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Le district , dit Ennet - Llnth , au - delà de la Lint , ades maisons éparses, & il a souffert beaucoup avec levillage de Linthal , des bébordemens de la Lint en ,à-jz 6 y en 1762 & 1 j'úq. Ermet -Linth n’a pas été encore«ntierement rétabli de son désastre. On y voit une F.gliseparoissiale. C’est la paroisse Réformée de la communautédu Linthal ou V 2/ de La Lint, qui est composée de neufcens personnes ; elle fut fondée en 1285.
•Le village de Linthal est bâti vis-à-vis du district En-tnet-Linths, un pont fur la Lint les sépare. En 15 zi, aprèsla bataille de C appel y où les cinq Cantons catholiques bat-tirent -les Zurichois, il avoir été stipulé que la Messe seroitrétablie dans le Linthal. Cette condition de la paix futobservée , & les Réformés du Linthal allerent au Prêcheà Bettschwarid. Mais en r 5Z4, la peste ayant enlevé leCuré de Linthal , F-ridolin Brunnery Ministre de Betts-chwand , fut appelle au Linthal par les habitans eux-mêmes; & ses sermons leur plurent tant, qustls rétabli-rent l’exercice de la nouvelle Réforme.
Brunner eut pour successeur , dans les paroisses deJBeufchwand & de Linthal un Bodmer , de Zurich ; celui-ci eut l’imprudence de prêcher vivement contre la Reli-gion catholique ; ce qui aigrit si fort ceux du Linthal quiétaient restés Catholiques, qu’ils redemandèrent un Prê-tre aux cinq Cantons catholiques, & fur les menaces deces Etats , il fut arrêté èn 1556, dans une assemblée géné-rale du Canton de Claris, que la Messe seroit rétabliedans l’Eglise de Linthal. Alors les Réformés de cet en-droit , furent de nouveau obligés d’aller au Prêche àBettfchwand, Depuis Linthal s’étend, pendant une fortelieue, une chaîne exhaussée de pâturages , que l’on appelleAu-gâter } & où l’on trouve plusieurs maisons. De-là onarrive par une belle forêt au fameux pont de Panten (14),
( pans Peadens ), qui est à une lieue & demie de Linthal.Ce pont est voûté en pierre de roc, & attaché auxdeux côtés du rocher. En voici la description d’aprèsSchenchxer (15); ( on en voit la gravure dans la Topogra-phie de la Suisse par Herrlibergeu ). Un Architecte pourraapprendre, en voyant la structure de ce pont merveilleux,comment il doit attacher des ponts dans des situations aussiélevées & aussi sauvages, & comment il doit les étendred’un endroit'à faune. Un Peintre de paysages, qui ira visi-ter ce local, ne regrettera point son temps ni ses peines ;il verra ici une perspective qu’il ne trouvera peut-être pasdans tout le reste de îa Suisse, excepté aux eaux minéra-les de Pfefers , entre la source Sc le bâtiment des' bains.Sur le pont de Panten , on découvre une profondeurperpendiculaire de quelques cent pieds, & également au-dessus , vers le midi, qu’au - dessous du côté du nord , unaffreux ab y me de rochers, qui peu à peu s’obscurcit par ledéfaut de jour. On y apperçoit sous les rochers le torrentdit Sand-hach , ou le Ruisseau de pojjìere , qui mugit &écume dans une profondeur effroyable, & qui est cepen-dant la source principale de la Lint. T ou t cet aspect, depuisune si grande élévation, dans un pareil ab y me, fait frémiri’œii de f hom me le plus intrépide. U ne faut pas auslì
LA SUISSE .
oublier ici les deux chûtes d’eau admirables qu’on voitencore derriere Linthal , l’une du Fetschbach , & 1 autredu Schraen ou du Eissmattbach , autrement le ruisseau deFijfmatt.
Après avoir satisfait ma curiosité fur la grande vallée dela Lint , je vais retourner fur mes pas à Schwanden , p° uraller visiter f autre vallée moins considérable, qui est sépa-rée de celle de la Lint par la chaîne du Treiberg ou de laMontagne franche. La vallée de Sernft est étroite jchemin qui y conduit fur la gauche de la Sernft , âpresavoir passé cette riviere fur un pont en sortant de Schwan-den , pour aller du côté de Sool } n’est pas merveilleux*M. Trumpi désiré, dans fa Relation, que ses compatriotesouvrent, entre le val de Sernft & la grande vallée du Can-ton, une plus grande communication. Ce travail seroitd’autant plus nécessaire , que plus du tiers des alpes desGlaronois est placé dans le voisinage & les montagnesde la petite vallée.
Le Ministre Walfer marque, fur fa Carte du canton deGlatis, que tout le val de la Sernft ne voit pas le foleUpendant six semaines de l’hiver. Mais M. Trumpi , Glaro-nois , lui reproche ici son inexactitude. Les deux premiersvillages S Engi & de Matt , qu’on trouve en y montant,voient le soleil toute l’année. Et à l’égard d 'Elm > quiplus haut, le soleil ne s’y montre dans l’hiver fur 1 hon*’son, que quatre, cinq, ou six semaines. Cela dépend dulocal des maisons. Les montagnes voisines au midi cachentle soleil.
Le chemin par le val de Sernft est pénible ; on P eUl ;néanmoins le faire à cheval. La longueur de la vallée, q uíest entierement habitée par les Reformés , a trois lieues»En général elle est fertile ôc pour fhomme ôc pour l eSbestiaux. On entre dans la vallée par une forêt obscurelongue de près d’une lieue, & capable d’écarter le v 0 J^ sgeur. Cette forêt est assise sur une montagne étroite, aUde laquelle on entend le mugissement de la Sernft.
On s’avance ensuite au village d’Engi. En 1762 ce vlage a beaucoup souffert des débordemens de la Sernft}torrent qui descend de l’alpe de Mulli , & de 1ment de terre & de pierres qui tomberent de l’alp e
tern.
II y a deux grandes lieues pour aller du bourg àtSch^ a ^den au village de Matt , le second du val de la Sernft f
o * • Á sVlî flÉ/
le premier après celui à’Engi, dont il est éloignedemi - lieue. L’Eglise paroissiale de Matt passe pourancienne du Canton après celle de Glaris. Elle fut ^en 1261. On fa beaucoup renouvellée en i/^i*paroisse comprend Matt & Engi , & elle contient en'mille âmes. Le village de Matt s’étend depuis 1 ë* j gjusqu’au torrent impétueux dit la Krauchtal - bnc ^ .Krauchbach, qui fit tant de dégâts en 1762. H ^^ sC0sieurs maisons éparses à une lieue fur la hauteurqu’on appelle les Montagnes - blanches , ( tn denbergen ). Elles font habitées toute Tannée.
Entre Matt & Engi , on voit les masures de aCouvent des Religieuses dites in-den-Awwen > ( en
(14) En allemand , Bantsnhmk > ou Pandtenbruck. Voyez Leu , tome II, (15) Hifl. Natur. de la Suisse, tome Iï, SeCL ?6.
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