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TABLEAUX D .E LA SUISSE.
élevés, qui le traversent dans toute fa largeur d’un bout àî’autre, ôt qui ne laissent qu’un passage étroit au milieu,où deux petits bateaux ou nacelles de pêcheurs peuventpasser de front. Quand le fleuve est petit, toute Peau coulepar cette ouverture ; & fl l’on met une planche au-dessus,qui repose fur les rochers opposés, on peut traverser lefleuve à pied sec. Dans ce temps-là l'on voiture toutes;ies marchandises fur le Rhin par le moyen de petits ba-teaux. Mais quand le Rhin est grand, ce qui arrive parti-culièrement en été, lorsqu’il est grossi par les neiges fon-dues , l’eau passe par - dessus cette chaîne de rochers danstoute la largeur du fleuve. Alors il n’est plus possible d’ynaviger. On est obligé de décharger les marchandises au-dessus de cette cataracte, pour les recharger au - dessous.
1 1. Zurich. Ce Département porte le nom du bourgde Zurzach , qui est de Religion mixte, à un quart delieue du Rhin , entre Kaiferstal & Coblenz. Ce bourg,très - bien bâti, est célébré principalement pour ses foires,où il y a un concours extraordinaire de Marchands de l’Al-lemagne , de la Suisse & même de la France, ce qui rap-porte des sommes considérables aux habitans. Ces foiresse tiennent le lundi après le dimanche de la Trinité , & lepremier de Septembre , fête de Sainte-Virene , qui est laPatrone du Chapitre de Zurzach. La Jurisdiction sur lebourg appartient à FEvêque de Constance, excepté pen-dant un certain nombre de jours durant les grandes foires;alors c’est le Baillis de Baden qui Fexerce dans toute sonétendue. Zurzach est un lieu fort ancien. On prétend qu’ilavoit autrefois un pont fur le Rhin. II n’y en a plus depuislong-temps; mais l’on trouve fur le bord des bateliersprêts à passer les voyageurs ; & quand on y vient d’Alle-rnagne, on en trouve pareillement au petit village de Rhi-nen , qui est vis - à - vis de Zurzach. On y observe diversmonumens d’antiquité, plusieurs médailles romaines, lesruines d’une vieille forteresse, qu’on croît avoir été l’unedes quarante que Drufus fit construire le long du Rhin.Les deux Religions font également reçues à Zurzach. IIn’y avoit, jufqu’en 171 5 , qu’une Eglise de Paroisse dansce bourg, pour le culte alternatif des deux Religions.Mais la même année les Réformés acheterent un terrain oùIls bâtirent un Temple , en réservant cependant leurs an-ciens droits dans FEgìife paroissiale. On croit que Zur-zach est le Forum Tiberii des Romains ; d’autres le nom-ment Certiaciun , 6c s’appuient- fur une inscription quiétoit enchâssée dans la muraille de FEglise paroissiale,près de la porte, 6c qui étoit encore écrite en 1535, lors-que le célébré Historien de Tfchoudi, qui la rapporte (41),
étoit Baillis de Baden. Aujourd’hui il n’en existe plus qu uslfragment. Elle étoit dressée à la mémoire' d’un vétérannommé Julius Certus. Quelques modernes ont conjecturéqtìe le Forum Tiberii , dont il est parlé dansPtolémée, ctqu’íls supposent avoir été Zurzach , ayant été détruit,avoit été rebâti par Julius Certus . Mais (42) ce feroitdonner aux villes un grand nombre de fondateurs ou derestaurateurs, que de décerner ce titre à tous les person-nages dont on trouvera le nom fur quelque inscriptiondéterrée dans l’endroit même.
II y a bien peu d’apparence qu’un simple Vétéran ,fans autre titre ni emploi, eut fait les frais du rétablisse-ment , quel qu’il fût, d’un bourg détruit. Cependant onn’a pas balancé à donner en latin à Zurzach, le nom de
L , J A
ce soldat. On a nommé ce lieu Certiacum , mais ce nque dans les derniers siécles. Zerzach est nommé cid Durcisaquas , dans la Légende de Sainte Verene, & dans le Martyrologe de Notker le Begue. Le nom allemand Zurycic Jparoît une traduction de celui ad Duras aquas. On f altque le mot Ach , vouloit dire eau , riviere , comme le l at ^ slaqua ; ôc l’on opine que de Durach on a fait Zur&c
II y a à Zurzach , à côté de l’Eglife paroissiale, un®autre Eglise qui est du double plus grande & plus haute »
c’est un Chapitre de Chanoines (43), originairement un
Monastère de Bénédictins, que l’Empereur Charles A J oSincorpora à F Abbaye de Richenau, par son Diplomé ^du Palais de Bodmen , ( aclurn in Potama palatio ) e _Octobre 881. Eberhard, Evêque de Constance, couvertce Monastère en un Chapitre de Chanoines Fan 125 *après Favoir affranchi de son ancienne dépendance p° u331 marcs d’argent. L’Evêque Henri lui incorpora ,1368, la Paroisse & le Rectorat de Clingnau,* les Canton^Co - Souverains du Comté de Baden, prirent ce Chap ^fous leur protection en 1468. Le droit dénommerPrébendes a été réglé par la paix d’Arau en 17 12 'manfes papales resterent à FEvêque de Constance* ^places de Chanoines devenant vacantes dans les mois ^papaux , font données par le Baillis de Baden , q ulobligé d’y nommer alternativement des citoyens des cpremiers Cantons Catholiques. Cette nomination erarement fans une gratification (44 ) considérable P°J* r ^Baillis Collateur. Au reste, le Chapitre de Zurzac ^composé d’un Prévôt , d’un Doyen, qui est en m 03 ^temps Curé de Zurzach, d’un Custode, d’un Chantre^^trois Chanoines Prêtres, de deux Diacres, & deuxdiacres. Le Prévôt jouit d’une double prébende. Le ^premières dignités , lorfqu’elles vacquent, so n£ a ^jcmination du Baillis de Baden, fous la condition qu 1
(41) Gallia Comata, p. 12.$ Sc 1 $6 - 1 ;r* *•
(42) Bockat, Mémoires fur f Histoire ancienne de la Suisse , t om . j, p age381 & suiv.
(43) Leu , ibid. tom. XX, p. S ^7 -
(44) On raconte aussi le trait suivant d’un Baillis Catholique au Rhintkal.Embarrassé sur le choix des Candidats , qui se présentoient pour obtenir uneCure qui vaquoit , & dont il avoit la nomination > il ; déclara qu’il la don-neroit à celui qui lui résoudroit le mieux par écrit la question, quel avoitété le perc de Melchisédech (* )• Le jour marqué pour la soiution, le Baillis
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reçut l’écrit de chacun des Candidats. Mais nullement iatis atplication, il dit que jusou’à présent il n’en avoit trouvé aucun ^. goce »-donné le véritable éclaircissement. Enfin il se présenta à f° n a , Qte n\e.Candidat, qui lui demanda la permilfion de lui dire un mot f, t j u i dit ^Baillis, poli de son naturel, se prêta à la requête, & le Can 1 ^ ^ fauti
tuyau de l’oreille, Monseigneur , quelqu'un qui n a. pas de nom , vous * ^gg Id*d er pour la Cure. — —» Oh ! pour le coup , répondit le Baills » ' r01idire que je lui donne ma voix.
i*) l’Eedtuce ne pade point de la généalogie de Melchisedech, ne nomme ni son
perc ni sa mere, & ne dit point en cjuel temps il finit fa Prêtrise.