale considération !
M. de Balthasar , Trésorier & Conseiller d’Etat deLucerne, dont nous avons célébré plus d’une fois l eStravaux littéraires, tous consacrés à shonneur de sa patrie >a publié (77) en 1784, pour sinstruction de la jeunesse,un mémoire également solide & pathétique sur l’Hist° ire& la constitution de son Canton. L’illustre Auteur a es-quissé sa description d après les huit premiers (78) tableau*qu’on volt à L ucerne fur le pont de la Chapelle.
ARTICLE QUATRIEME.
Canton d*Uri , Catholique ,
Démocratique.
Les habitans (1) du Canton d 'Uri, souverains du montGotthard , & du val de Levontina , ont retenu des Tau-risques leurs ancêtres pour armes la tête d’un taureau sau-vage de fable , avec un anneau de gueules passé dans lesnarines , au champ d’or. Le val Levontina , qui tire sonnom des Lspontii , descendans des mêmes Taurifques ,porte aussi la tête d’un taureau dans ses armes. On faitpar l’Histoire que les Taurifci, parmi leurs diverses trans-migrations, en firent une dans la Norique & dans la hautePannonie ; & suivant la tradition, ils donnerent leur nomau pays dit en allemand Stiermarch, la Marche de laStirie, qui appartient aujourd’hui à la maison d’Autriche :le nom de fier en allemand signifie taureau. On a fait dé-river le nom & les armes du Canton d 'Uri. d’un taureausauvage dit en latin Urus (2), & en allemand Ur } Uren ,ou Urochs. Les habitans au val Hases de Frutingen ,du Simmenthal & de Sanen, au Canton de Berne, appel-lent encore aujourd’hui ur un taureau. César (3) a décrit
Y urus. Aujourd’hui encore le peuple du Canton éUri scsert dans les cérémonies publiques & à la guerre d’un Cor*neur (^) qui sonne d’un cornet à la place d’une trom-pette , & que son appelle le Taureau LUri , & en ailemand der Stier von Uri. J’ai déjà observé que la tete dtfbufle dans les armes d 'Uri, étoit bouclée d’un anneau?on domptoit ainsi la férocité de ces animaux. Mais commSl’origine de ces armoiries ne remonte pas au-delà du onzieme siecle, je ne puis établir avec certitude i’étymol°
gie du nom Vrania fur son affinité avec la tête de 1 urU f
doit
les
qu’on voit dans le sceau du Canton d’Uri. Ce nom
avoir été celtique. Le Commentateur Servius dit que
V - *
bœufs sauvages nommés uri , naissent dans les monts jrénées; qu’à l’exception des éléphans, ils font plus g ra!1 ^que les autres animaux, & que leur nom dérive d ungrec qui signifie montagne. Je lis dans Y Atlantique deèeck (y) qu’or, ur } urd , désignoient des lieux dont ^est sain, & qui sont environnés de rochers. Toutes
(77) A Lucerne, in-n , en allemand.
(78) Parmi les tableaux des environs de Lucerne qui sont gravés dansnotre Topographie , il en est un que nous avons oublié de marquer àfa place, Sc qui est sor le grand chemin, à un quart de lieue de la ville,o U il y a un rocher curieux par ses couches. Platiihe 1 59.
(1) Le soleil adoré par les Taurifques fur le mont Gotthardt, dissertationde M. le Baron de Zur-Lauben, p- 9 >4- Zanch , 1781 , in-rp.
(1) Vo/tz fur le mot ancien uren pour désigner un taureau , dans leGlojfarium Atitic[uuatuw Teutonìcurum , pat Jean Schiller, tom. III, Lima:,
1718 , in-folio.
(z) De Bello Gallico , lib. Ví, p. 147-148. Venetiis, 1605 » in ’^ ‘ jjy
(4) Stoumpf a fait graver dans fa Chronique de la § ville , c0tt J.
liv. VI, chap. XXVI, p. 174. Zurich, 1J47 , in-folio , en allemand »trement de ce Conteur qui porte une chemise de mailles, tient avecgauche une épée de bataille , & sor la tête un casque armé de co
(5) Atlantiea, sive Manheim vera Japheti pocterorurv sedes, t0k- 741 * Upsalite, 1698, info!.