Band 
Tome deuxieme et dernier.
Seite
368
JPEG-Download
 

3 -6S TABLEAUX D

quelquefois fur la table avec d’autres écrevisses cuites,-quand ©n veut se divertir aux dépens des étrangers, quime connoissent pas ce phénomène de la nature. Depuisquelques années la Société helvétique de Schinzenacht,«tient annnuellement ses séances à Olten. Nous en avons.parlé ailleurs. II y a aussi hors de cette ville un couvent<de Capucins, avec une terrasse très - agréable fur l’Are.' 3 La ville a perdu beaucoup de ses privilèges en 16 y z, mais«Ile a encore deux Conseils ôc une Justice inférieure. Ilsíont tous nommés par le Baillis, qui porte ici le titre•á’Avqyer. Ce Bailliage est limitrophe de ceux de Goes-jgen 6c de Bechbourg , de la banlieue de la ville d’Arau,à du bailliage d’Arbourg, qui dépend du canton de Berne.-Les habitans d’Olten sont industrieux, le terroir est très-Certile.

On trouve dans le bailliage d’Olten les Paroisses deStarkûrch, 6c de Grenzenbach ou Grezenbach ; le villageDulliken est dans la premiere de ces paroisses, & celui deSchoenenwerd, dans J a seconde.

M. l’Abbé Grandidier (19) a le premier fait connoître,par de s titres authentiques, l’origine du Chapitre de Schoen-enwerd , Collegiata (20) Werdenfis. Cette Prévôté étoitprimitivement un Monastère fondé en l’honneur de Tapô-tre Saint - Paul , 6c connu fous le nom de TPerits ouPerd. II étoit situé près de Grezenbach , fur la route qui•conduit d’Arau à Olten, dans cette partie de la haute Al-lemagne , qui forme le canton de Soleure. La Collégialesubsiste dans le même endroit, à la différence qu’elle estsituée aujourd’hui fur une colline, à la droite de l’Are,-au lieu que le Monastère avoit été fondé dans une isleformée par cette riviere. L’Are, trop turbulente dans soncours , avoit entraîné l’iíle où le Monastère de Verd avoitété fondé, 6c obligea les Chanoines de s’établir à deuxcens pas de - là fur une hauteur, où ils se trouvent à T abrides inondations. Le Monastère de Verd existoit dès le mi-lieu du septième siecle, comme on le voit par la légendede (21) Saint Germain, Abbé de Grandval, au Diocèsede Baie, & auparavant Moine de Luxeuil. Germai» gou-vernoit en paix les trois monastères dont il étoit Abbé,Grandval , Perd ôt Saint -Urfanne'-, lorsque touché desviolences qu’Athic, Duc d’Alface, exerçoit fur les peu-ples de la vallée de Grandval ôt des environs, il osa enfaire des remontrances à ce Seigneur. Sa liberté lui coûtala vie. Le Duc le fit tuer avec Ramdoalde son Prieur, parses soldats, le 21 de F évrier vers Tan 662. Le Monastère de.Verd, depuis la mort de Saint Germain, continua d’êtrerégi par les Abbés de Grandval, qui en conservèrent lajurisdiction spirituelle, même long - temps après son réta-blissement, & peut-être jusqu’à sa sécularisation, où ilcommença à dépendre du Diocèse de Constance. Cepen-dant le Monastère de Verd dépérissoit insensiblement,

<19) Histoire de l’Eglise 8c des Evêques - Princes de Strasbourg, tom. I,p. 30J - 3 iz. A Strasbourg, 1776- in ~ 4 °* avec

(zo) Ce n’est que depuis la fin du treizième siecle que Verd set appelleSchoenenweri ou Clara V/eria.

