Band 
Tome deuxieme et dernier.
Seite
333
JPEG-Download
 

T O P O G R A P HIE.

ànier aurolt bien désigné la situation du Bas-Aégeri ,siuiest au bord dulac, dans l’endroit où en fort lariviere0ret Kr Quoi qu’il en soit, le nom , comme on voit, estceltique, de quelque maniéré qu’on l’explique.

Le lac d 'Egeri, en latin Aegerius ou Egeri us lac us , surL frontière du canton de Schweitz, a une lieue de long,bir une demie de largeur ; il est très - profond Ôc très-poiíTonneux , & la riviere de Loretz en fort. J’ai fous lesyeux la Carte de ce lac, géométriquement levée en 1774,P ar M* de Landwing , Lieutenant - Colonel en France,c-ue mente d’autant plus l’attention du Voyageur, qu’elleL conduit à la tête de ce lac, où s’est donnée en 1317 laLmeufe bataille de Morgarten , qui, en assurant la liberté^ es trois Cantons primitifs , a, pour ainsi dire, préparé laConfédération générale de la Ligue helvétique. Je vaisLivre cette Carte dans tout son contour.

Le Bas > Egeri , en allemand Unter ou JVeil- Egerì ,e ft un village de paroisse à une demi-lieue du Haut-^§cri, à l’extrémité du lac, près de la sortie de la riviereà Loretz. Entre ce village ôc celui du Haut - Egeri,etl allemand Ober-Egeri, on trouve le long du lac plu-feurs habitations ; Lutibach , avec un ruisseau du mêmen °m, ôc la tannerie dite Gerweh : le Haut-Egeri est uneParoisse considérable par son étendue. Le village est coupéP ar un torrent fur lequel il y a un pont près de la maisonà Conseil. En remontant le lac, on trouve sur sa riveLs habitations dites fE'agners , Lendlé , Sul^matt , Tra-e ^ er , TeufsetJ , lm-W'inciiel , Ey ers hais , In-der-Weid ,'Scranken , Haselmatt , Schoenenfort , Alkaus 3 ôc entrecette ferme ôc celle de Jagmatt , le ruisseau Kufsbach.lci le lac, qui depuis le Bas-Egeri est toujours dominéP a * des montagnes fertiles en pâturages, offre un contour^ en forme la tête , & au milieu duquel est fur une5 ”°lline la ferme dite Balmly , près de laquelle entre danse Le le ruisseau Trumbach , qui a fa source dans la mon-ta gue, à la droite du hameau de Schornen (*), dans le can-de Schweitz. De la ferme Jagmatt dont j’ai parié, il y achemin qui conduit au pied de la montagne de Mor-^* rten j & au bas des fermes Heinifwald , Fijieren , Warth ,du rocher Bigler - Eluoh j usq u’à Schornen , entre laMontagne de Morgarten ôc celle de Keiferflorck , mon- ,ta gues très - escarpées, il y a un vallon large d’ún petit^ Uart de lieue, coupé par des collines ou hauteurs , furRuelles font placées les fermes Tschuplen ôc Archen.

^ a borne du canton de Zoug, fur la frontière de celuie Schweitz, fe trouve au-dessous d 'Archen , & au bas^ r ° c dit Bigler - Eluoh , que j’ai déjà nommé. Ce futde 1 CC , dans cette partie du Morgarten , voisine^ a ferme de TVorth , ôc fur le terrein du canton de5 que fe donna la bataille de Morgarten. Toutede P artae , jufqu’à Altstatt , au-dessus de Schornen ,esc 3 C ^ a P e ^ e de Saint-Jacques ôc du Schalg , est très-j> ar Pde, ôc proprement une chaîne de rochers. II est bonSt que le vallon au bas du Morgarten , ôc qui est

j> e psr le ruisseau du Trumbach , offre tous les indices

M Un an '

