TOPOGRAPHIE. 3 Sr
fondation ou leurs principales donations Ces Baronss éteignirent vers l’an qjo, & leurs domaines pafferentP ar mariage, par vente & autres révolutions, en d’autresaiíons. Ulric de Landenberg , qui avoit épousé Verene,a ronne d 'Alten-K.lin.gen , & qui résidait à Greissensée,toit, en 1370, Seigneur d ’Altein-Klingen. En 1585 ,éonard Zollikofer , Conseiller & Trésorier de la ville dea inc«Gall, acheta de la Maison de Landenberg, la sei-gneurie d’Alten - Klingen ; & n’ayant pas d’enfans, il laai / a comme substitution aux fils & à tous les descendans (p)tnales de ses deux freres Laurent & Georges, & annexa à^ e tte substitution sa maison de campagne de Pfauen-Moos ,ans territoire de l’Abbé de Saint - Gall, & plusieursPossessions dans le Rheinthah Cette substitution, dont ilI ^gla la forme, fut confirmée par les cantons souverainsde la Turgovie & du Rheintlial, & par T Abbé de S. Gall:e ^ e continue d’appartenir à la famille de Zollikofer , sui-Vant le règlement primitif du fideicommis. On prétend queCest L plus considérable de toutes les substitutions quiexi stent en Suisse. On voit au château d’Alten - Klingen,Utl tableau qui rappelle l’histoire singulière d’un chien : lav °ici. Léonard Z ollikofer , qui acheta Alten - Klingen,& rebâtit ce château en 1585, avoit été en iy82'députéde la ville de Saint - Gall à Paris , au renouvellement de
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nuance des Cantons avec le Roi Henri III. En sortantd e sa maison, il avoit ordonné à ses gens de garder enfer-mé un chien, qui lui étoit fort attaché. L’ordre avoitdté exécuté pendant quatorze jours , mais au bout de cete mps le chien s’échappa & disparut. Son maître avoit^pendant continué son voyage à Paris avec les autresdputés du Corps Helvétique; mais quelle fut fa fur-P ri se, lorsqu au moment de Paudience du Roi, il se vitfailli au col par son chien, qu’il avoit laissé à Saint - Gall.^* et animal, plein 'de caresses, ne cessoit de lui exprimers es transports. Ce spectacle étonna le Roi &. les Ambassa-deurs Suisses. Zollikofer , confus & presque déconcerté,rac °nta l’aventure de son chien ; comment, malgré les or-dres précis qu’il avoit donnés en partant pour le tenir fous, a tdef, cet animal s’étoit échappé, & comment le seul^ftinct lui avoit fait faire une course de plus de cent-vingtle ues jusqu à ce qu’il retrouvât son maître, sans que per-s°nne l’eût mis fur la voie. Zollikofer , à son retour enSuisse, fìt peindre l’aventure de son chien, dans un tableaumériterait d’être gravé. La seigneurie d’ Altein-Klin-Ì en comprend trois Jurisdictions inférieures , Wigoldin-, Maerjletten & lllart.
La Jurisdiction Engkweilen , entre Alten - Klingen ,^ i® lac inférieur de Constance, dans la paroisse de Lip-P er fchweilen, est possédée comme fief du haut - Chapitred e Constance, par trois familles du village Enggweil, qui° nt Meyer, Egglof&c. Enggweiler.
La Jurisdiction de Hattenhaufen & de Hefenhausen ,* Vec les deux villages de ce nom, dans la paroisse de Lip-P er fchweilen, appartient par indivis à M. de Breiten-Lan -^f^ er g , qui demeure au château de Salenfiein , & à• Zollikofer , Seigneur de Hard.
La Jurisdiction de Lipperfchweilen , distante d’une lieuedu lac de Constance, sur le grand chemin de cette ville,appartient au Chapitre de Saint-Jean dans la même ville.Les habitans de la paroisse de Lipperfehweilen font de laReligion Réformée. La collation dépend du même Chapi-tre , conformément au Traité de Paix d’Arau en 1712.
Ces Jurifdiclions font fou s la direction du Baillis deReichenau, c’est-à-dire, de l’Abbaye de ce nomi dansune isle du lac inférieur de Constance. Ce Monastère, del’Ordre de S. Benoît, fut fondé en 724, par S. Ptrmin ,Chorévêque ou Evêque régionaire, avec le secours d’unriche Seigneur Allemand, nommé Syntla-^\ il fut pri-mitivement appellé Syntla^au , en latin MonafleriumSintleo\efaria , ensuite Ow , en latin augia , qui signifieprairie , & avec le temps elle fut nommée Reichenau ,Augias dives , à cause des grandes richesses qu’elle passé,doit. S. Pirmin mourut en 754. L’Abbaye de Reichenaucomptait cinq cens Gentilshommes entre ses vassaux.L’Abbé avoit le titre de Prince £Empire, L’ifie de Rei-chenau peut avoir une lieue de long & la moitié autantde large; & elle est très - fertile & fort agréable. On esti-mait l’Abbaye de ce nom pour l’une des plus opulentes del’Europe. L’an 1555 l’Evêque de Constance se plaignantau Pape que ses revenus étaient extrêmement diminués parle schisme qui avoit détaché de son Diocèse plusieurs dis-tricts considérables, obtint la permission d’unir pour long-temps à la Manfe Episcopale les deux Abbayes de Reiche-nau & à’Oeningen; ce qui fut confirmé en 1542 par l’Eói-pire. Les Cantons qui font Souverains de la Turgovie,ohl’Abbaie de Reichenau possédait plusieurs Seigneuries ,furent aussi mécontens de ce changement, que les Moinespouvaient l’être eux-mêmes, & d’autant plus que l’Evê-que & la ville de Constance, ne font point du louableCorps Helvétique. Mais lan 1740, l’Evêque donna à cesCantons une déclaration par écrit, confirmée en 1555 parson Chapitre, portant que ni lui ni ses successeurs, ne recon-naîtraient jamais d’autre Seigneur souverain, Protecteur& Inspecteur sur ses revenus & terres en Turgovie, que lesCantons co-régens de ce Landgraviat, fans que jamaisl’Evêque pût prétendre d’autres droits que ceux dont jouis-saient précédemment l’Abbé & le Monastère de Reichenau.L’Evêque promit aussi de ne bâtir jamais aucun fort nirempart dans l’isle de Reichenau.
Nous avons vu dans ce siécle des difficultés nouvelles ^élevées au sujet de cette incorporation à la Diete de Ra-tisbonne , par les Moines de Reichenau, qui ont tenté derétablir l’Abbaye dans son état primitif, ou au moins telqu’il étoit avant l’époque de 1535'. Mais le crédit de l’E-vêque de Constance a rendu vaine leur réclamation : unepartie d’eux a éprouvé les plus grandes disgrâces, & leMonastère avec son Prieur est subordonné, plus que jamais,à la manfe épiscopale. Les possessions de cette Abbaye enTurgovie sont étendues; aussi y a-t-il deux Baillifs de lapart de l’Evêque, l’un à Reichenau & l’autre à Frauen-.feld. Celui de Reichenau a sous son administration les bas.ses Jurisdictions suivantes, que l’on appelle communément
( 5 Ua fa m iu e d c Zollikofer, illustre dans la République de Saint-Gall, est originaire de Constance. Voyez-en la Généalogie darïS Leu , ibid. t. XX,'