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vendit cette Bâronnie en 1490, à Conrad de Mar-me ts (40), mais fous la réserve du retrait, droit qu’il cédaen 1497 à l’EÍmpereur Maximilien 1 , qui en usa alors dans1 échange de la seigneurie de Haigerloch. Les nobles deMarmels ppíTééerent Razuns jusqu’en xj'49, que'FEmpe-îeur Ferdinand I retira de leurs mains cette Seigneurie park droit de retrait. Ce prince l’hypothéqua ensuite à JeanPlanta (41), dont les descendans la possédèrent jus-qu en 1679, que l’Empereur Léopold la reprit sous le titreà retrait, en payant la valeur de l’hypothéque. Le mêmeMonarque en inféoda Jean de Traverse. La Maison desbarons de Traverse ne posséda pas long - temps Razuns,L Empereur Léopold la retira ; & depuis cette époque ellee st restée à ses augustes descendans, qui la font administrerpar un Gouverneur ou Châtelain, résidant au château deRazuns. Les droits réservés à la Maison d’Autriche con-sent dans celui d’élire chaque année F dmmann , ou leîàf de la Jurifdiction de Razuns, parmi les trois Candi-àts qtì’elîe lui présente ; dans le droit de proposer, de troisetî trois ans, trois personnes pour Féletfiondu Land-Ri-chter ou Président de la haute Ligue-Grise, entre lesquel-les Députés de la Ligue-Grise sont obligés de choisir ;à enfin, dans la perception des amendes pécuniaires aprèsla déduction des frais de Justice. Le Baron dé Razuns a auísil a collation de la paroisse de ce nom, & de celles d’Embs^ de Bonaduz, qui font toutes de la Religion Catholi-que; il p eu t même faire grâce dans les causes criminelles,stui font portées au Tribunal de la Jurifdiction de Razuns.î->a paroisse Réformée de Feldfperg , en latin Fagonium ,aussi partie de cette Bâronnie.
ÏI. Le Rheinwald (42), en latin vallis Rheriana , ouVa llis Rheni , forme une haute-Jurifdiction avec la vallée^Schams. Le district du Rheinwald a huit lieues de lon-gueur : on y trouve plusieurs villages , Spleugen (45)?
ïfider-Rheìn, Suffiers (44), Medels , Nufenen , &c. (45).^ e st- là que le Vogelberg (46) , Colrne de fOlcello , ouMonte del Olcollo , autrement dit Saint - Bernardin , estcouvert de glaces éternelles, ou glacières de deux lieueslong, d’où sortent divers ruisseaux, au - dessous d’unCn droit sauvage, ( qu’on nomme Paradis , apparemmentPar ironie. ) Tous ces ruisseaux se jettent dans un lit pro-fond, & forment le haut- Rhin. Les montagnes qui s’élé-Ve nt au-dessus du Rheinwald , font si rudes & si sauva-§ es , qu’elles ne servent qu’aux brebis qu’on y mene d'I-^ie, à la fin des grandes chaleurs de l’Eté. Les Bergerser gamasques (47), qui paissent ces brebis, menent uneVle fort dure, Leur nourriture ordinaire est de la farine de^1 ou millet, cuit à l’eau fans sel & sans beurre. LeursCa banes sont quelques rochers unis , couverts d’un toit
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transparent, leur matelas est du vieux soin, leur oreiller unmorceau de bois, & leur couverture une mauvaise houssede cheval. Mais vous, qui êtes rongés de soucis dans vospalais dorés, vous , qui faites consister le bonheur dans lamollesse ; vous,
Qui confonder; avec ía brute
Ce Berger couché dans fa hute ,
Au seul instinci presque réduit ,
Parles : qud est le moins barbare , .
D’une raison qui vous égare ,
Ou de l’instintt qui te conduit ! .
Les premiers habitans du Rheinwald étoient les Lé*pontii Aetuaúi-. ils parlent encore un allemand corrompu,qu’on nomme Allemand Lepontin. Les Barons de Vaz*les Comtes de Werdenberg, & la Maison de Trivulce, estfurent successivement les maîtres. Les habitans se rachetè-rent en 1616 &en 1534. Déjà en 1400 ils avoient concluune alliance avec le Canton de Claris, ôc en 1424 avec lahaute Ligue-Grise, Toute la haute-Jurifdiction du R hein*wald , avec la vallée annexe de Schams (48) ou Schambs %est de la Religion Réformée, Disons un mot de cette der-niere vallée, qu’on appelle en latin vallis Sexamnìenfìs ,ou Sexamnium. On prétend qu’elle prend son nom de sixruisseaux , dont trois découlant à la droite , & trois autresà la gauche, se jettent dans le Rhin, qui traverse cettecontrée. Elle est très - fertile en pâturages, est prés & estchamps,& les ruisseaux y font très-poissonneux. II y a aussides mines d’argent, de fer, de cuivre, dé plomb & d’anti-moine , qu’on prétend être riches, fans qu’on leâ exploite.’Les deux chemins (49) qui menent par la Vallée de Schams ,se nomment, à juste titre, Via Mala ,* ils font en toussens très - dangereux. L’un de ces chemins commence prèsde Tufs, & conduit dans le val dé Schams. Il est dans ustfond étroit, entre deux rochers, où le Rhin passe, maisfous terre, au moins la plus grande partie du chemin. IIest long d’une lieue; il est taillé dans le roc en quelquesendroits ; mais en d’autres, où le roc manque, ce ne fontque quelques poutres qu’on a étendues, & fur lesquelleson a jeté quelques planches & un peu de terre. C’est quel-que chose de surprenant de voir comme lé Rhin y a creuséson lit. Autrefois il étoit au niveau du chemin, & mainte-nant il est près de cent pieds au-dessous. Ce chemin con-duit au côté gauche du Rhin. II y a dans ce district quel-ques bons villages , S ils, Ander , ôcc, ; de Fautre côté duRhin il y a Danet ou Donat , Lon, Matton, ôte. Cettevallée est passablement fertile. Mais ce qui la rend plusconsidérable, ce font les riches mines d’argent, de cuivreôc de plomb qui s’y font trouvées , au-dessus d’ Ander,Dans le siécle précédent, ces mines étoient de si grand
Í 4 o) Généalog. de Mamels ou de Marmore , dans le Diction. Histor. de la, par Leu, tom. II, p. ;i6, î> fuiv.
^celini , Rhaetia Sacra 8c profana , p. 400, 401, Lee.
hu) Leu, ibid. tom. XIV , p. 578» Le fuiv. Bucelinus, ibid. p. 411, Lee.hst) Leu, ibid. tom. XV, p. 141, M * 1 *
Spìugen, en latin Speluca , est un grand & beau village , qui a bien 2008c ou il y a un entrepôt considérable de marchandises , qui passentlci en partie dans le Milanès , en partie dans l’Etat de Venise. Il y auffiy Entrepôt au Hinder - Rhein , qui est au pied du mont Saint - Bernardin,
1 Leu, ibid. tom, X, p. 168, & tom. XVII, p. 4x8-418.
(44) En latin Suerum.
(4y) En latin Novena.
(46) On rappelle auffi Avicula , en srançois îe Mont - de - l'Oifiau. VoyezLeu , ibid. tom. III, p. 248.
(47) Tfckarner , Dict. Ge'cg. de la Suisse , t. II. p-** 7 *
(48) Leu , ibid. tom. XVI> p. ryb - v 6 i.
On appelle Schams, en langue vulgaire du pays, Schons , & en italien ;Sajfam.
(49) Voyes^ La Description de ces deux chemins dans Leu, ibid, t. XVIII »p. ^2.3, Lee,