TOPOGRAPHIE
ZOZ
circonstances conviennent au pays d ’Uri. Le plus ancienécrivain qui ait parlé de cette contrée, est un Moine de•^■cichenau, dans le onzième siecle. Hermann Cohtraclusrapporte dans fa Chronique, fous l’an 732, qu ’Eddon ,Abbé de Reichenau, & depuis Evêque de Strasbourg,av °it été relégué par Théobalde, Duc à’Allemanie , dansîê pays d’Uri, in Uraniam. C’est ainsi qu’on lit dans lernanuscrit ( 6 ) de cette Chronique conservé à Reichenau,^ dont le caractère offre celui du te m s de l’Auteur. Lacharte (7) de la fondation del’Abbaye de Zurich en 8yzP ar Louis, Roi de Germanie, nomme ía contrée d ’Uria gèllus Uraniœ ,* ce pays faisoit alors partie du grandCanton de Turgau ou Zuric/igau , & il étoit situé dansc Duché d’ Allemanie. Un acte (8) de royq,, par lequel°dolf, Duc de Souabe, terminoit les contestations sur-venues entre les habitans du pays d’Uri & de Glatis, aude leurs limites, porte : Ab incolis Provinciarumr anie êC Clarone. Dans les actes du douzième siecle,^ pays d’Uri est nommé tantôt in Uran , tantôt Ure ,ren ì f^allis Uranice. Je terminerai ici mes observationsUr lenom primitif du Canton d ’Uri. Son étymologie feraV^tlque ; soit qu on adopte l’opinion qui le dérive d’un°cal montagneux, soit que l'on regarde ce nom commeanalogue au mot Uri , par lequel les Gaulois désignaient,ra pport de Macrobe (7), les bœufs sauvages, Uri enima lCa v ox ejl , quâ jeri bovesJignijicantur.çj> Oowme le Canton de Lucerne est au nord du lac, celuiri est au midi du même lac, qu’on nomme communé-^ ent Azc des quatre Cantons jorefliers , ôt dont j’ai°nné la description. Ce Canton est le plus méridional detQ nte la Suisse. En le limitant strictement (10) au paysst Ul en est proprement le Souverain , il a pour bornes auev ant la haute Ligue-Grise & le Canton de Glaris ; au^ 0u chant, le Val-Hasel, qui est di; Canton de Berne, lek atlt °n d Underwalden-le-Bas, & la Seigneurie de l’Ab-j a V e d Engelberg ; au midi, le Val d’Urferen, qui est fousa souveraineté du Canton d’Uri, & au nord, les Cantons^ch^eitz & de Glaris, & le lac des quatre Cantons> Okcstiers. 11 y a de la frontière du Canton de Schweitz,qu a Urseren ou Urselen , près de onze lieues, & de-la Seigneurie d’Engelberg jufqu’au Canton de Glaris,P re s de douze lieues. Mais quand on comprend fous legénéral du Canton d’Uri, les deux vallées Urseren.fa H LVenen ( au trement le val Levontina ), qui font fous®all° minatÌOn * à- si ui s'avancent au midi ; alors le pays0n ge avec ces vallées, ôc a aussi au levant la hauteE^e Grise, & le Bailliage de Bollenz, ou valle di Bre-
gno , au couchant, le Vallais Sc les Bailliages de Locarno& de Val-Maggia, & au midi le Bailliage de Riviera; 6calors fa longueur a encore douze autres lieues à traversle val d’Urseren , & par-delà le mont Gotthard Ôc leval de Livenen ; mais la largeur dans ces vallées a tout-au-plus une lieue, non compris les montagnes. Au reste,le pays d’Uri est pour la plus grande partie composé dehautes montagnes , entre lesquelles il y a des vallées étroi-tes , mais la plupart fertiles en pâturages.
