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Tome deuxieme et dernier.
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TABLEAUX DE LA SUISSE .

-3íunoch , à mot Latin Munimentum , boulevart , rem-gian» Cet ouvrage est bâti en rond, ôc le dessus fait en plate-forme , pour y pointer du canon en cas de besoin ; les mu-railles font fort épaisses. On fit cet ouvrage en 1564, à laplace d’une vieille tour. L’arsenal est fourni d’armes &autres instrumens de guerre, pour armer la Bourgeoisie-à les sujets. La Ville contient d’assez grandes places &plusieurs belles fontaines, entr’autres une fur laquelle estla statue en pierre de Guillaume Tell ; ce Héros Uranien•à qui fa liberté Helvétique a tant d’obligation. II ne fautpas oublier le pont fameux fur le Rhin. M. Andreae dansfes Lettres (6 )fur la Suisse, en a donné deux dessins avecTexacte description de fa structure, qui lui a été communi-qué par M. Jet^ler , de'Schafíhaufen. L’ancien pont, moi-tié en pierre, moitié en bois , s’étoit écroulé le 6 Mai1 yyq : un simple Charpentier ( 7 ), obscur habitant deHuffen , village du Canton d’Appenzell-Réíormé, proposaM Magistrat deSchaffhaufen, de jetter un pont de bois,qui enjamberoit d une feule arche les deux rives distantesde près de 340 pieds. Le Magistrat exigea qu il fût coupéen deux arches, & voulut que l'on employât une pile in-termédiaire que le Rhin avoit respectée en entraînant le-vieux pont. L’Architecte obligé d’obéir, a cependant,dit-on, éludé i’ordre en construisant cet étonnant édifice,de maniéré que la pile ne porte absolument rien, & sonouvrage également solide sans elle, en auroit été beau-coup plus beau. On ne peut imaginer comment un hommeignorant en Mathématiques, fans étude quelconque, fans lamoindre théorie de la méchanique ; enfin comment un simpleCharpentier a pu concevoir le plan d’un édifice aussi hardidans fa construction. Doué par la nature des talens les plusextraordinaires ,êc guidé par son génie dans la pratiquedeson art, il s’éleva tout seul à la perfection, & l'on doit leplacer au rang des plus ingénieux Architectes de ce siecle;íl a fini en (8 ) trois ans ce pont qui a coûté 90000 florins,c’est-à-dire plus de 200000 livres tournois à la ville deSchaffhaufen.

Passons à la description du Canton de ce nom , qui estpartagé en plusieurs petits Bailliages, dont neuf portent letitre de Préfecture , en Allemand Qbervogtey , & font dis-tribués par le fort aux membres du Petit Conseil. Neu-icirch porte seul le titre de Grande Préfecture , en AllemandJLandvogtey ,* le Baillis est choisi dans le Grand-Confeil,à même dans le corps de la Bourgeoisie , & il est obligéde résider dans la petite ville de Neukirch , dans le hautrau. La durée de fa gestion dure six ans. Les autres

Préfectures n’exigent point la résidence locale, & ceuxquiles obtiennent en jouissent pendant leur vie ou juiqu aqu ils soient élevés à de plus hautes Charges. On p euCappeller de leurs Sentences au Petit Conseil.

I. Buch ; ce petit Bailliage est séparé du Canton par ^Landgraviat de Neliembourg ; il est situé dans le Hégau,entre Ramfen & Randeck ; on y trouve les Paroisses Bu3iGailingen & Buefingen, & quelques Hameaux. La basseJurifdiction de Buch appartenoit anciennement à l’Abbayede Sainte-Agnès , à Schaffhaufen ; elle la vendit en 1 pP tà noble Jean Peyer , Bourguemaître de Schaffhaufen ,celui-ci la vendit la même année à cette Ville qui la p 01 'fede actuellement. En 1725 , ce Canton acheta de lEni'pereur Charles VI la haute Jurifdiction fur ce district q ulfut alors entièrement séparé du Landgraviat de Nellenbourg. A Buefingen, les Nobles Im-Thurn ont la basseJurifdiction ; mais la haute dépend du Landgraviat Autrichien de Nellenbourg. Ces Nobles Im-Thurn (*) sont, fa nScontredit, la plus ancienne (9 ) & la plus illustre Maison deShaffhaufen; les deux villages Wydlen, le fuperieutT inférieur, font partie de la Paroisse de Bulsingen ; niaisleur haute Jurifdiction appartient, depuis 1723 , au ^ anton qui l’acheta de la Maison d’Autriche, c’est aussi urldémembrement du Landgraviat de Nellenbourg.

