Z84 TA B L E A U X D
trouvé cette bagne dans le nid, & ne soupçonnant pas à qui«Ile pouvoir appartenir , la plaça à son doigt, & ne craignitpas de paraître avec ce bijou à la cour de son maître. L’as-pect de cet anneau nuptial inspira dans l’instant de vifs-soupçons au Comte fur la fidélité de fa femme. Ces soup-çons étoient malignement fortifiés par des courtisans inté-ressés. Henri se livra à tous les excès de fa jalousie ; 8c danstin transport de fureur, sans écouter la justification de laComtesse & celle du Chasseur, il fit attacher cet infortunéserviteur à la queue d’un cheval effaré qu’il mit en liberté.If animal traîna de ía montagne en bas, à travers les rochers& les épines, l’ínnocent chasseur, qui fut bientôt mis enpièces. Henri ne se borna pas à ce premier acte d’horreuril saisit par le corps la Comtesse, & la précipita du haut deson château dans le désert qui est à ses pieds, dans une pro-fondeur de près de quatre cens coudées. On n’eût jamaisespéré que la Comtesse survécût à sa chute. Mais la Pro-vidence la sauva d'une maniéré miraculeuse. La légendeajoute qu’Ide, ainsi préservée, passa plusieurs années danscette solitude affreuse, ne vivant que de racines, & ne bu-vant que de Peau d’un ruisseau. Elle s’étoit bâtie elle même«ne cabane avec des branchages : c’est-là qu’elle prioitDieunuit & jour. Enfin elle fut découverte par un chasseur qui«n instruisit le Comte. On peut juger de la surprise de Henri;il accourut aussitôt à Pendrait désigné, & versant un tor-rent de larmes aux pieds de la Comtesse, lui demandantpardon de son forfait avec le plus vif repentir. II lui fitmille instances pour la ramener au château, ôt la traiteravec toute la tendresse qu’il devoir à une épouse aussi ver-tueuse. Mais Ide constante dans fa résolution de passer lereste de fa vie au désert, lui dit : Seigneur, toute la grâceque je vous demande ejl de me lai [se r dans ma solitude , SCde my bâtir une chetive maijon dans ( 14 J P Au , en basdu Hoernlein , près de la chapelle de Notre-Dame , pourêtre plus à portée d’y assister à P Office Divin. Le Comtela voyant inexorable, consentit à sa demande, & donna sesordres pour bâtir au plutôt la maison. Ce fut là où se retiraIde ; elle persévéra jusqu’à sa mort dans fa retraite. Onmontre son tombeau dans PEglise abbatiale de Fischin-gen. Sa vie a été écrite par divers Auteurs (15). Ce Mo-nastère ( 1 5 ) a le droit de collation fur cinq Cures Catho-liques , Fischingen, Dusnang , Bichelsée, Lommis &Mosoang , & sur trois paroisses de la Religion Réformée,Liustorf, Sirnach & Dusnang. L’Abbaye a la basse-Juris-diction dans le district $ Alt-Fischingen, qui est un Fief
I
(14) En latin Augia.
(15) Entr'aimes en 1486, par Albert de Bonstetten, Doyen d’Einíîdlen;en ij</o, par le Jésuite Pierre Canisius, & en 16C0 par Joachin Seller,Abbé de Fischingen. Le Chartreux Murer l’a auffi inséré dans son RecueilHelvetm Santia. Voyez Leu , Dict. Hist. de la 'Suisse , tom. X, p. ji 7 -jx8.
t ( 1 6) Leu , ibid. tom. Vil, p- 13 î — 1 4. 1 -
(17) Le même, ibid, tom. XVII[, p. 50, 51. Gallia Christiana nova,tom. V , p. 109p. Parisiis, 1731. in-folio, sig- &c.
(18) Actum in loco qui dicitur Ahadorf, in ipfa Eccleíìa Sanéìi Alexan-dri Martyris.
(,§) Vadíanus de Coîiegiis Monasteriisque Gertnaniœ veteribus , p. 64 8c
. 108. Apud Goldastum, tom. III, inter Scriptores Alamannicarum rerum.
Francofurti, 1661. in-solin.
(10) De Cafìbus Monalterii Sancìi Galli. cap. I, p. if. Apud Goldastum.ibid. tom. I, parte prima.
