A B L E A U X DE
LA SUISSE.
leur choix 5 qui se succédoient tous les deux ans ; maisjaar le Traité de Paix, qui a terminé la guerre civile deL712 , les cinq Lantons Catholiques ont cédé leursdroits aux deux Cantons de Zurich ôt Berne, & Claris a■conservé les siens pour prix de fa neutralité. Depuis cetteépoque, les Bail liss des deux premiers Cantons sont en Pré-fecture , chacun pendant sept ans, ôt Claris seulementpendant deux ans.
Le Baillis de Baden réside dans un château, bâti en 1488pour cette destination, & situé au-dessous de la ville, àla tête du pont couvert qui traverse la Limrnat. II est Jugede seconde instance, seul juge de tous les bans qui excédentles droits des vassaux : dans ses audiences, il est assisté parVUnter-Voegt ou Lieutenant-Baillival, ôt par le Secrétai-ie~Bai!!ivai, ses Conseillers Ccnsuitans. Ces deux chargesne font que pour un temps limité , ôt il faut en être pourvupar le choix des trois Etats Co-Souverains du Comté. Lapremiere ne peut tomber que fur un Bourgeois de la villede Baden', la seconde, alternativement fur un citoyen d’undes trois Cantons. L’appel des causes majeures est portédevánt le Syndicat ou la diete annuelle des Députés destrois Cantons Co - régens, ôt de-là dans les Cantons mê-mes. La Cour des causes capitales est composée de huitChâtelains ou Unter-T r oegt , ôt de seize autres Assesseurs,que le Baillis évoque des quatre Jurisdictions foraines. II aseul le droit d’adoucir ou de commuer la peine prononcée.Chaque paroisse a une sorte de Justice civile ordinaire.
Le Baillis est Commandant de la ville, dont les clefssont sous fa garde depuis 1712. II a le droit d’assister dansle Conseil de la Bourgeoisie. Dans les Dictes Helvétiques,qui se tenoient autrefois régulièrement à Baden, avant laguerre de 1712 , il recueilloit les voix, ôt décidoit en casd’égalité.
Le Comté ou Gouvernement de Baden contient, outrela ville de ce nom, huit Jurisdictions extérieures ou forai-nes , comprises dans la souveraineté de Baden , mais nondans le Bailliage proprement dit, & quelques terres oussefs particuliers.
La majeure partie des habitans du Comté de Baden >suivent la Religion Catholique Romaine, & son t du Dio-cèse de Constance, excepté Leuggeren, qui est de l’Evê-ché de Baie. Les Réformés n’occupent que quelques vil-lages, & en partagent d’autres avec les premiers. En 17^les Etats Co - Souverains de Zurich ôt de Berne, fh entélever fur une hauteur, entre la ville de Baden ôt 1 £SGrands - bains , un Temple très - beau pour l’usage deleurs Députés ôt des Réformés, qui usent des bains. LeMinistre est à la nomination alternative des deux Cantons >& il a fa maison particulière depuis 17 26, en ville.
Baden (*), ôt en François Bade , qui donne son noMà tout le Bailliage, est une ville assez belle, médiocrementgrande , située fur la rive gauche de la Limrnat, dans uneplaine serrée, entre deux coteaux (6) fort élevés , l usten - deçà, ôt f autre au-delà de la rivière. Les Allemandsfappellent O Ber-Baden , ou Baden d’ En-haut , à cause desa situation, ôt pour la distinguer de Baden à’En-baS , estallemand, U/ner- Baden sur le Rhin, dans le Marquisatde Baden. Elle doit son origine à ses bains, qui étoientdéjà célébrés du temps des Romains. Divers monumenSconstatent son antiquité. Sa fuyation au bord de la som-mât, qui sort du lac de Zurich, ôt sc jette dans l’Are,cilitoit en tout temps un petit commerce. Cependant 1 a "bord ôt la position de la ville sont très - incommodes.est à quatre lieues au-dessous de Zurich. On happes eíllatin Aquce. Helveticœ , cafteiliLm Thermorutn , vicus Thtfmorum , Thermopolis , Thermes Helveticce , Bada , Baden^ôt Badenia. C’est vraisemblablement (7) au même U elíqu’il faut rapporter ce que dit Tacite ( 8) , en parlant desexcès que commirent les troupes de Cécina, Lieutenantde l’Empereur Vitellius : Direptus longâ pace in modu-i 11municipii locus , arnœno falubrium aquarum uJuf rec l uenS ‘Ce lieu avoit été bâti pendant la longue paix dont lesvétiens avoient joui jusqu'à Finvasion de Cécina; il devintà peu près aussi considérable qu’une ville municipal, acause du concours de monde qu’attiroient en cet endrenles plaisirs des bains. Cet endroit ( p ) où les montagnes
