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TABLEAUX DE LA SUISSE.
ARTICLE QUINZIEME.
L £ Comté SC le Bailliage de B ellinzone ou Bellinzo n j , Catholique.
CD e Bailliage ( 1 ) appartient aux trois Cantons d’Uri, deSchwkz, & du bas - U nderw alden. Ces Etats y envoientalternativement (2) tous les deux ans un Baillis : cet Offi-cier porte le titre de Commissaire , relativement à ses fonc-'tions en temps de guerre ; & fa résidence est dans la petite'ville de B ellinzone. Le Bailliage confine au levant avec laLaute-Ligue - Grise & le Duché de Milan ; au couchantavec le Bailliage de Locarno ; au midi avec le même Bail-liage ôc celui de Lugano, & au nord avec le Bailliage deRiviera. Cettecontréepeut avoir cinq lieues en longueur,Bc deux en largeur. Elle est arrosée par le Tefin, qui reçoitïa Moesa ou Muesa, près de Bellinzone. Les trois Cantonsco--Souverains (3 ) ont eu, avec les Grisons, une contes-tation sur les limites du Bailliage de Bellinzone, dans lapartie inontueuse du val -de Misox. Les deux Parties remi-rent , en 1776, la décision du différend au jugement desDéputés du Syndicat de Lugano, dans le nombre de ceuxL ont les Cantons n’avoient pas un intérêt particulier à la•prétention, & ils prononcèrent comme Arbitres.
Le Bailliage de Bellinzone est du Diocèse de Como, àl’exception de trois paroisses , Gnose a , Prion^o SC Molina ,qui font de l’Archevêché de Milan. L’Evêque de Comoentretient à Bellinzone un Vicaire • Forain , pour la con-servation de ses droits.
La plus grande richesse de ce petit pays est en fourrages& en bestiaux ; on n’y récolte pas assez de grains pour laconsommation des habitans, mais on est a portée d'en tirerle supplément du Milanez. II croît près de la ville de Bel-linzone un vin d’assez bonne qualité. Le passage continueldes étrangers , & l’expédïtion {4) des marchandises, fontune.grande ressource pour les habitans de Bellinzone. De-puis quelques années l’Agriculture commence à faire degrands progrès dans cette contrée; la paresse & les préju-gés les avoient arrêtés ^usqu’alors. On y cultive auffi plusque jamais les mûriers pour les vers à foie. C’est particu-lièrement dans les Communautés Ciubiasco & Camorino ,qu’on trouve la soierie de la plus fine & de la meilleurequalité. Je ne m’érendrai pas fur toutes les productions dece pays; M. Schin^tn fait le détail dans saTopographie (5)des Bailliages Ultramontains. 11 décrit auffi i es diversesbranches du commerce, & spécifie avec la même attentionles défauts qu’on observe encore dans 1 économie rurale.
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M. Schin%_ n’a pas eu la vanité de plusieurs Voyageurs,qui, à leur retour, ont publié des remarques faites a lahâte, & souvent d’après la relation infidçle de quelquesAubergistes. 11 a vu par lui-même, & on peut s’en rap-porter à ses découvertes. Entr’autres tableaux, celui quHfait des mœurs, offre la plus grande vérité. Les habitaisde la campagne ont tous les mœurs , la figure SC la mantesde vivre des Italiens ,* la nature leur a donné de grandesdispositions pour /’intelligence , mais malgré le fréquentabord des Etrangers , ils ne parviennent pas à la perfectionnécessaire. Comme le charroi fait V occupation de beaucoupde paysans , ils font très - grossiers SC hargneux & quan>ils font excités à la colere , leur vengeance nefinit qu âpresavoir vu répandre le sang. Ils aiment singulièrement &chasse , comme tous les Italiens. Ils fréquentent les niaschés de la semaine avec empressement , même quand 1 Snont rien ày faire : ils fie priveroient dans ce cas plus volontiers du pain , que du vin. Les habitans de la villes 0 fJurveillans j ils ont une maniéré de vivre à la fois polie Sbfine. M. ais les Allemands natifs , qui s’établissent dans, C°pays , conservent t esprit de leur nation , lors même qu 1y demeurent plusieurs années , SC qu ils s y marient,appelle Cantonesi, les Suisses des Cantons co-Souverainsfous cette dénomination on comprend , non-feulementSuisses qui ont part à la Souveraineté démocratique > & q lL ^font en charge , mais encore les Etudians , SC en genertous les natifs libres des trois Cantons , même lesSC valets des Bailliages. Cette dénomination a auffi edans les autres Bailliages Ultramontains , merne a J- ■ ^dans le College Helvétique , vis-à-vis des BoursiersNation Suisfe. ^
Les plus anciens habitans ( 6 ) de ce pays étoient | es ^pontii , qui ont donné le nom à la vallée Leventinfi ^Livinen- Alpen , par laquelle descend le Tésinau piemont Saint-Gothard. L’inscription du Trophée ^ eS p £0- ,pes, Stssbon , Pline, font mention de ce peuple» &lémée leur donne la ville d ’Ofcela , aujourdhui ^NOfula , qui est au-delà des Monts, ainsi que l a v 0Leventine, qui s’étend jusqu’à Bellinzone. Mais > ^
l'ob serve M. C Anville , les Lepontii tiennent auGaule, puisque les Viberi , qui faisoient partie e gNation, au rapport de Pline, avoient leur territoire
<i) Leu, Did. Hift. de ia Suisse , tom. III, p. 41 - 54.
L'Etat fr lesDélìcesde la Sage , tom. III, p. 195 -196 ; derniere Edition.
Faest , Topographie de la Suisse, tom. III , p. 525- ?z;.
Tsch&rner , Dia. Geog. de la Suisse . tom. I, p. 90 , 91 .
Fuesslin, Topog. de la Suisse, tom. IV, p. 1 16- 119, &c.
(1) II est bon d’observer , au sujet des trois Bailliages qui appartiennentaux trois cantons d ’Uri , de Sckweit 3 & d U nderw aide n-le - bas , que quandil y a un Baillis d’Uri à Beïlinione , il y en a un (de Schweiti à Riviera , & uná'Undervalden dans le val de Blegno. Quant à la forme du Gouvernement, I aLangue 8c la Religion, eUe est la même que dans Ies quatre autres Baillia-
s. L’ aír y
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ges Ultramontains, qui dépendent des douze premiers Gantons-^^ a0tt eîassez doux, mais non pas à beaucoup près autant que dans les qBailliages, parce qu’ils font plus avant dans les Alpes. _ jgction(5) Schi:i\, Mém. Topog. fur Ies Bailliages Ultramontains »
p. z8z.
(4) On appelle Bomri , ceux qui fe fervent de bœufs pour ^ eis fycMagaàino à Bellinzone ; Cavallanti, ceux qui transportent ^^ eSí u%'
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chevaux, 8c Raroni, ceux qui remontent le TeLn avec(?) Section III, p. 184 - 292.
(6) M. SAnville , Notice de la Gaule, p- 4 °P»
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