(21) Ekkchará, le nomme Archevêque de Trêves, Treverensu Archiepif-
E LA SUISSE.
de l’Evêché de Constance. Elle y jouit de tous les droitsque l'Evêque de Constance exerce dans les anciennes juru-dictions de son Chapitre, en vertu du Tracé deL’Abbé possede aussi les seigneuries deTannegg^, Spieg e ^'berg , Lommis , Bichelsée , Baltersohwveil, Issweil &Wilderen.
L’Abbaye(i 7) de Tenniken , en latin Vallis Liliorutn ,de l’ordre de Citeaux, entre la ville de Frauenseld & 1 Ab-baye de Fischingen , près du Bourg Ellg , fur la petiteriviere de Lufel-Murg, fut fondée en 1257 par Eberhard,Baron de Bichelsée. L’Abbesse a la basse - Jurísdiction dansles villages & districts de Tenniken, Adorff, Ettenhausen,Iltishausen, Merishausen, 'Wittershausen, &c. Le villag eAdorff ou Aadorff, de Religion mixte, est sur la rivierede Lu^el- Murg: la collation de la paroisse appartient à laville de Zurich, qui la tient de l’Abbaye sécularisée deRuti. II y avoit dans le dixieme siécle à Aadorff un Chapi-tre de douze Chanoines, ayant à leur tête un Prévôt : 1 E-glise étoit sous l’invocation du martyr S. Alexandre, com-me on le voir par une (i 8) Charte donnée dans cette Egl^le 30 Juillet, la cinquième année de l’empire de Charles(le Gros), c’est-à-dire en 885, du temps d’Adalbert,Comte de Turgau. Cette Charte (19), dont Torigmal estconservé dans TALbaye de Saint - Gall, porte dans i° stpréambule les noms des Abbesses lrmindrude & Beretrudettoutes deux filles du Comte Udalric & de Perechteide. J esoupçonne qu’elles étoient Abbesses de Zui ich, & q i: & pai-rie étoit Comte de Winterthour. L’Historien Ekkchard Bjeune , Moine de S. Gall, rapporte (20) que du temps à&Hartmuth, Abbé de ce.Monastère, qui gouverna depms872 jusqu’en 884, Landalous , Evêque de Trévise ( 3l )/natif de la Souabe (22), & Noble d’extraction, qui aV °* cété élevé à Saint-Gall, ôt qui, entr’autres héritages, aV °* Ceu Windisch, ( Windiniffa ), sit vœu de donner au Mon* “tere de Saint-Gall, le village de Lolingen, mais q lie >comme ses cousins s’y opposoient, il conclut un échang eavec le Comte Udalric (23), lequel donna en retour 22 .dors à l’Abbaye de Saint-Gall. Cet Evêque, que 1 oncro 1avoir été de la Maison des Comtes d ' Altenbourg r ,
geu (24) , Auteurs de celle de Habspourg,Rorschach , en revenant d’un de ses voyages aL’Abbé Hartmuot assista à fa mort. Burcard , autre Alo^de Saint - Gall, rapporte (25) que du temps de & erou Gérard, Abbé de ce Monastère, qui régit depuisjusqu’en 1007, il y avoit au village Ahdorf un e
mourut aRome*
copus. Mais il y a altération dans le texte imprimé. Il faut hre Epif c0 Pvijienjis.
fat'
(12) Suevus hic & Nobilis erat.
autre 5
(r;) Udalric étoit de la Maison des Comtes de Kibourg, T» >domaines, poffédoient la ville de Winterthour. Vadian , {ibid- F* coUft®
a rapporté l’acte d’un affranchissement passé à Winterthour > detan ^ ^ Jjjc*Udalric, séant en Justice, in mallo publico , le mercredi i* ^ eVt >£ ^.yd‘iï e *septième année du régne de Louis, dans la France orientale, c *
de Louis le Germanique, pere de l’Empereur Charles le ^ í0 ^g a!n in Vd"auffi donné la même Charte , mais avec quelques variantes. . i!ttarduro. ( ibidem. Tome II, Parte prima , pag. 28). Vadiamlt°
Wuìtarduro.
(24) L’Argeu , où est situé Windisch , l’ancienne Vindoniffo- 4 eutost®* 1 *(15) DeCasibus Monasterii S, Galli, cap. II,p- 6s'
Goldastum, ibid. 1.1 , part. 1.