^cien marais, qui a été saigné avec le temps, ,ôc

333

dont une partie étoit fous les eaux du lac à l’époque dela bataille de Morgarten ; ce terrein a été gagné fur lelac, lorfqu’auprès du Bas-Egeri on creusa un lit plusprofond à la riviere de Loretz à fa décharge du lac. Maisen 131 y, date de la bataille, la Cavalerie autrichienne,fur laquelle les Suisses faisaient rouler de leurs hauteursde grosses pierres, ôc ne pouvant plus régir fes chevaux,fe jetta en grande partie dans le lac voisin, fans reprendrele chemin du Haut-Egeri, le long du lac par les endroitsque j’ai désignés. Le nom même de Morgarten ou Moer-garten , c’est-à-dire, le jardin ou /enclos marécageux ,dénote évidemment le local fangeux du vallon que cettemontagne domine ; & encore aujourd’hui , pour peuqu’on y enfonce un bâton, particulièrement dans les en-virons du Trimbach , on le retire chargé d’un limonnoirâtre. Mor )'2y ) ôc Moer en celtique , désignoient unlieu marécageux. Les Belges ou Flamands disoient au-trefois Moerig , ainsi qu’ils parlent encore aujourd’hui.Ce mot diffère peu de Moril , gros village du Valiais,appellé en franqois Mores , ôc en allemand Moril , fur lariviere la Morges. Je pourrois encore citer d’autres en-rdroits de la Suisse, Morat , anciennement Moerten , ôc dansl’allemand moderne Murten , Merijchwcind ou Merens-chwand , ôcc. qui ne doivent leur nom primitif qu’à leurproximité d’un local marécageux. L’on a plusieurs des-criptions de la bataille de Morgarten ; celle qu’en a don-?né (28) le savant Jean Conrad Lbe/J/M, de Zurich, estencore la plus exacte. Mais faute d’avoir visité le Morgartenôc le vallon adjacent, il n’en a pas décrit le plan avec l’œild’un Militaire. S’il fe fût transporté fur le local, il eûtvu le hameau Schornen , placé à la gorge entre la con-tinuité du Morgarten ôc le Keiferfìocfc , Ôc par la-quelle, en passant vis-à-vis la chapelle de S. Jacquesôc de Scherannen , on entre dans un défilé hérissé derochers, autour duquel est le chemin au village, de Stat-tel : si les Suisses eussent attendu au-dessus de ce défiléla Cavalerie ennemie, il ne s’en fût pas échappé un seulhomme; mais leur confiance dans le retranchement qu’ilsavoient prolongé depuis Roten Kurt par le Morgarten ,jufqu’à la montagne de Keiferjlock , & qu’ils avoientfortifié d’une tour à l’eatrée de Schornen , tour qui existeencore, ôc encore plus la précipitation avec laquelle lescinquante bannis du Canton , postés fur les hauteurs duMorgarten , ôc séparés de i’armée des Confédérés , fedécouvrirent les premiers , en roulant des pierres ôc desgrosses pièces de bois fur les Autrichiens, qui, fans cetteattaque imprévue, eussent continué leur chemin, surentles causes qui empêchèrent la destruction générale de .l’armée du Duc Leopold. Ce Prince ne fe doutoit aucu-nement de la marche que les Confédérés avoient faitependant la nuit, veille de la bataille , pour gagner leMorgarten ; il les croyoit occupés de la garde du retran-chement S Art , à la tête du lac de Zoug. II est vrai quefans l’avis que leur donna Henri de Hunenberg, ainsi queje l’ai marqué à l’article d 'Art , dans la description ducanton de Schveitz , Leopold passoit tranquillement, &

1*0 tt '”’- w

■ * «ochat, iiíá.jtom,I,p. 1J1 -ip.

( 2.3 ) Nouveau Magasin Littéraire de Hambourg , trente - quatrièmeSection, p. 320-360. Leipzig 1769, i«- 8®, en Allemand.