pù dire que Zurich £> Berne , qui ont acquis en majeure partie, le Comte'de Baden par le Traite d’Arau, ne peuvent pas se promettre de tirer un grandavantage àes revenus de ce Bailliage , L que si ces Cantons avoient voulu se conduirepar des.vues d'intèrêt, dans le Traité en question, ils auraient pu obtenir encore desterres d’une plus grande étendue. Cet Observateur a-t-il donc pu se cachertous les sacrifices que les cinq Cantons Catholiques ont été obiige's de fairedans ce Traité? 11 eût mieux éclairé le lecteur s’il lui eût appris pourquoi,après avoir exigé ces sacrifices, les deux Cantons ont depuis rétabli l’Abbéde Saint - Gall dans les mêmes droits, pour la défense desquels les Cantonscatholiques> ses alliés, avoient pris les armes j il èût dû aulfi nous appren-dre les motifs secrets qui ont empêché jufqu’à présent la restitution desconquêtes, faite en 17^ £ fur les Cantons Catholiques, Sc cela malgré le re-tour du sentiment fraternel 8c confédéral qui devroit, ce semble, opérercette réintégration , à f exemple de celle qui a ète accordée à l,Abbé de Saint-Gall. On pourroit encore proposer d’autres questions de ce genre à í’Obser-vateur anonyme ; mais on les omet pour lui recommander 1 esprit de modé-ration dont il fait souvent un faible usage.
(*) Planche , n°. ;8 & i;6.
(d) Qui font partie du mont Leberlerg.
{7) D’ Anville, Notice de la Gaule ,p, 76, 77- Ce savant Académicien citeune inscription en 1 honneur de Marc Aurele , qui finit par ces mots : Resp.Aq. c'est-à-dire, Respuelica Aquensis. Mais ce monument, qui regarde
l’Empereur Marc-Aurele Antonin, (Caracalla - ), fils de I Empereur ^me Sévere, existe à feutrée de l’Eglise Collégiale à Baden, dans le afat de ce nom. Voyez Gerbera, Iter Alemannicum , p. ZZS- TypUSan- J2773. in-&°. cumfig.
(8) Histor.I , Sect. 67. fie
(p) M. de Bochat ( * ) , disserte sur fétymologie Tudesque t* ^5-Bœden, Sc le dérive de la langue Celtique, dans laquelle ce niota»; neseulement la même signification de Bain, mais encore une autr ' e, - sconvenois pas moins à la situation du lieu, 8c à f usage des ^er fi rtvouloit dire en kur langue, un petit bateau, un esquif, un vaijs eaa _ e . -y e sléger, un bac. En supposent que cette ville doive fa premiere or 8 ce j u jbains, quel nom de la langue celtique auroit mieux fait connottrede Baden, ce qui distinguo!! si avantageusement le lieu ? Si 1 on a ^ A-supposer que le lieu étoit bâti avant la découverte des eaux, k n0 ^ ^ y
den, qui auroit indiqué qu’on y paífoit la rivière dans un ba*., . g t
commençoit à navigerfur la Limrnat, n’eût pas été moins convenpour peu qu’on voulut fe livrer aux conjectures, en fe rappelles ' p 0 ntion particulière des habitans de Baden pour la Décile Isis» ^outlostTemple au village de Wettingen , dans la proximité de Baden, 1venir dans l’efprit que les Helvétiens l’y adoroient, de merne q uS ueves leurs voisins , fous la figure d’un vaisseau, Sc on pen ^ ^voulant aulfi dire un petit vaisseau , les Helvétiens désignèrent
(*) Mtm. fur l’Hist. anc, de la Suistè>
tom, I, p, iî3 - 119 tom, III, p, 7J, s 0<
r appï° c ^ aíl£: 1
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C*,) Tacic. de Morib. Germait, cap. IX,