(zx) La vie de Saint - Germain, écrite quelque temps après fa mort paríe Prêtre Bobolene, est inférée dans le Recueil des Bollandifies, tome III,Febmariì , p. zéj ; 8c dans les actes de POrdre de Saint - Benoît, par DomMabillon, tom. II, p. 4§i. Les trois Monastères dont Saint-Germain avoit

E LA SUISSE.

soit par les inondations fréquentes de T Are, soit par L*différentes guerres qui désolèrent la France sous les der-niers Rois de la premiere Race, Verd étoit presque réduità rien. Ce n’étoit plus qu’un simple Hospice, lorque Car-loman, Roi d’Australie, confirma (22) vers Tan 77 ° > aT Abbaye de Grandval des privilèges que Pépin son pere,6c les Rois ses prédécesseurs, lui avoient accordés, ainíìqu’aux Eglises de fa dépendance. Ratpert, qui exerçoitdans le pays les fonctions Episcopales, fans être attaché aaucun Siège , fut touché du triste état où il voyoit lemonastère de Verd. II le rétablit quelques années aptes,ôc les bienfaits dont il le combla, lui méritèrent le titrede Fondateur. II changea le nom de Saint-Paul qu il p or-toit, & dédia le nouveau Monastère à S. Léger. Le cultede cet Evêque d’Autun étoit alors très répandu ; & ostprétend même que ce Saint avoit été, au septième siécle?un des bienfaiteurs du Monastère de Verd dans fa primitiveinstitution. L’Evêque Ratpert, pour consolider en même-temps son nouvel établissement, crut devoir en faire do-nation à une Eglise célébré ôt puissante, capable de sost"tenir sa fondation dans son origine, ôt de la sauver dustsecond anéantissement. II choisit l’Eglise de Strasbourg >ôt fit aussi - tôt présent du Monastère de Verd à TEveq llSRémi, qui occupoit alors le Siège de cette ville- La donation íe fit en régie, ôt R atpert en mit en possession Ivêque de Strasbourg devant des témoins par le couteau <c’étoit alors ( 23) un des signes les plus ordinaires ael investiture, dont les anciens faisoient même mention dan sleurs actes. Rémi, par reconnoissance, accorda le Motere de Verd à Èrlulpfe 6t à Cundbert les deux freresl’E vêque Ratpert: il les en investit aussi-tôt; mais ceuX^ci ne le conservèrent pas long - temps : ils le rendirent ^Rémi, en faveur d’un présent qu’il leur avoit fait, 1

l’obtinrent de cet Evêque seulement pour leur vie?moyennant une redevance annuelle. Rémi prit de noupossession du Monastère de Verd, en présence d un g raI ^nombre de témoins ; & Erlulpfe & Cundbert, consortsment à la loi des Allemands , mirent entre les mai nSl’Èvêque de Strasbourg un fétu de paille, pour mon-t^qu’ils renonçoient à toute propriété. Quelque temps 2p ^

TEvêque Rémi fit son testament le iy Mars 77 ^ ) P a . rquel il nomme TEglife de Strasbourg sa Légataireselle. II lui donne Ôc soumet le Monastère de Verd , te fsol’avoit fondé Ratpert, ôc aux mêmes conditions sou^quelles il l’avoit reçu lui-même d’Erlulpse ôc de ^bert, c’est-à-dire, qu’après la mort des deuxpropriété, ainsi que Tusufruit, appartiendroienta 1 ctde Strasbourg. L’original de ce Testament est consesjles Archives épiscopales de Saverne. M. l’Abbé rdier (24) Ta publié avec de savantes Notes. En vertTestament de l’Evêque Rémi, la propriété du Mon

orl fr Gr^ s

direction, y font nommés S, Urjicini atque Verdunenfe , necn0llense. • . ^ pstûi

(zi) Cette Charte nomme Verd , Ctlla Vertense in honorentinstructa. _ 43'

On la trouve dans YAlsatia Dìplomatiea de M. Schoepfli n > * orn

(m) Du Cange, in Glolfario , tom. III, p. ip7. ^re de V eí ?

( 14 ) Ibid. tom. II, preuvet, p. cxxx —— cxxxru Le Jm/is» V*

t nommé dans ce testament, Monafleriolum Wsrith » super p