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II . Thaingen ou Thayngen , le plus écarté de tousBailliages du Canton, vers le levant ; il a pour limitesterritoire Autrichien de Nellenbourg & les PréfecturesBufch & Herblingen, qui font à la Ville de Schaffhaufen'Le Bourg & la Seigneurie de ce nom ont appartenu soncessivementà plusieurs familles nobles. Le Canton en acquitune partie en 1461, par les Armes, & Pautre avec v ,zheim, en 1580, par achat. La maìfonlm-Turn possede 3Thaingen, depuis 1400, une partie de la basse Jur»tion. Ce ne fut qu’en 1723 que le Canton acheta de 1 jinpereur la haute Jurifdiction de ce Bailliage , qui al jP aravant étoit dans le ressort du Landgraviat de Nebourg.

III. Herblingen Reyet , Bailliage limitropheLandgraviat de Stuhlingen, des Préfectures de Thaingen >de Buch , &: de Merishaufen, & de la Banlieue de la vlde Schaffhaufen. II s’étend du nord au sud dans 1 espacetrois lieues. Le terroir où il est situé fe nomme A

c’est un pays montueux ôc qui fait partie du Mont

(fi) Préface, pag. XI - XXI, 8c Lettres, p. ? 9 - 40. Voyti aussi les Lettresde M. Coxe , fur la Suisse, avec les Observations de M. Ramond, tom. I,p. 10-14, & 82, 85.

(7) Jean-Ulric Grubenmann ; dans le même temps son frere Jean Gruben-man , bâtissoit un pont sur le Rhin, à Reichenau, chez les Grisons, qui n’aqu’une feule arche de deux cens-quarante pieds d ouverture.

L’Architecte du pont de Schaffhaufen , bâtit en 1764, un pont de bois dequatre - vingt pas de long, d’un seul jet, sur la Lhth, entre le bourg de Gla-na & celui d’Enneda. II a aussi construit le pont de Wettingen, à un quartde lieue de Rade. sur la Limmat. Celui - ci, qui a quatre-vingt pas de longd’un seul jet, est forme' de dix reprises artistement suspendues fous une véri-table voûte de bois, peu courbée , 8c dont l’ouverture est de toute la lon-gueur du pont.

(8) En 1758. On peut voir le modèle du pont de Schaffhaufen à Paris auSureau des Ponts & Chaussées. L* Auteur anonyme , François, des Lettres

fur la Suijfcy en 1781. tom. J, 90 & suiv. Geneve O Paris f 1785. 1 f.â- s’exprime ainsi : « On vante beaucoup le Pont de Schaffhau e ^

» trust par un Charpentier d’Appenzel nommé Ulric Grubermann■ ^ s

» qu’il est fait avec hardiesse ; mais il a le défaut de tous ^ es P onts j el)rS» de la Suisse, c’est d’être lourd Sc fans grâce. Les Suisses font couvr .

» ponts de bois, pour les garantir des injures de l’air 8c de la ' c0 u-» ils ne s’apperçoivent pas que la quantité de poutres qui fervent a - 0 ns»» verture, leur coûte dix fois davantage que ne coûteroient les rep ^

» qu’il faudroit y faire en cinquante ans. Ces ponts couverts n v0 it-m d’élégance ; 8c un grand inconvénient, c’est qu’à midi à peine

va P 1

lus

» on assez pour n’y pas accrocher. Dès que le soir arrive on JeS

» qu’à tâtons : car les Suisses ne fe font pas feulement avisés d y 10s, lanternes ».

(*) Planche, n°. ryy.

(9) Leu, ibid. tom. XVIII, p. 147 - iL4, &c.