T O P O GRAPHIE.
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ARTICLE SECOND.
Le Rheinthal, de Religion mixte.
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Rheinthal (1), c’est-à-dire Fal-du-Rhin , & en latin^ngovia ou Rtieguscorum Vallis y est un Bailliage quia Ppartient aux huit anciens Cantons & à celui d’Appen-2e ll. Ii a au levant le Rhin & les Comtés de FEmpire,■Peldkirch , Montfort & Bregentz, qui dépendent de la■Maison a’Autriche, & celui de Hohen- Embs ; au cou-c hant, le Canton d’Appenzell; au midi la Baronnie de Sax,st Ul e st fous la Souveraineté de la ville de Zurich, & aun ord le lac de Constance & le territoire de l’Abbé de Saínt-Oà Sa longueur porte fur huit lieues, & fa plus grandelargeur fur trois lieues ; il y a même des endroits où elleplus resserrée. Sa capitale est la petite ville de Rhei-avec le château où réside le Baillis, que les Can-to ns Co - Régens y envoient alternativement; savoir, les^pt premiers Cantons tous les deux ans , c’est à-dire cha-CUn feulement tous les dix - huit ans , au - lieu que lesCantons de Claris & d’Appenzell y nomment chacun àl e ur tour tous les seize ans. Cette disparité a lieu depuis laP^ lx d’Arau en 1712 : le Canton de Berne fut admis par cer aité à la co - régence de ce Bailliage, fans préjudice ce-P e ndant des droits précédens que Claris & Appenzell yav oient, & qui leur ont été conservés dans leur intégrité,P ar ce qu’ils avoient embrassé la neutralité pendant la guerrec * * v ile de 1712. C’est aussi en vertu de ce traité que leChancelier ou Secrétaire ballival , est toujours de la Re-%ion réformée, & nommé alternativement tous les dixails par les Cantons de Zurich, Berne, Claris & Appen-2e ll. Ce même Traité autorise les Cantons catholiques à^°rnmer le Lamdamme Provincial , qui doit toujours êtree leur Religion, mais jusqu à présent ils n’ont pas exercé
Ce droit.
^s plus anciens habitans du Rheinthal étoient les Re~§ u sci , Rhegufci , ou Rigujcœ , ou Rugujci , qui faifoientPartie de la Rhètie , & dont parlent R Une ! ancien (2). &to lemée (3). Le trophée (q.) des Alpes , érigé fous FEm-P lr ® d’Auguste, les nomme. Tfchoudi ( 5) les divifoit ene Ux départemens, celui des Rhégufci d’en haut, & celui
Rhegufci dé en bas , & il opine que les premiers oecu-P°|ent la partie haute du Rheingau , le long du Rhin, de-I e lac de Constance jusqu a Reichenau en Grisons , où8 â^ux bras du Rhin, l’antérieur 6c celui du haut Rhin,e réunissent. Tfchoudi place les Rhegufci inférieurs à l'op-P°fite des précédens, le long du Rhin jufqu’au montc &lberg qu Scallberg , en latin Schala mons.
Le Rheinthal appartenoit à FEmpire. Les Comtes deWerdenberg le possédoient à titre de sief. Léòpold , Ducd’Autriche, s’en empara en 1 396. Les Appenzellois leconquirent en 1405s, mais ils le rendirent en 1408 au Ducd’Autriche. Ce pays changea ensuite souvent de Maîtrejufqu’en 1460, que les Appenzellois l’acquirent de nou-veau , en se chargeant des sommes pour lesquelles il avoitété hypothéqué. En 145)0 ils furent forcés de céder ce paysaux quatre Cantons (6) protecteurs de FAbbaye de Saint-Gall, en paiement des frais de la guerre qu’ils avoient faiteà ce Monastère. Ces quatre Cantons reçurent dans la co-régence les Cantons d’Uri, d’Underwalden ôc de Zoug, &en iyoo les Appenzellois (7). Par la paix d’Arau en 1712la ville de Berne fut aussi admise à la co - régence.
II seroit trop long de détailler tous les droits du Baillis,du Secrétaire Baillivaî, du Landamman, de chaque Juri-diction , des Ammans de Justice, ôte. tout cela est réglépar les loix, les usages & les traités. Dans les causes civi-les les Justices jugent en premiere instance ; il y a appel,selon les différentes jurifdictions , par-devers le Baillis àSaint-Gall ou la Cour Palatine, ou le Comte de Hohen-Embs ; mais il y a appel des Sentences du Baillis seul à hDiete, ôt dès-là aux neuf cantons Co-Régens mêmes.Les habitans jouissent de beaux privilèges,, entr’autres dudroit de retrait pour toutes les terres qui se vendent auxétrangers dans ce pays, & fans être tenus à aucun terme,ni même au prix d’achat ; lorfqu’ils le supposent trop con-sidérable , ils ont le droit de faire apprécier la terre par desJurés, & de la prendre au prix déterminé. Quelques-unesde ces terres font exemptes de ce droit, presque uniquedans son genre, & qui ne laisse aucune fureté des posses-sions aux étrangers, c’est - à - dire, à tous ceux qui ne fontpas Bourgeois dans le Reinthal.
La Religion du pays est mixte. Les Réformés compo-sent les deux tiers des habitans. Le Clergé catholiquedépend des Diocèses de Constance & de Coire ; & la par-tie du premier de ces Diocèses , & qui est la plus considé-rable j forme classe dans le Chapitre rural de Saint - Gall.Le Clergé Reformé dépend du Synode de Zurich, & for-me la classe du Rheintal. Le canton de Claris peut occu-per quatre Pafiorats , 6c celui d’Appenzell extérieur enoccupe un ; les autres fe donnent tous à des Ministres deZurich.
Le pays est très-fertile, fur-tout en vin, qu’on y cultive
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L’E CU * Hlst. de la Suisse, tom. XV, p. 130- 24t.
d e tat ^ * es délices de la Suisse, tom. III, p. 157-160; derniere édition
*764.
ï’«fs; T ° P ° graphÌedeIa tom. III, p. 2.18,229; & 281-311.
jv / ln * topographie de la Suisse, tom. IV, p. 44- 42-t » Dist. Geog. de la Suisse, tom. II, p. 104 -106 , &c°- i*4.
Corne II éC dernier.
(2) Hist. Nat. lib. III, cap. 20. ,
(3) Cosmogr. Lib. II.
(4) Pline, ibid.
(5) Gallia Comata, Lib. II, p. 287, 31 o & 3 r2.
(6) Zurich, Lucerne, Schweitz & Glaris.
(7) Appenzell n’a eu le rang de Canton qu’en x ì 1 ?.
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