T O P O G
districts de l’Helvéde. Un Paysan labourant, en1 7 1 2 un champ, qui n'est qu’à cinq quarts de lieue dei Abbaye de Mûri, déterra une statue de la Déesse (18)Renfia , ( la Terre), ou de la Déesse Epone , en bronze.
> Mûri. ( i p), en latin, Murenjis Abbatia , est une grande &ri che Abbaye de Bénédictins , à une grande lieue au-dessousde Bremgarten, au bord de la petite rivierede Bunt^oxx
Elle a été fondée l’an 102; ou 1026 par Werner,^ v eque de Strasbourg, Radebote , son frere, Comte d’Al-tenbourg, de qui descendoit l’auguste Maison de Habs-
pourg-Autriche, & par îde , femme du Comte Rade-
k° to n, & sœur de Théodoric, Duc de Lorraine. Les actesf cett e Abbaye font les titres les plus anciens fur l’ori-( 20 ) des Comtes de Rabspourg , qui étoient nommésPrimitivement Comtes df Altenbourg. L’anonyme, Moined e Mûri, qui écrivit l’Histoire de son Abbaye vers le mi-^ìeu du douzième siécle, a été plusieurs fois imprimé. Sontexte a élevé une querelle littéraire entre les Peres Hergottp Reer t de P Abbaye de Saint - Biaise, d'une part ; lesEres Kopp & Wieland , de Mûri, de l’autre ; & leursrssertations ont éclairci (21) l’origine d’une Maison qui^ donné seize Empereurs à PAllemagne, & tant de Roisa plusieurs autres Trônes de l’Europe. Son origine est la^ême que celle de l’auguste Maison de Lorraine. On voltans fEgîife abbatiale de Mûri , qui est magnifique , les*°mbeaux des Comtes de Habfpourg. L’édifice (*) de ceio nastère est très - beau, & composé de plusieurs grandsc °rps de logis. On y remarque particulièrement une salle,'D 1 est d’une grandeur prodigieuse, & très - bien ornée*
R A F H I E. 419
En 170 l le 20 Décembre, l’Abbé de Mûri, Placide, Baronde la Tour- Châtïllon-Zur-Laubtn s obtint pour lui ÔCses successeurs le titre de Prince du Saint-Empire Romain,par un Diplomé (22) de l’Empereur Léopold, qui vouloir:donner cette marque d’illustration à une Abbaye fondéepar ses ancêtres. Ce Diplôme anoblissoit même tous lesCapitulasses de ce Monastère. L’Abbé Placide, dont jeparle, est regardé comme un autre Fondateur de Mûri;il rebâtit à neuf son Monastère, & lui acheta des terresconsidérables en Souabe & en Suisse. Ce Prélat mourut le14 Septembre 1723 , âgé de 79 ans, dans son Château deSandegg, en Turgovie: il fut enterré dans l’Abbaye deRheinau, entre deux Abbés de ce Monastère, tous deuxde fa Maison, dont Pun écoit son frere, & qui toùs deuxont aussi, mérités, l’un (23) le titre de second Fondateur ,& l’autre (24), celui de Réformateur de ce Monastère. Lecœur du Prince Placide fut transporté dans TEglife abba-tiale de Mûri, où on lui a élevé une épitaphe digne defa mémoire. L’Abbaye a une belle Bibliothèque, où setrouvent plusieurs Manuscrits très - rares (23). Le Cabinetdes Médailles mérite d'être vu. M. le Prince-Abbé d’au-jourd’hui, Gérold ( 26), second du nom, de la noblefamille de Mejyer , de Lucerne, a formé en majeure partiece cabinet, qui est très-riche en Médailles Grecques ôcRomaines, en or, argent & bronze; en Monnoies b'rac-teates , du moyen âge & modernes ; en antiquités ôc piècescurieuses (27).
L’Abbé de Mûri a kc cinquième rang dans la Congré-tion Bénédictine en Suisse. II a, comme Prince d’Empire,
crm-
Ô8) Cette statue a été gravée dans le second volume des MémoiresUEs de M. de Bâchât, fur l’Histoire ancienne de la Suisse , p. 593.
Leu, ìbìi. tom. XIII, p. 46s - 481. Murus 8c ante Murale. Typis
iter rCn ^ S ^kbatiíe , 1720, Germanicè, in- 4 0 . cum stg. Martini Geibertì ,
s ^ emì! micuin » p. 59-72 , & Typis San-Blastanis ,1775, zn-8°. stg.