La Capitale de ce Canton est Altorff (*); c est un grandbourg (11) bien bâti, situé à un petit quart de lieue au-dessus du lac, près de l’endroit où ía Russe s’y jette, 6cau pied de hautes montagnes. L’église paroissiale, dédiéeà S. Martin, est presque au milieu du bourg. L’intérieur decette église offre beaucoup d’élégance. 11 y a un couvent deCapucins ôc un de Religieuses, du Tiers-Ordre de S. Fran-çois, qui est hors du bourg. La Maison-de-Ville ôc l’Ar-senal méritent d’être vus. On y voie dans la.premiere l’hif-toire de Guillaume Tell (**), sculptée sur bois & demain de Maître , & plusieurs cartes dessinées du Cantond’Uri, qui font estimées. Altorff est le lieu ou se tientla régence du Canton. On y . observe encore le local dela forteresse que l’Empereur Albert y avoit fait bâtir, pourtenir en bride les habitans, ôc qui fut rasée en 1308. Mai?ce qui donne au bourg d’Altorff des droits particuliers àl’attention du voyageur, c’est qu’il fut, pour ainsi dire,le berceau de la Confédération helvétique. C'est dans Al-torff qu’en 1307, le tyrannique Baillis Gesjler , vulgaire-ment dit Grijler (12), exposa si arrogamment son bonnetau salut ou plutôt aux outrages. C’est d’Altorff qu’estsorti Gautier Furst , digne compagnon de "Werner deStauffach , ôc d’Arnou de Melckthal , les trois premiersConfédérés.
A côté de l’Hôtel-de-Ville est le Béfroi ou la tour del’Horioge , fur laquelle est représentée peinte Thistoire deGuillaume Tell. On voyoit encore en 1567, dans lé marchépublic, le tilleul auquel avoit été attaché l’enfant de cegénéreux Uranien, lorsque ce pere infortuné fut condamnéà abattre la pomme placée dessus la tête de ce sils chéri.C'étoit près de ce tilleul que le peuple du Canton d’Uritenoit son Tribunal de Justice & ses Comices. La tradi-tion porte que Tell tira la pomme à une distance de centvingt pas. L enfant étoit placé près de l’endroit où est pré-sentement une belle tour peinte, à côté de l’fcsôtel-de-Viile ,ÔC le pere à celui où est une fontaine -publique, qu’on ap-pelle la fontaine de Tell , fur laquelle parole la statue dece preux défenseur de la liberté.
lits est - f j Abbas à Theobaldo ob odium Iíaroli in Uraniam releg;
les les*éd‘ . eo< ^ em anno , pulso Theobaldo, à Karolo restitutus est. —— Toicett e l e 10n . S ^rmann ContraSlus portent Murmïam ; mais l’origine cdìdUr (S Vicie “se Est palpable , ainsi que l’a observe' M. l’Abbe' GrmM. i e g 1 ‘ ^ i’Egl. de Strasbourg, tome I, p. 169 ), après la copie qiíìeclg, gV° n ZuT-Lauben lui avoit envoye'e du manuscrit du onzienl’Abbay e ^ evo * t à Dom Maurice Van-der-Meer, ancien Prieur c
kene'diín C ^’ nau - Lc aujourd’hui Secrétaire-Général de la Congre'gatic
( 7) ç“" e . deIa Suisse.
^ Ve «ticor * Ìman ’ I e Rebus Helvet * Hb- IH, cap. V, p. 547-349. Friburk- ìo 8 < xt ' in-4 0 » —— Heumann , de Ke Diplomaticâ Imperatorun
(8) Hot°ting berSœ ’ 17 * 3 ’ in ' 4 ° ' cum fi&
U) Saturn h’ specu} * Ti g ur « P- --I 6 & 219. Tiguri, 1737, ìn-11, St' "h. VI, cap. IV, p. 484. Lugduni Gryphius, 1548,^-8
(10) Leu . Dict. hist. de la Suisse , tome XVIII, p. 704 & suiv.'
Faesi, Topog. de la Suisse, tome II, p. 127 &suiv.
(*) Planche 93.
(11) Leu, ibidem , tome I, p. 164 , Lc suiv.
Faeíì, ibidem. Tscharr.er, Dict. ge'og. de la Suisse, tome I, p. yp;
(**) Planche 213 . .
(ï2) Voici un ancien distique sur ce barbare Gouverneur, qui est defrenuPexécration de la poste'rite'.
Qui pretfum quoictm lu it, Grip.re, pepellum.
Films, Bdvetici Fœderis axfa fuit.
Le Lecteur peut lire la lettre de M. le Baron de Zur-Lauben à M. lePrésident He'naut, sur la vie de Guillaume Tell, imprimée à Paris, 1^67,in-iu