j / Na Noblesse primitive de la Suisse, depuis la chute de l’Empire
111 > rapporte son origine aux Allemanni 8c aux Bourguignons , qui domi-
, ^ ^ Ur l’Hclvétie. Ammien Marcellin, ( Lïb. XVI , cap. 12, cum Notisvslcom H
da ' Jrr0/ iovu,) appelle Opdmates , le grand nombre de Nobles qui étoient° s N Nation des Allemanni. Cet Historien les pomme dans le même cha-otites, Comités. On voit par les Loix des Bourguignons, que ces PeuplesHUel ° lent ^ ÊUrs & ran ds Earamanni ; de-là dérive le titre Farones , sous Ie-hiss'° n ^omprenoit les Barons de la Nation, 8c dont Frédegaire.nous a( Nes Une H grande idée, qu’il semble les égaler, pour le rang, aux Evê-br^ 5, ^ es Comtes de Coire, de Iíibourg 8c de Lenzbourg, étoient du nom-a tlte^ 6S ^ ran< ^ s Optìmates des Allemanni. Mais les Ducs 8c Comtes d’Alsace,Ce il UtS às Maisons de Lorraine, de Habfpourg 8c de Baden, 8c même de| e ^ Savoye, étoient Bourguignons d’origine. On en trouve l’assertion dans* a Urì a ^ tïlent ^ >une donation rapportée par DomMartene, (tom. III, The-ifter ^ ^ nec doforum novi, p. 139. ) Le voici: Eodem tempore Liutfridus Co-6 ^'°F.li Burgundiarum genere allodium contradidit. Le Comte Luitfrid,lz d’Athic, Duc d’AIsace, entre dans les dégrés généalogiques de
?l 'teur' ^mtes de Habfpourg, Landgraves de la haute - Alsace, 8c
d e j * S de Auguste Maison d’Autriche. Ce Duc Athic avoit épouse la sœursie c j e Rlere de S. Léger, Evêque d’Autun , vers le milieu du septième
. Ul ) Tabl
' 4 in e
8c leu r
es généalogiques des Augustes Maisons d’Autriche 8c deLor-
ai >hen.
V
s alliances avec l’Auguste Maison de France ; précédées d’un
de la Maison d’Autriche.Ouvrage est M. le Baron de Zur-
Lri S lrC ^ Ur Ns Comtes de Habfpourg, tiges1770 » se - 8°. L’Auteur de cet Ouvrag
fosi^/Muede Tfchoudi , Abbé de Mûri, mort en 1654 > a éclairci avec&* q a Généalogie de la Maison de Habfpourg, dans son Traité, Origol5j t , e< ^°áse Comitum de Habsburg , Monajlerìi Murenjis fundatorum. Mûri,Ùie ~ 8 °* Ce Traité a été réimprimé plusieurs fois. Voyei aussi la Plm-
n®. 214.
(22) Murus 8c antemurale, p. 29-38. Gallia Christiana , tpm. V, pages1044, 1045 ; 8c 530 - 734. Parisiis, 1731, in-folio, cum fig,
(23) Gerold II, mort le 18 Juin’ 1735 , âgé de 86 ans.
(24) Gerold I, mort le 23 Février 1607.
(25) Entr’autres, la Chronique de Berthold de Confiance , où l’on trouve ledétail du Schisme entre le Sacerdoce 8c l’Empire, sous le Pontificat deGrégoire VII. On n’a jusqu’à présent que l’Edition de cette Chronique,publiée en 1385 par Urjlif.us, de Bâle, 8c qui a été réimprimée plusieursfois. Mais cette édition paroît tronquée, quand on la compare avec le Ma-nuscrit de Mûri, qui est du douzième siécle, 8c par conséquent voisin dutemps où Bertold vivoit. Ce Manuscrit contient plus de deux cens pagesqu’on ne lit pas dans l’Edition d ’UrJiifius. Ce dernier y a ajouté, vraisem-blablement de son chef, un grand nombre de traits qu’on ne trouve pasdans le Manuscrit, entr’autres, fous Tannée 1079, au sujet du Concile deRome, une Notice de la prétendue Lettre de Saint Ulric, Evêque d’Aus-bourg, au Pape Nicolas I, 8c l’avis du Moine Paphnuce au Concile deNicée , contre le Célibat des Prêtres. Saint Ulric, décédé en 973 , ne vivoitpas fous le Pontificat de Nicolas I, qui étoit mort en 867 ; 8c bailleurs cetteLettre pleine de fables ou d’absurdités , a été supposée dans un temps voisindu schisme de Luther. L’anachronisme embrassoit M, Eybel, dans son Traitécontre le Célibat eccléfìajlique , qu’il a publié en 1782,8c où il a cité le pas-sage de Berthold de Constance ; & pour légitimer la Lettre, il prétendoitqu’elle étoit adressée au Pape Nicolas I, par Utgerne , Evêque d’Augsbourg.Mais on ne trouve aucun Evêque de ce nom, fur le Siège de cette ville, sousle Pontificat de Nicolas I. II seroit à désirer qu’un Savant donnât PEdition deBerthold, d’après le Manuscrit de Mûri, en plaçant séparément, fóus chaqueannéè, le texte altéré 8c mutilé d 'Urstìstus. Ce Savant, imbu de la Doctrineà'Œcolompade , est soupçonné d’avoir retranché de son Edition , tout ce quipouvoit répugner à ses principes.
(26) Elu en 1776.
(27) Le Voyageur qui passera à Mûri, n’oubliera pas de voir les magnifi-ques peintures fur verre qui sont au - tour du cloître dans cette Abbaye, 8equi ont été faites entre 1550 8c 1624. Rien n’égale dans ce genre leur beauté8c leur fraîcheur. Entr’autres vitrages, on remarque celui où l’on voit JaSainte Vierge ayant un chapelet sor la table, au moment que l’Ange lui an-nonce le mystère de l’Incarnation. On trouve pareilles licences pittoresquesdans les Usures fur vehn, des quatorze 3 c quinzième siécles.